« Un peuple qui élit des corrompus, des renégats, des imposteurs, des voleurs et des traîtres n’est pas victime ! Il est complice ». Georges Orwell


mardi 24 février 2015

« L'indépendance en soi ne peut jamais être négative » - le président de l'Islande au Québec


Le président de l'Islande, Olafur Ragnar Grimmsson, et le premier ministre du Québec, Philippe Couillard  Photo :  PC/Jacques Boissinot
« L'indépendance en soi ne peut jamais être négative ». Un illustre invité du premier ministre Philippe Couillard a livré ce vibrant plaidoyer en faveur de l'indépendance nationale, mardi.
Le président de l'Islande, Olafur Ragnar Grimmsson, était reçu par le gouvernement du Québec dans le cadre d'un symposium sur le développement nordique.
Au cours d'une conférence de presse, mardi matin, dans l'édifice du ministère du Conseil exécutif, les journalistes l'ont abondamment questionné sur les mérites de l'indépendance, au côté de Philippe Couillard, qui n'était manifestement pas insensible au propos.
« L'indépendance en soi ne peut jamais, jamais être négative, parce que l'indépendance n'est pas seulement une formalité, et elle est déterminée par la volonté du peuple », a d'abord répondu M. Grimmsson, quand on lui a demandé si l'Islande, un petit pays, aurait intérêt à renoncer à l'indépendance.
Le président islandais n'était pas certain du sens de la question avant de répondre, et M. Couillard en a profité pour lui faire remarquer que c'était une question « intéressante » et aussi « subtile », en l'invitant avec un petit rire à lire le « sous-texte » de la question.
M. Grimmsson a rappelé que l'Islande est un « État très indépendant » depuis le Moyen Âge, avec le plus vieux Parlement d'Europe, et une « structure démocratique forte » fondée sur la primauté du droit.
L'Islande a officiellement mis fin à son union avec le Danemark et est devenue une république en 1944.
Décider de l'avenir du pays de façon démocratique est lié à la fondation du peuple islandais, a-t-il poursuivi. Mais même l'histoire récente de l'Islande démontre que « faire confiance au peuple pour décider de son avenir galvanise une force très puissante ».
Selon lui, la petitesse d'un territoire ou d'une population ne sont pas non plus des empêchements au succès économique d'un pays.
L'Islande compte en effet à peine 320 000 habitants et s'est plutôt bien remise de la crise financière qui a frappé son économie et son secteur bancaire après 2008.
Le Parti québécois n'a pu faire autrement que de se réjouir du plaidoyer du président islandais. Son chef intérimaire, Stéphane Bédard, espère que le premier ministre a bien entendu cette profession de foi.
« Il a rappelé à quel point il est enivrant de jouir de l'indépendance pour un pays et que ce n'était que positif, a lancé M. Bédard en point de presse mardi midi. Pour un petit pays de quelques centaines de milliers d'habitants, c'est toujours intéressant de voir quelqu'un nous rappeler les avantages de l'indépendance ».
Source: Radio-Canada

lundi 23 février 2015

Mosquée à Shawinigan: quand l’information confirme l’intuition...






Olivier Kaestlé
Tribune libre de Vigile
samedi 21 février

À en croire Ginette Gagnon et Jean-Marc Beaudoin, respectivement éditorialiste et chroniqueur au quotidien mauricien Le Nouvelliste, les Shawiniganais ont cédé à une peur irrationnelle en refusant que le zonage de leur parc industriel soit modifié en vue d’y admettre l’établissement d’une mosquée. Plus précisément, le conseil municipal de cette ville a eu tort, croient-ils, de tenir compte des appréhensions de ses commettants en opposant pareil refus à des musulmans pacifistes, bien intégrés et souscrivant à une religion de paix.
Nos médias d’information étant ce qu’ils sont, tant au plan régional que provincial ou national, comment blâmer ces gens d’agir sans en savoir davantage sur les enjeux réels de l’arrivée d’une mosquée dans leur environnement immédiat ? Et si les journalistes faisaient leur travail avec une réelle impartialité et une détermination implacable à chercher l’information où elle se trouve au lieu de s’enfoncer dans le lazy-boy intellectuel de l’aveuglement volontaire, les Shawiniganais auraient-ils pris une décision différente ? Certainement pas, mais ils auraient davantage compris le bien-fondé de leur refus.
Ce n’est pas parce que des préjugés sont favorables, chers journalistes du Nouvelliste, qu’ils cessent d’être des préjugés…
L’énigmatique M Bégin Garti
On serait tenté de donner Allah sans confession à M Philippe Bégin Garti, affable président du Centre culturel de Shawinigan et promoteur du projet de mosquée, quand il affirme que ce lieu de culte inoffensif jouerait un rôle préventif envers toute radicalisation de l’islam. Un article extrêmement documenté, publié par le site Point de bascule,véritable bête noire de nombre d’islamistes qui aimeraient le vouer aux gémonies, en trace cependant un portrait pour le moins troublant.
On y apprend que M Garti s’était associé en 2012 au Conseil musulman de Montréal, représentant 70 groupes islamiques, dans l’organisation d’une journée portes ouvertes d’une quinzaine de mosquées. M Garti faisait partie du Centre islamique de Vaudreuil-Soulange et avait prêté son concours à l’organisation de cette activité dans cette MRC en tant que responsable des communications.
Un étonnant compagnon de lit
Qu’y a-t-il de mal à cela ? Un tout petit détail : le Conseil musulman de Montréal est présidé par nul autre que l’imam Salam Elmenyawi, défenseur acharné de la charia, qui s’était particulièrement illustré par son opiniâtreté à faire reconnaître les tribunaux islamiques en Ontario. Dire que cet imam ne porte pas dans son cœur Mme Fatima Houda Pepin, alors à l’origine de la pétition à l’Assemblée nationale condamnant cette initiative répugnante, est en dessous de la vérité.
Point de Bascule cite les passages d’une entrevue de cet étonnant personnage, donnée à La Presse, dans son édition du 16 juin 2003, p. B1 : « La séparation de la religion et de l’État est impensable. Comme on fait appel à un ingénieur pour concevoir un pont, on se réfère à Dieu pour faire les lois. » Éloquent, non ?
Mais il y a mieux, si l’on peut dire. Nous apprenons dans le même article que, tandis qu’il mettait sur pied son Conseil de la charia au Québec, Elmenyawi déclarait, dans le Devoir du 11 décembre 2004, qu’il se trouvait en contact rapproché avec Youssef Qaradawi, guide spirituel des Frères musulmans, rien de moins, connu pour avoir déjà lancé une fatwa appelant à « une guerre totale contre les juifs, où qu’ils soient »...
Au fait, comment cette sympathique « sommité » conçoit-elle le rôle d’une mosquée ? Ainsi : « Ce doit être le rôle de la mosquée que de guider les politiques publiques de la nation, de présenter les enjeux importants et de faire connaitre ses ennemis. »
« Depuis les temps anciens, la mosquée a joué un rôle important pour encourager le jihad dans le sentier d’Allah, pour inciter à résister aux ennemis de la religion que sont les occupants (sic !). C’est dans les mosquées que l’intifada bénie dans la terre des prophètes, la Palestine, a commencé. Le premier appel est venu des minarets et l’intifada a d’abord été connue sous le nom de la révolution des mosquées. Le rôle de la mosquée dans le jihad afghan et dans tous les autres jihad islamiques est indéniable. »
Comme opposition à la radicalisation de l’islam, intégration à une société d’accueil et séparation de la religion et de la politique, on a vu plus probant, non ?
Comment M Garti se positionne-t-il ?

