« Un peuple qui élit des corrompus, des renégats, des imposteurs, des voleurs et des traîtres n’est pas victime ! Il est complice ». Georges Orwell


mercredi 5 mars 2014

Le PQ ne dit pas la vérité aux Québécois

Le Parti québécois, un parti crypto-fédéraliste? 
Elle est bien bonne celle-là ... ! 

May 

Jean-Jacques Nantel, ing. 
Vigile.net

Pour vaincre définitivement les souverainistes, les fédéralistes doivent absolument voter pour le PQ de façon à ce qu’il devienne majoritaire. En effet, comme les actuels dirigeants du PQ ont peur d’affronter le Canada anglais, leur cible électorale est devenue très étroite puisqu’il leur faut obtenir un pourcentage suffisant de votes pour se faire élire, mais insuffisant pour qu’ils soient obligés de tenir un référendum. Ils doivent toujours être en mesure d’affirmer que les sondages montrent ¨qu’on n’a pas le pourcentage¨.

Dans cette optique, il importe pour eux de ne jamais utiliser les arguments qui pourraient faire monter la fièvre souverainiste. Pour prendre un seul exemple, ils auraient pu expliquer à la population que, dans le cas du nouveau pont Champlain, ce dont les Québécois ont besoin pour traverser le fleuve Saint-Laurent jusqu’à la rive sud, c’est d’une grosse estacade du pont Champlain (l’estacade est le petit pont à deux voies qui se situe à une centaine de mètres à l’ouest de l’actuel pont Champlain).

Ils auraient pu montrer, chiffres à l’appui, que si on construisait cette grosse estacade à six ou huit voies, cela coûterait cent ou deux cents millions de dollars aux Québécois et que, par conséquent, tout le reste du coût du nouveau pont, soit la quasi-totalité des cinq milliards prévus, devraient être payés par l’Ontario. C’est en effet pour permettre aux bateaux ontariens de passer sous le pont Champlain que ce dernier est si haut, si complexe et si coûteux.

Pour faire comprendre aux Québécois que le Canada les vole, le PQ n’aurait eu qu’à dire à la population que les Québécois devront défrayer l’équivalent de mille dollars (1000$) par contribuable (!!!) pour offrir un pont gratuit aux riches Ontariens. Le PQ aurait pu ajouter qu’il existe sept autres ponts et tunnel aussi coûteux sur le Saint-Laurent et que, dans un Québec souverain, les bateaux passant par la voie maritime devraient payer de lourds frais de transit, exactement comme ils le font dans les canaux maritimes de Panama et de Suez.

Si le PQ de Marois n’utilise jamais d’arguments massues aussi convaincants, c’est précisément pour éviter de faire monter la fièvre souverainiste. Pour éviter une pareille catastrophe, le PQ a plutôt lancé sa charte de la laïcité qui avait l’avantage de détourner le débat et de regrouper autour de lui le vote nationaliste en jouant sur les émotions d’un peuple qui se voit envahi par des foules d’immigrants inassimilables que le PQ fait lui-même entrer dans le pays.

Cette immigration insensée est une arme essentielle de la stratégie du PQ-Marois puisqu’elle permet de réduire constamment la proportion des Québécois de souche et, donc, de rendre la souveraineté de plus en plus impossible avec le passage du temps.

En complément de cette stratégie, le PQ ne cesse de répéter depuis dix-huit ans qu’il ne faudrait surtout pas perdre le troisième référendum et que, pour ne pas le perdre, il faut éviter de le faire… à jamais !

Tout cela me permet de remarquer que nos fédéralistes sont loin d’être aussi fins et habiles qu’ils le prétendent puisque, à l’évidence, la meilleure façon pour eux de gagner est de voter pour le PQ qui, une fois majoritaire, va aider à réduire la proportion de Québécois de souche. Voter PQ leur permettra de gagner suffisamment de temps pour que les Québécois perdent la dernière chance qu’ils auront au 21ème siècle d’obtenir le 50% nécessaire pour réaliser leur indépendance.