Malgré toutes les bonnes intentions dont il se drape, il y a lieu de se demander comment un militant islamique comme M Garti a pu cautionner en 2012, par son soutien médiatique, une activité de promotion organisée par un individu aussi douteux que l’imam Salam Elmenyawi tout en se positionnant comme un ennemi de l’islam radical. Souscrit-il aux propos du guide spirituel de cet imam ?
Le même Elmenyawi, toujours cité par Point de bascule, avait affirmé en septembre 2004, s’appuyant sur une fatwa de son guide spirituel, Youssef Qaradawi, que l’argent recueilli par la charité islamique, appelée zakat, pouvait servir à rétribuer ceux qui travaillent dans les médias à promouvoir l’islam. Aucun problème avec ça, en principe, tout travail méritant salaire. Mais de quel islam parle-t-on ? Celui de Youssef Qaradawi et de Salam Elmenyawi a un nom : islamisme, et son fer de lance avoué est la charia.
Toutes ces informations, que vous ne trouverez jamais dans Le Nouvelliste, ont de quoi interpeler l’esprit le plus somnolent, même chez nos journalistes régionaux. Or ces informations leur ont été communiquées et ils n’en n’ont pas tenu compte. Paresse d’esprit ou autocensure causée par une fatwa de leur employeur ? Et si c’était ces présumés professionnels de l’information qui souffraient d’une peur irrationnelle ? Les paris sont ouverts.
Les citoyens de Shawinigan ont fait preuve de sagesse en refusant l’ouverture d’une mosquée dans leur ville. En lisant le topo de Point de bascule dont je viens de ne citer que quelques informations, ils comprendront combien leur intuition était justifiée.
Source: Vigile.qc

samedi 7 février 2015

PKP vs Power: Quelle trouvaille!


Bien que PKP ne soit pas mon choix premier, quelle trouvaille quand même!
Me reste donc encore du travail de réflexion à faire.  Et une grande décision à méditer.

À suivre.

samedi 6 décembre 2014

Trudeau et Péladeau, la manière «people»



À gauche: Ryan Remiorz La Presse canadienne
Justin Trudeau et sa famille, dont sa mère, dans sa circonscription montréalaise

À droite: Graham Hughes La Presse canadienne
Pierre Karl Péladeau lors du lancement de sa campagne pour la présidence du PQ
Guillaume Bourgault-Côté
Le Devoir

Ils sont perçus comme les sauveurs de leur parti. Leurs pères étaient célèbres. Ils sont nés avec une cuillère d’argent — voire d’or — dans la bouche. Ils ont l’aura des rock stars et leur vie familiale fascine les magazines à potins. Deux politiciens atypiques, un phénomène : coup d’oeil sur ce qui unit — et différencie — Justin Trudeau et Pierre Karl Péladeau.

Le contraste ne pouvait être plus frappant. Dimanche matin, dans Rosemont, les candidats péquistes Jean-François Lisée et Pierre Céré débattaient devant une quarantaine de personnes dans un anonymat médiatique complet. Tout à l’opposé, quelques heures plus tard, Pierre Karl Péladeau était accueilli par une foule en liesse et un mur de caméras à Saint-Jérôme.  

Les événements étaient évidemment différents et difficilement comparables. Une assemblée de circonscription d’un côté, un lancement officiel de campagne de l’autre. Soit. Mais l’accueil réservé à Pierre Karl Péladeau illustrait néanmoins de manière éclatante l’avance écrasante que les sondages lui donnent dans la course à la chefferie du Parti québécois. Et il prouvait aussi par le nombre qu’il dispose d’un réseau de partisans nombreux — il a récolté 5000 signatures en quatre jours partout au Québec — et visiblement enthousiastes.

Ainsi les partisans de M. Péladeau se pressaient-ils pour lui serrer la main ou prendre une photo furtive du candidat et de sa conjointe, l’animatrice Julie Snyder. Un type de scène — et d’attrait — qu’on voit rarement en politique québécoise ou canadienne… sauf autour du chef libéral fédéral, Justin Trudeau. Dans les deux cas, le buzz excède largement la normalité des choses.

Si les deux politiciens se situent aux antipodes sur la question nationale, leurs parcours respectifs ne manquent pas de similitudes. Justin Trudeau doit une immense partie de sa notoriété à la carrière de son père. Pierre Karl Péladeau aussi, même s’il a passablement transformé la compagnie dont il a hérité. Chacun a une conjointe qui a fait sa marque à la télévision — à un niveau de popularité fort différent, mais quand même. Les deux sont millionnaires — quelques centaines de fois dans le cas de M. Péladeau —, manquent d’expérience politique, se font reprocher un certain flou dans les politiques, sont vus comme des sauveurs potentiels pour des partis qui se remettent d’une sévère défaite… Péladeau et Trudeau, même combat ?

Nouvelle incarnation

Il y a en effet beaucoup de ressemblances entre les deux, pense Thierry Giasson, chercheur principal au Groupe de recherche en communication politique de l’Université Laval. Il voit dans le duo Trudeau-Péladeau la représentation d’un phénomène qui excède les deux politiciens. « On a dans le monde de plus en plus d’exemples de politiciens qui viennent de la société civile, du monde du divertissement ou du spectacle, qui mettent en avant leur famille, viennent de milieux aisés, sont très connus avant même d’arriver en politique… On sent à travers leur popularité un engouement de la population pour des politiciens qui viennent d’autres filières que les milieux traditionnels », dit-il.

Pour M. Giasson, ce sont des « gens qui incarnent quelque chose d’autre, une nouvelle vision, une nouvelle offre de la politique. Et ils sont portés par un certain standing social. »

Le professeur souligne que le côté glamour de MM. Trudeau et Péladeau « fait d’eux des acteurs de la culture populaire de masse. Ça leur donne d’emblée un capital de notoriété, de reconnaissance visuelle dont ne profiteront jamais leurs adversaires ».

Et ils s’en servent. « Pierre Karl Péladeau est partout dans les médias depuis une quinzaine d’années, dit-il. Quand on parle de TVA, on parle d’un média de masse largement consommé, pas de culture d’élite. Toute sa vie professionnelle et personnelle — avec une conjointe qui est une superstar — est mise en avant. Ils n’ont pas peur de se mettre en scène, de raconter leur vie intime [M. Péladeau a parlé du psychanalyste de leur couple quand il a annoncé son entrée en politique en avril], leurs problèmes de fertilité, de se montrer en public. La même chose est vraie pour M. Trudeau, que l’on voit souvent avec sa femme et ses enfants [il raconte en détail dans son autobiographie comment il a séduit sa femme]. Cette aura bien entretenue permet aux gens de reconnaître le candidat plus rapidement et de le considérer différemment des autres politiciens. »

Des pères différents

Mais là s’arrêtent les comparaisons, pense Réjean Pelletier, professeur retraité de sciences politiques à l’Université Laval. S’il voit lui aussi des similitudes entre Justin Trudeau et Pierre Karl Péladeau, M. Pelletier note surtout plusieurs différences entre les deux. « Quelque part, ils sont très différents de leurs pères respectifs : Trudeau était un grand intellectuel qui aimait la confrontation, son fils semble à l’opposé de ça. Péladeau père était un entrepreneur plutôt conciliant, qui aimait discuter avec les gens, alors que son fils donne l’impression du contraire, ayant multiplié les affrontements avec ses adversaires. Les traits de caractère de Justin Trudeau et de Pierre Karl Péladeau me semblent très différents. »

Surtout que, si « M. Trudeau a vraiment profité du nom de son père, on ne peut nier que Pierre Karl Péladeau arrive avec sa propre réputation et un parcours nettement plus étoffé ». Dans les deux cas, toutefois, M. Pelletier signale « un manque d’expérience politique qui saute aux yeux ».

« Ils n’ont pas fait leurs classes, dit aussi Anne-Marie Gingras, qui enseigne la communication politique à l’UQAM. M. Péladeau multiplie les gaffes depuis qu’il a été élu député. Les gens semblent oublier qu’une personne qui a démontré des qualités dans un métier n’en aura pas nécessairement pour la politique. Personnellement, ça m’inquiète de voir qu’on peut s’enthousiasmer pour des personnages qui n’ont pas fait leurs marques sur le plan de l’intérêt public. »

Mais voilà : le côté people qu’ils ont à offrir a l’avantage de mettre en arrière-plan le discours sur les compétences politiques, note Thierry Giasson. « Plus on parle de Pierre Karl Péladeau la personne, moins on parle de son manque d’expérience politique, des conflits d’intérêts ou des lockouts », relève-t-il. Même chose pour Justin Trudeau. C’est là, en quelque sorte, un autre privilège des gens riches et célèbres, suggère-t-il.

mercredi 26 novembre 2014

Enweille à maison

@Photo: Anonyme

Francine Pelletier
Le Devoir

Les changements proposés en matière de frais de garde sont pratiquement insignifiants en comparaison au tsunami qui se prépare dans le domaine de la santé. Pourtant, c’est l’annonce de la hausse des tarifs dans les CPE qui ébranle les colonnes du temple. On joue ici avec un service qui implique l’avenir même du Québec : les femmes et les enfants. On n’y joue donc pas impunément. Bien que moins fortes que prévu, les hausses pourraient avoir un impact sur la natalité, plus assurément sur le nombre de femmes au travail. Enfin, c’est ici que les partisans de chaque côté de la clôture (la « juste part » c. le « pacte social ») se mettent à calculer fiévreusement.