Heureusement (si on peut dire), l’énorme crise économique qui s’en vient va rendre impossible ce rêve crypto-fédéraliste du PQ (crypto-fédéraliste veut dire ¨fédéraliste caché¨).

Si le PQ est sincère, qu’il dise la vérité aux Québécois au sujet des vols du Canada anglais !

lundi 24 février 2014

Quand le Canada devient marchand d’armes




Jean-Claude Leclerc
Le Devoir
24 février 2014

Alors que le ministre du Commerce international, Ed Fast, s’adonnait en 2012 et 2013 à des missions en Arabie saoudite, le grand mufti y déclarait qu’il « est nécessaire de détruire toutes les églises chrétiennes de la région ». Des évêques d’Allemagne, d’Autriche et de Russie, rapporte l’agence Reuters, ont émis des protestations. Il y a peu de chrétiens russes dans les pays du Golfe, mais plus de trois millions de catholiques, venus de l’Inde et surtout des Philippines, y travaillent. L’incident ne pouvait pas avoir échappé aux diplomates d’Ottawa.

Depuis 2010, une telle condamnation (fatwa) y est réservée à un Conseil officiel du haut clergé. Le dictat du cheikh Abdul Aziz ibn Abdullah, chef du Conseil suprême des théologiens, n’a pas été publicisé par la presse du pays, sous contrôle d’État. Ce cheikh a, depuis, condamné toute violence contre d’autres musulmans (ou d’autres croyants sous protection musulmane), d’après l’agence de presse gouvernementale SPA. Vu l’influence du mufti, Riyad n’aurait donc pas pris à la légère son incitation à détruire les églises chrétiennes.

L’Arabie saoudite n’est pas un pays où les libertés sont reconnues, note Freedom House, un institut américain, dans un rapport de 2012 sur la liberté dans le monde. L’islam en est la religion officielle, et les Saoudiens sont tous tenus d’être musulmans. Le gouvernement interdit la pratique publique de tout autre culte, et restreint celle des minorités chiites et soufies. Le droit des chrétiens et des autres non-musulmans se limite au culte privé. Même les chiites ne peuvent plus ériger de mosquée.

Les pays du Golfe ne sont pas tous réfractaires aux confessions chrétiennes. L’an passé, une église a été consacrée à Ras-El-Khaimah, un des Émirats arabes unis, rapporte le journal La Croix. De même, dans l’émirat d’Abu Dhabi, qui compte déjà une cathédrale dans sa capitale, la première pierre d’une future église a été bénie, sur un terrain de 4500 mètres carrés, un don de la municipalité à l’Église catholique. Le roi du Bahreïn a aussi fait don d’un terrain pour y construire une église.



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Par contre, Riyad reste opposée à toute démocratisation du pays. Les réformes se limitent à des conseils purement consultatifs. Des élections, il est vrai, sont maintenant permises sur le plan municipal, mais les femmes n’y prendront part qu’en 2015. La presse est contrôlée par le gouvernement. Le Code criminel a été modifié pour interdire toute critique du pouvoir royal ou de l’autorité religieuse. Les manifestations d’opposants sont réprimées et la presse étrangère ne peut, sous peine d’exclusion, les couvrir.

Or, dans la longue liste des « interventions » des Affaires étrangères du Canada, on ne trouve aucune trace de dénonciation concernant l’Arabie saoudite. Pendant que le ministre Ed Fast y était en mission commerciale, John Baird, son collègue des Affaires étrangères, multipliait les déclarations plus ou moins indignées sur des violations survenues au Nigeria, en Égypte, en Tanzanie, en Syrie, au Pakistan, au Bangladesh, au Kenya, sans oublier les Bahaïs en Iran. Mais, sauf erreur, rien sur l’Arabie saoudite.