Je loge de ce côté-ci du Grand Canyon (par ici, les pelleteux de nuages) et trouveles chiffres de l’économiste Pierre Fortin assez convaincants merci : 70 000 nouvelles travailleuses en 2008 seulement grâce aux garderies subventionnées. Le blogue de Gérald Fillion n’est pas mal non plus. Il démontre le retard que les Québécoises accusent sur le marché du travail par rapport aux femmes du Canada et de l’Ontario en 1995, leur rattrapage à partir de 1998, un an après l’instauration des garderies à 5 $, et ensuite la nette prédominance des Québécoises pour les 10 années suivantes. La courbe est impressionnante.

Mais que répondre à quelqu’un qui lance : « Un paquet de cigarettes coûte combien déjà ? Ah, oui, 9,39 $. » En d’autres mots, une augmentation quotidienne des frais de garde d’au plus 7 $ par jour c’est des pinottes au grand bal des consommateurs qui, en passant, ont toujours l’intention de se rendre en République dominicaine cet hiver. À cet égard, ceux qui prétendent qu’il est normal de payer davantage pour un programme qui coûte de plus en plus cher auront toujours un peu raison. Sauf que la question importante, pour les CPE comme d’ailleurs pour la hausse des droits de scolarité, ce n’est pas ce que ça coûte (aux individus), mais bien ce que ça vaut (pour la collectivité). Il est inutile de calculer la dépense des parents sans d’abord tenir compte du fameux enrichissement collectif.

L’arrivée des femmes sur le marché du travail est incontestablement le changement social le plus important depuis la révolution industrielle. Le temps dira si la révolution numérique finira par avoir des répercussions plus vastes encore, mais pour l’instant, à titre de grand bouleversement, rien ne bat la féminisation du travail — qui est aussi celle de l’éducation et, tranquillement pas vite, du pouvoir. Seulement, mis à part la pilule contraceptive, les garderies et les congés parentaux, rien n’a été fait pour accommoder cette vaste réorganisation sociale. On n’a pas repensé l’organisation du travail, les horaires ou même les toilettes. On n’a pas incité les hommes à la retraite pour faire place à la relève féminine. On n’a même pas insisté sur un changement d’attitude au sein des grandes institutions (Parlement, médias…), comme on a pu le voir récemment. N’eût été la politique familiale de Pauline Marois en 1997, les femmes du Québec, comme ailleurs en Amérique du Nord, n’auraient eu que leurs propres envie et/ou besoin de travailler pour les aider à s’intégrer au marché du travail. Or, elles ont pété des scores à cause justement de l’aide gouvernementale.

Cette réalité-là est immensément plus importante que le paquet de cigarettes dont on devra se passer pour faire garder ses enfants. De la même façon que c’est la société tout entière qui s’enrichit lorsque de plus en plus de jeunes poursuivent leurs études, tout le monde gagne lorsque les femmes ont accès au marché du travail. Financièrement, d’abord. Selon les calculs de Pierre Fortin, les impôts payés par les 70 000 nouvelles travailleuses en 2008 (1,7 milliard) excédaient les coûts du programme de garderies (1,65 milliard). Mais là encore, la valeur

Il y a une autre raison pour laquelle la règle de l’utilisateur-payeur ne tient pas la route.

C’est la supercherie implicite dans le fait de demander aux parents de payer davantage alors que les banques, les grosses entreprises, les multinationales, elles, ne paient pas leur juste partC’est l’absurdité de payer une vieille routière libérale 1100 $ par jour pour diriger une commission de « dégraissage » du gouvernement alors que ses compétences et son travail laissent à désirer.

Tout le monde est convaincu de l’utilité de faire du ménage dans les affaires de l’État. Mais encore faut-il qu’on passe le balai partout, sans oublier que l’émancipation de tout un chacun est le but ultime de tout gouvernement. Frottez dans les coins, c’est bien, mais en gardant la tête haute, c’est mieux.


jeudi 13 novembre 2014

Paradis fiscaux: qu’attend le Canada pour agir?



Louise Chabot - Respectivement présidente de la CSQ et président de la FTQ. Quinze autres personnes ont signé cette lettre*.  
Daniel Boyer

Lettre ouverte au ministre fédéral des Finances, Joe Oliver
Monsieur le Ministre,

Pendant que les budgets d’austérité se succèdent à Ottawa comme dans bien des provinces et que les gouvernements multiplient les compressions dans les services publics, les sommes qui échappent au fisc chaque année sont, elles, en constante augmentation. Ainsi, l’investissement direct à l’étranger des Canadiens dans les paradis fiscaux a connu une croissance démesurée de 1500 % en 13 ans.