Depuis, prenant la relève, l’ambassadeur Andrew Bennett, chef du Bureau de la liberté de religion, s’est montré « vivement préoccupé » de la persécution des Bahaïs en Iran. Il l’est aussi des violences contre les chrétiens en Égypte, voire des « conversions forcées »en Syrie. Plus récemment, il s’intéressait à l’Ukraine. Or, semble-t-il, il faut faire partie d’une « minorité vulnérable » pour avoir droit à ses interventions. Les majorités opprimées comme en Arabie saoudite ne relèvent pas de son mandat.

Entre-temps, de retour au Canada, Ed Fast annonçait que le Canada est désormais un important vendeur d’armes. Mieux encore, à des ouvriers enthousiastes de London, en Ontario, il apprend que leur usine construira bientôt des blindés légers pour l’Arabie saoudite. Un contrat de plusieurs milliards de dollars, de quoi occuper pour 14 ans pas moins de 3000 travailleurs et 500 compagnies d’ici. « C’est une victoire olympique pour le Canada et les manufacturiers canadiens », s’écrit Jayson Myers, le président des Manufacturiers et Exportateurs canadiens.

Le Canada a déjà antérieurement livré à l’Arabie saoudite des véhicules militaires légers, comme les soldats canadiens en ont utilisé en Afghanistan. À voir leur efficacité contre des combattants résolus, ces blindés n’auront guère d’utilité là-bas, sauf pour réprimer les mécontents qui osent manifester en public, chiites, jeunes chômeurs, femmes en mal d’émancipation. Y a-t-il péril dans le royaume ? La moitié des étudiants y sont des femmes. Riyad verse des millions en pétrodollars pour donner aux populations de meilleures conditions de vie : loyers abordables, assurance chômage, salaire accru aux fonctionnaires. À quoi bon ces blindés alors ?

À donner des jobs au Canada, bien sûr, des contrats aussi aux compagnies canadiennes, et des profits à General Dynamics et à sa filiale ontarienne. Mais ces milliards achèteront avant tout des votes aux conservateurs. L’opposition se dit scandalisée qu’on vende des armes à un pays si peu respectueux des libertés. Mais le NPD ira-t-il jusqu’à suggérer à ses amis syndiqués une grève des blindés ? C’est peu probable, même si ces exportations seront financées par les contribuables d’ici.

Par contre, ces milliards ne cacheraient-ils pas quelque pot-de-vin ou détournement de fonds ? Des inondations ayant fait plus de 120 victimes en 2009, le roi Abdullah avait poursuivi 40 fonctionnaires de Djeddah, pour corruption, incompétence, défauts de construction ou d’ingénierie. Une autre catastrophe en ayant déplacé des milliers, qu’a fait le roi ? Il a décrété une commission anticorruption pour surveiller les ministères…

ICI  et ICI

jeudi 20 février 2014

Charte de la laïcité - La Cour suprême n’a pas de leçons à donner




Frédéric Bastien
Le Devoir 

Le sept février dernier, l’ancienne juge de la Cour suprême Louise Arbour dénonçait le projet de laïcité du gouvernement péquiste. Qualifiant le tout d’odieux et discriminatoire, elle en a profité également pour faire la leçon, rappelant aux Québécois leur soi-disant passé scabreux en la matière, citant à l’appui les violations des droits des communistes et des témoins de Jéhovah sous Duplessis. Heureusement, poursuit-elle, la Cour suprême était là pour barrer la route aux autorités québécoises ! En réalité, Mme Arbour utilise sa mémoire sélective pour nous faire croire que les élus, ceux du Québec en particulier, sont toujours prompts à violer nos libertés tandis que les juges les défendent.

Errements

S’il est indéniable que le gouvernement fédéral ou celui de certaines provinces ont à quelques reprises violé les droits de groupes de citoyens dans le passé, cela ne signifie nullement que les juges n’ont pas erré dans ce domaine. Prenons d’abord l’exemple de l’affaire Zundel, cet immigrant d’origine allemande qui, dans les années 80, produisait une abondante littérature antijuive, affirmant notamment que l’Holocauste n’avait pas eu lieu. Ce dernier est alors accusé et condamné par deux tribunaux ontariens suivant certaines dispositions du Code criminel, notamment l’interdiction de la propagande haineuse. En 1992 toutefois, la Cour suprême utilise la Charte des droits pour libérer Zundel. Beverly McLachlin, auteure du jugement et devenue depuis juge en chef, a alors défendu le droit de mentir en écrivant que la vérité historique est relative. Zundel croit peut-être sincèrement que l’Holocauste n’a pas eu lieu. Sa liberté d’expression est donc bafouée par le Code criminel, dont certains articles sont alors déclarés inconstitutionnels.