Le phénomène des paradis fiscaux nous force aujourd’hui à l’action politique rapide et déterminée. L’ampleur du problème est incontestable : selon Statistique Canada, en 2013, 170 milliards de dollars d’investissements directs à l’étranger étaient placés dans des paradis fiscaux ; parmi lesquels la Barbade, qui regorge si abondamment de capitaux canadiens qu’elle est aujourd’hui le troisième partenaire financier du Canada à l’échelle internationale. Selon la Banque des règlements internationaux (BRI), 50 % des transactions financières mondiales concernent des comptes extraterritoriaux localisés dans des paradis fiscaux. L’économiste James Henry a estimé qu’entre 21 000 et 32 000 milliards de dollars étaient placés dans des paradis fiscaux à l’échelle mondiale en 2010.

L’accès à ces échappatoires fiscales n’est pas généralisé. Ces législations de complaisance sont réservées à une certaine élite économique constituée de banques, de grandes entreprises multinationales et de détenteurs de fortunes personnelles. Les contribuables et les petites et moyennes entreprises (PME) doivent ainsi assumer un fardeau fiscal de plus en plus grand pour financer des services de moins en moins nombreux. Lorsque les citoyens et les groupes concernés se plaignent de cette injustice fiscale, les gouvernements leur répondent qu’ils sont menottés par le contexte international, que l’interdépendance économique qui caractérise notre monde globalisé limite l’action d’un État comme le Canada.

« Arrière-gardiste »

Non seulement ces explications fatalistes empêchent-elles les gouvernements de lutter sérieusement contre l’évasion fiscale, mais de plus, elles contribuent à accentuer le problème en servant de justification pour la mise en place d’une fiscalité sans cesse plus accommodante pour les grands investisseurs internationaux sous prétexte de les inciter à garder ici leurs capitaux. On réduit l’impôt des grandes entreprises, on réduit l’imposition sur les gains en capital, on élimine la taxe sur le capital, on exonère d’impôt certaines entreprises d’exportation et on signe même un nombre grandissant de conventions avec des paradis fiscaux. Ces conventions fiscales et accords d’échange de renseignements fiscaux (AERF) signés avec des paradis fiscaux permettent aux Canadiens de rapatrier des capitaux de leurs comptes extraterritoriaux sans qu’ils y soient imposés.

Pourtant, alors qu’une mouvance internationale se constitue autour de cette question, nous sommes surpris de voir que le Canada est pratiquement absent du dialogue multilatéral. Certains qualifient même la présence internationale canadienne dans le combat contre l’évasion fiscale « d’arrière-gardiste », ce qui est pour le moins gênant.

Ne désirant plus attendre qu’une réponse toute faite nous soit livrée par la communauté internationale, nous désirons que le Canada s’engage activement dans la lutte contre l’évasion et l’évitement fiscal international. Le collectif Échec aux paradis fiscaux a récemment publié un rapport proposant sept solutions concrètes que le gouvernement fédéral pourrait appliquer dès aujourd’hui. Elles proposent en substance au gouvernement d’imposer des pénalités aux auteurs de déclarations volontaires, de prendre part activement à la lutte internationale contre les paradis fiscaux qui existe bel et bien et à abroger ses propres mesures lorsqu’elles favorisent les paradis fiscaux. En termes plus techniques :

Modifier les régimes de divulgation volontaire pour y prévoir des pénalités aujourd’hui inexistantes en s’inspirant des programmes états-uniens Offshore Voluntary Disclosure Initiative (OVDI) et Stream Line Program ;

Participer aux accords multilatéraux d’échange automatique de renseignements fiscaux ;

Retirer l’avantage fiscal prévu aux accords d’échange de renseignements fiscaux ;

Revoir certaines conventions fiscales ;

Modifier la définition de « pays désigné » au paragraphe 5907 (11) des Règlements de l’impôt sur le revenu ;

Supprimer les fiducies de revenu non imposables ;

Joindre l’initiative Base Erosion and Profit Shifting (BEPS) de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE).

Ces recommandations, qui sont davantage détaillées dans le rapport « Paradis fiscaux : des solutions à notre portée », sont réalistes et sensées.

Nous vous demandons d’étudier avec soin ces recommandations et de les appliquer. Nous faisons appel à votre sens de la justice et de l’équité. Le Canada doit maintenant agir et s’attaquer sérieusement à ce fléau généralisé.
* Carolle Dubé, présidente, Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux (APTS); Claude Vaillancourt, président, ATTAC-Québec; François Vaudreuil, président, Centrale des syndicats démocratiques (CSD); Louise Chabot, présidente, Centrale des syndicats du Québec (CSQ); Daniel Boyer, président, Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ); Alexis Tremblay, président, Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ); Jonathan Bouchard, président, Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ); Line Larocque, première vice-présidente, Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec (FIQ); Lucie Martineau, présidente générale, Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ) et porte-parole du Secrétariat intersyndical des services publics (SISP); Élisabeth Gibeau, analyste politiques sociales et fiscales, Union des consommateurs; Yan Grenier, président du c.a., Les AmiEs de la Terre de Québec; Alain Deneault, chercheur, Réseau pour la justice fiscale/Québec; Dominique Daigneault, présidente, Conseil central du Montréal métropolitain CSN (CCMM-CSN); Kim De Baene, co-porte-parole, Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics; Alain Marois, vice-président à la vie politique, Fédération autonome de l’enseignement (FAE); François Saillant, coordonnateur, Front d’action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU); Dominique Peschard, président, Ligue des droits et libertés

Source: Le Devoir

mercredi 29 octobre 2014

Les autruches



Jacques Lanctôt
fr.canoe.ca

Il faut avoir un certain culot ou avoir la mémoire courte, voire aucune mémoire, pour affirmer comme l’a fait le chroniqueur de La Presse Pierre-Yves McSween, que « le Parti québécois joue à l’autruche en tentant de marginaliser la réflexion de Jean-François Lisée ». Plus loin, il affirme, comme pour prouver le conflit d’intérêt qu’il pourrait y avoir : « D’ailleurs, le jour de l’annonce du financement public de l’amphithéâtre, un journaliste de Québecor me disait « on ne crache pas sur la main qui nous nourrit ».

À la rigueur, je pourrais qualifier cela de ragot de salle de rédaction et m’inventer, moi aussi, un journaliste de Gesca qui m’aurait affirmé la même chose, à l’occasion de commenter la parution du livre de Robin Philpot, Derrière l’État Desmarais : Power, paru une première fois en 2008 puis réédité dernièrement et qu’il venait de recevoir en service de presse. « On ne crache pas sur la main qui nous nourrit. »

Mais pourquoi inventer des faits quand ils existent réellement. Il y a vingt ans, en février 1994, le chroniqueur de La Presse, André Pratte, avait été démis de ses fonctions à la suite d’une chronique, Tout est pourri, qu’il avait publiée dans le journal où il travaillait et dans lequel il mettait en cause son patron, Power Corporation, le propriétaire de La Presse.

Étant donné les liens qui unissaient le père de Pratte à Paul Desmarais - il a siégé aux conseils d’administration de Power corp. et de la Financière Power -, sa suspension avait été vite levée et le chroniqueur avait pu réintégrer son poste quelques jours plus tard. Même le syndicat des journalistes de La Presse avait dénoncé cette mesure et crié à l’ingérence et à la censure. Monsieur McSween joue-t-il à l’autruche en faisant mine d’oublier cette épée de Damoclès qui est suspendue au-dessus de la tête des journalistes de La Presse ?

Mais il y a plus, et le chroniqueur du Devoir, Michel David, semble, lui aussi, victime d’un profond trou de mémoire. Dans une chronique récente, David accuse le Parti québécois de jouer à l’autruche et d’être aveuglé par la possibilité de voir un candidat comme PKP accéder à la direction du PQ et de redonner vie à l’idée d’indépendance. Et il se questionne béatement : « Si un des frères Desmarais envisageait de devenir chef du PLQ sans se départir de ses intérêts dans Power Corporation, ils [les péquistes] se déchaîneraient ».

Est-il besoin de rappeler que l’actionnaire de contrôle de La Presse, la famille Desmarais, qui a passé des ententes secrètes avec Radio-Canada (jamais dévoilées malgré l’insistance de Québecor pour qu’elles soient rendues publiques), n’a pas besoin de se présenter à la direction du PLQ pour le diriger et imposer ses volontés. Elle tire les ficelles dans les coulisses, sans avoir de compte à rendre à qui que ce soit, et encore moins à la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ). Cela est largement documenté dans plusieurs ouvrages ou de nombreuses publications. Il suffit de taper Power ou Desmarais sur Google pour s’en rendre compte.

Paul Desmarais a déjà admis qu’il avait pris le contrôle de La Presse pour empêcher l’indépendance du Québec et bloquer la gauche et les syndicats qui contrôleraient le PQ, selon lui. Il a aussi avoué qu’il ne pouvait se permettre de le faire avec Le Devoir, qui était malheureusement contrôlé par une fondation et qui était un repère de gauchistes et de séparatistes. Un ambassadeur des États-Unis au Canada, David Jacobson, a même admis que l’influence de Power Corporation sur les milieux politiques québécois et fédéral est indéniable.

Le clan Desmarais a étendu son influence jusqu’en France, en prenant en charge Nicolas Sarkozy, alors président de la France, pour qu’il supprime tout appui à un éventuel Québec indépendant. C’est à cause de Desmarais que la France, du temps de Sarkozy, a abandonné la politique traditionnelle de « ni ingérence ni indifférence ».

Voici ce que disait le journaliste Alec Castonguay de Paul Desmarais dans L’actualité du 9 octobre 2013 : « Qu’il le fasse pour lui, pour son entreprise, ou pour ce qu’il juge être « le bien du pays », Paul Desmarais avait une influence politique certaine. Il pouvait passer un coup de fil à un premier ministre ou un ministre sans difficulté.

Rares sont les citoyens qui ont cet accès pour se faire entendre et exprimer leur point de vue. » Qu’est-ce qu’on attend pour alerter le commissaire à l’éthique afin qu’il ouvre une enquête en profondeur sur le PLQ et ses dirigeants ? Le commissaire à l’éthique jouerait-il, lui aussi, à l’autruche ?

Source: fr.canoe.ca  via Vigile.net

vendredi 24 octobre 2014

La démocratie canadienne pourrait devenir une illusion


GLENN GREENWALD AU DEVOIR

Photo: Annik MH De Carufel Le DevoirLe journaliste américain Glenn Greenwald

Les « loups solitaires », ces tueurs isolés qui ont déversé leur haine, cette semaine, à Saint-Jean-sur-Richelieu et à Ottawa, n’ont pas seulement fait trembler la démocratie canadienne. Ils ont également mis en lumière l’inefficacité de la surveillance massive des citoyens par les agences gouvernementales du Canada qui, en tenant désormais pour suspect potentiel tout le monde, sans distinction, finissent par ne plus pouvoir détecter convenablement les véritables éléments à risque, estime le journaliste américain Glenn Greenwald.