Libre de continuer à répandre son fiel antijuif, Zundel est arrêté une dizaine d’années plus tard. Il est alors déclaré menace à la sécurité de l’État en vertu de ses liens avec des groupes néonazis. Déporté en Allemagne, il est accusé de nier l’Holocauste et condamné à cinq ans de prison. En quoi les droits des Juifs de ne pas être victimes de haine raciale ont-ils été bien défendus par la Cour suprême dans cette affaire ? Comme dit l’adage, poser la question c’est y répondre.

Arrêtons-nous maintenant sur l’arrêt Multani en 2006, en vertu duquel les élèves sikhs ont obtenu le droit de porter le kirpan à l’école. Cette décision fait complètement fi du droit à la sécurité de l’immense majorité des étudiants, ceux qui n’ont pas le droit de porter un poignard. Symbole religieux ou pas, un couteau est une arme blanche, dangereuse, et c’est d’ailleurs pour cette raison qu’il est interdit de monter à bord d’un avion avec un kirpan. De plus, en instaurant différents droits pour différentes communautés, cette décision de la Cour suprême a fait passer à la trappe un principe fondamental de justice, celui de l’égalité de tous devant la loi.

Une autre décision déplorable a été prise lors de l’arrêt Askov en 1990. Encore une fois en se fondant sur la Charte, la Cour suprême a annulé la procédure entamée contre un criminel notoire sous prétexte qu’il n’avait pu être jugé dans des délais raisonnables. Cette décision a entraîné par la suite l’arrêt des procédures ou la libération de dizaines de milliers de personnes accusées de crimes graves, dont Askov lui-même, qui commettra de nouveaux délits peu de temps après et sera condamné à six ans de prison. Inutile de dire que le droit à la sécurité des Canadiens n’a pas été bien servi par cette décision.

Justice indépendante

Outre ces verdicts contestables, les juges ne sont pas non plus de preux défenseurs de nos droits, au-dessus de la mêlée, comme le laisse entendre Louise Arbour. Dans mon livre La bataille de Londres, j’ai révélé les gestes posés par deux juges de la Cour suprême en 1980-1981, Bora Laskin et Willard Estey, qui ont transmis de l’information sensible au pouvoir exécutif, violant ainsi le principe de séparation des pouvoirs. Nos droits à une justice indépendante du pouvoir politique ont-ils été protégés à cette occasion ?

La liste des gestes douteux, décisions discutables ou carrément stupides prises par des juges en matière de droits fondamentaux est longue. Au lieu de sermonner, Louise Arbour ferait bien de se garder une petite gêne. La Cour suprême n’a pas de leçons à donner en la matière.



Frédéric Bastien - Professeur au collège Dawson et auteur de La bataille de Londres (Boréal, 2013)