« Le Canada doit mettre fin à ses programmes de surveillance de masse de ses citoyens pour se concentrer sur les menaces réelles », a indiqué jeudi matin lors d’une entrevue accordée au Devoir l’homme par qui les révélations-chocs de l’ex-analyste de la National Security Agency (NSA), Edward Snowden, sont passées. Glenn Greenwald est à Montréal cette semaine à l’invitation de l’Université McGill où, jeudi soir, il a décrypté les dérives liberticides dans nos sociétés à l’ère de la peur et de la socialisation en format numérique dans le cadre de la Conférence annuelle Beaverbrook 2014. « La surveillance de masse, telle que menée actuellement par les États-Unis et ses alliés, dont le Canada fait partie, nuit désormais à la capacité des gouvernements à détecter clairement les citoyens à risque. Et nous venons, encore une fois et tristement, d’en avoir deux nouvelles preuves au Canada cette semaine. »

Fin observateur de l’avènement des États de surveillance, à l’ère du tout numérique, Glenn Greenwald pose un regard sévère sur le Canada et son gouvernement actuel qui, selon lui, méthodiquement, est en train d’attiser un climat de peur pour mieux y opposer des mesures et des politiques qui menacent à court terme les fondements de la démocratie canadienne. « L’idée d’une collecte massive d’information sur les citoyens, sans limites et sans tenir compte de la présomption d’innocence, n’est pas un concept uniquement américain, dit-il. C’est une idée qui vient surtout du projet Five Eyes [cette alliance internationale d’espions dont le Canada fait partie, avec les États-Unis, l’Australie, le Royaume-Uni et la Nouvelle-Zélande], dans lequel Ottawa est très actif. C’est aussi une chose fondamentalement illégitime. »

Documents secrets

Les documents secrets d’Edward Snowden qui exposent les grandes et petites lignes des programmes de surveillance PRISM ou XKeyscore, et que Greenwald a contribué à répandre dans l’espace public, entre mai et octobre 2013, alors qu’il bossait pour le quotidien britannique The Guardian, en font d’ailleurs à plusieurs endroits la démonstration, selon lui. Comment ? En indiquant que tous ces programmes de contrôle et de surveillance des communications et de la socialisation en format numérique ont été implantés dans les dernières années aux États-Unis, tout comme au Canada, loin des instances démocratiques qui, avant les révélations de Snowden, n’en avaient finalement pas conscience.

« Dans un de ces documents, un haut dirigeant de la NSA, responsable des relations avec les pays partenaires des États-Unis, explique d’ailleurs pourquoi le changement d’orientations politiques dans plusieurs pays, au terme d’élections générales depuis le milieu des années 2000, n’a finalement rien changé dans les liens entre la NSA et les agences de surveillance de ces mêmes pays. » Et la réponse est simple : le gouvernement du Canada peut être libéral ou conservateur, « le partenariat reste le même, parce que, en dehors des instances militaires et sécuritaire, personne d’autre au pays ne sait que ces liens existent », poursuit le journaliste.

« C’est la dimension qui me semble d’ailleurs la plus incroyable, dit Glenn Greenwald, qui soupçonne au passage les grandes entreprises de communication au Canada de nourrir ces programmes de surveillance, comme leurs homologues américaines. En matière de sécurité et de surveillance, les représentants du peuple, les instances démocratiques n’ont finalement aucune idée de ce qui se passe. Ces programmes ont été implantés sans possibilité de regard. Ils existent de manière isolée loin des responsabilités démocratiques. Et dans ce contexte, la démocratie finit par ne devenir qu’une illusion », conclut-il.

vendredi 3 octobre 2014

Les cowboys de la politique




Lise Payette
Le Devoir 

Ils parlent haut et fort, convaincus de détenir la vérité en tout. S’ils ont des doutes, ils ne les expriment jamais car ça pourrait avoir l’air d’être un aveu de faiblesse. La peur, sous toutes ses formes, est une alliée précieuse qui fait augmenter le thermomètre du stress vécu par des citoyens qu’il vaut mieux garder dans le désespoir que dans la joie. Écraser pour régner est une devise qui a fait ses preuves à travers le temps.

Ma question ce matin est « combien de stress des citoyens normaux peuvent-ils endurer avant de perdre la tête » ? Si on fait un petit tour de la planète en ce moment, on constate assez rapidement que ça éclate partout. Vous avez l’embarras du choix. Il y a quelques semaines à peine, les yeux du monde entier étaient tournés vers le sort qu’Israël faisait vivre à Gaza, semant la mort et la destruction massive sans que quelque autorité intervienne pour mettre fin à cette haine insensée qui n’a pas de fin.

Puis, le ton a soudainement monté du côté de l’Ukraine et les accusations portées contre la Russie dans ce dossier étaient assez graves pour alerter le monde entier. Le conflit est-il réglé ? C’est peu probable, et il a peut-être bien tout ce qu’il faut pour se rallumer d’un seul coup.

Comment est-ce seulement possible que l’extrême droite française, qui n’offre pourtant pas un comportement dont la France peut se glorifier, arrive à se frayer un chemin chez les électeurs et électrices ? La France est-elle tellement sous le stress devant les chiffres du chômage, devant l’avenir bloqué pour ses étudiants désespérés d’accéder un jour à une vie pleine et entière, qu’elle se jette dans les bras des apôtres de l’extrême droite, oubliant un passé pourtant porteur de bons conseils à ce sujet ? 

Les chiffres avancés sur les ravages de l’Ebola en Afrique font peur aussi. L’incapacité du monde entier de répondre rapidement aux besoins des peuples touchés est un désastre collectif. Devant l’évidence qu’il sera impossible de tout faire, comment partager les ressources disponibles avec justice ? Imaginez le stress de ces citoyens qui attendent une aide internationale qui n’arrive pas alors que la maladie continue ses ravages dévastateurs.

Comment partager adéquatement les ressources disponibles pour sauver l’Afrique d’une part et détruire les tueurs qu’on a nommés « État islamique » qui sèment la terreur en Irak et en Syrie, qui coupent la tête d’autres humains devant les caméras dans l’espoir de faire avancer leur cause grâce à la peur ?

Les citoyens de Hong Kong sont dans la rue pour réclamer que la démocratie à laquelle ils aspirent leur soit rendue par le gouvernement de Beijing. Ils sont nombreux et les Chinois ont la réputation d’être tenaces. Ils ont déjà tout vu, tout retenu, et ils ont une mémoire fabuleuse de leur propre Histoire. Juste à côté, les Japonais vivent la terreur des secousses sismiques, des éruptions de volcans, des tsunamis et des dangers que représentent encore les déversements des eaux des réservoirs des usines atomiques touchées par le dernier tsunami. 

Je n’ajouterai rien au sujet du Canada. Les Canadiens que je connais n’ont pas mérité le gouvernement qui sévit à Ottawa. Comme le Québec n’a pas mérité M. Denis Lebel non plus.

Vous aurez compris que je crois sincèrement que la politique des cowboys, où qu’elle se pratique dans le monde, est une politique dangereuse. De là ma question avec des mots plus simples : « combien de stress un être humain peut-il supporter avant de péter les plombs » ?

Au Québec, les puissants cowboys, au pouvoir depuis six mois dans quelques jours, ont volontairement fait monter le stress de la population. Entre le « serrez-vous la ceinture » et le « ça va faire mal » qu’on nous répète ad nauseam depuis des mois, je sens la moutarde qui monte au nez des citoyens qui commencent à se dire qu’ils n’ont jamais voté pour ça.

Les manifs sont commencées. Il y en aura d’autres. La commission Charbonneau déçoit, car elle donne l’impression de se terminer en queue de poisson et finit par semer le doute sur le fait qu’il pourrait y avoir des intouchables au pays du Québec et des « au-dessus de toutes les lois » comme si cela allait de soi. C’est un climat favorable pour la mauvaise humeur.

M. Couillard répète à qui veut l’entendre que « tout est sur la table ». Tout quoi ? Tout ce qu’on a gagné de peine et de misère ? Tout ce qui a été mis dans la poche de tellement de monde qu’on ne connaît toujours pas ? Tout l’argent des paradis fiscaux ou seulement celui du monde ordinaire qui voudrait bien joindre les deux bouts de temps en temps ? Nous avons passé l’âge d’avoir peur du Bonhomme Sept Heures.

vendredi 26 septembre 2014

Cacouna: Mario Beaulieu jette les gants [vidéo]

Projet d'oléoduc et de port pétrolier Énergie-Est


Mario Beaulieu, président du Bloc québécois, est grimpé sur le promontoire rocheux de Cacouna pour exprimer sa farouche opposition au projet de port pétrolier de TransCanada.
PHOTO: NICOLAS FALCIMAIGNE
CACOUNA — 
«Tout le projet de pipeline Énergie-Est est désavantageux pour le Québec, économiquement et environnementalement.»Mario Beaulieu, président du Bloc québécois, est monté sur le rocher de Cacouna pour observer les travaux de forage de TransCanada, en vue de l'installation d'un port pétrolier. Ce faisant, le nouveau chef réaffirme l'orientation prise par son parti à Rimouski ce printemps, à l'effet que le Bloc «prenne la tête de l’opposition au développement de l’industrie pétrolière».
Le nouveau chef du Bloc québécois a tenu à gravir le sentier de randonnée jusqu'au sommet du promontoire rocheux qui surplombe le port de Gros-Cacouna, où TransCanada entend construire un terminal pétrolier destiné à l'exportation du pétrole albertain. «Pour l'environnement, c'est un projet qui est complètement invraisemblable, s'enflamme Mario Beaulieu en pointant les barges de forage installées dans le fleuve en contrebas. Ici, c'est une pouponnière de bélugas, un écosystème extrêmement riche et fragile, alors c'est le pire endroit où on pourrait installer un port pétrolier.»



«Tout déversement ici serait catastrophique, entraînerait des coûts énormes simplement pour décontaminer, insiste-t-il, en ajoutant que l'intérêt économique n'y est pas. On nous dit que 200 emplois seront créés, mais ça va occasionner des pertes d'emplois dans les secteurs touristiques, pour ceux qui travaillent dans le Parc marin, dans le secteur agricole. L'économie du Québec est basée sur l'énergie renouvelable, l'avenir, alors que l'économie du Canada est basée sur le pétrole et l'industrie automobile.»

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C'est aussi l'avis de l'ancien premier ministre Jacques Parizeau, qui s'exprimait en fin de semaine dans le cadre du congrès destiNation: Nouvelles idées. Nouveau départ«Les intérêts du Canada et les intérêts du Québec sont totalement opposés, a-t-il illustré, précisant que le transport et les voies navigables sont de compétence fédérale. Voulez-vous bien me dire ce que ça représente comme intérêt économique, pour les Québécois, le tuyau qui va aller au port de chargement de pétrole à Gros-Cacouna? Une poignée d'emplois, presque rien. C'est tout automatisé maintenant. Il n'y a pas d'emplois là-dedans, il n'y a aucun intérêt. On n'a pas d'intérêt économique, et on prend tous les risques écologiques. C'est absurde.»