Source: Le Devoir

mercredi 12 février 2014

Une charte de la laïcité dans une usine française


Alors que le débat sur la charte des valeurs fait rage au Québec, en France, une grande entreprise privée vient d'introduire une charte de la laïcité à l'usage de ses employés. Une initiative qui ne manquera pas de provoquer des remous.
Un texte de Alexandra Szacka
Jean-Luc Petithugenin est ce qu'on appelle en France un « laïcard ». Cet homme d'affaires, descendant de huguenots français dont les ancêtres, protestants, ont dû s'exiler pour fuir les persécutions religieuses au 17e siècle, est convaincu que la seule façon de vivre ensemble pour des gens venus d'horizons ethniques et religieux différents est de l'afficher le moins possible.
C'est pourquoi il a décidé, il y a quelques mois, de rédiger une charte à l'usage de ses 4000 employés de 52 nationalités différentes qui travaillent chez Paprec, une société qu'il a fondée il y a 20 ans, aujourd'hui leader du recyclage en France. Depuis quelques jours, la « Charte de la laïcité et de la diversité » est affichée dans chacune de ses 50 usines de récupération à travers le pays.
Un préambule, qui rappelle les fondements laïques de la République française, est suivi de huit points, dont l'application est dorénavant obligatoire. Ils stipulent que :
  • l'entreprise est un lieu neutre;
  • nul ne doit y manifester ses convictions politiques ou religieuses;
  • porter des signes religieux ostentatoires est interdit;
  • refuser une tâche à cause de ses croyances est aussi interdit.
Jean-Luc Petithuguenin est particulièrement fier du fait que l'ensemble de ses employés ont approuvé la charte. « À 100% » dit-il. Il aurait procédé à une large consultation auprès des chefs de sections, des syndicats présents dans ses différentes usines, ainsi qu'auprès des employés individuels.
La demi-douzaine de travailleurs et représentants syndicaux à qui nous avons parlé, sur deux sites en banlieue de Paris, étaient en effet unanimes. S'il n'y a jamais eu de véritables frictions en raison de la religion des uns ou des autres, il faudrait éviter qu'il y en ait dans le futur.
Le président fondateur de Paprec ne s'en cache pas. Le jugement de la Cour d'appel de Paris, l'automne dernier, donnant raison à une directrice de garderie privée qui a interdit le port du voile par une employée, lui a donné l'idée de la charte. Il faut introduire dans le secteur privé les règles de la laïcité qui prévalent dans le secteur public, dit-il.
Et il est bien conscient que, tôt ou tard, il pourra à son tour se retrouver devant les tribunaux si une femme voilée, par exemple, dénonce qu'il y a discrimination à l'embauche, puisque les règles de l'entreprise l'obligent à ôter son voile. « On est préparé à un combat pour la laïcité en entreprise. Ce combat est soutenu par un tas de chefs d'entreprises en France » dit-il. C'est ce qu'on verra au cours des prochains mois.
Jean-Luc Petithuguenin est maintenant en train de regarder du côté du Québec, où il aimerait bien faire une ou deux acquisitions. Appliquera-t-il la même charte dans ses entreprises québécoises? « Non, dit-il. La charte est à l'usage exclusif des usines françaises. Mes quatre usines suisses n'y sont pas soumises. Je respecte les lois et les coutumes des pays où je m'installe. »
Source: Radio-Canada

mardi 11 février 2014

Les Jeux olympiques d'hiver 2014 à Sotchi

À  surveiller, une fois de plus, le nombre de médailles qu'auront gagnées les valeureux athlètes québécois dopés à la stéroïne canadian.  


Imaginons le Québec aux JO!
                               

Source: Cap sur l'indépendance   Facebook
via Vigile.net

***

Les Canadiens


Andrée Ferrety
Vigile.net


Quelle misère que Le Devoir adopte ce vocabulaire fautif lorsqu’il écrit sur nos athlètes d’ici aux Jeux olympiques. Veut, veut pas, ces médaillés de Sotchi, d’hier et d’aujourd’hui, sont Québécois.

Bien sûr aucun parmi eux, parmi elles, n’a le courage d’affirmer son identité. Mais s’agit-il de courage ou d’indifférence ? J’ai d’abord pensé qu’ils étaient lâches. Malheureusement, c’est pire. Ils ne se posent même pas la question, parce qu’ils en sont incapables. À part leurs aptitude sportives, ils ne planent pas haut.

Cela dit, toute cette propagande patriotique et morale sur le sport, tous pays confondus, lève le cœur. Comme si les athlètes compétionnaient une seule seconde pour leur pays. Ça prend juste la naïveté du bon peuple pour y croire.

Le plus drôle, c’est que si nous soulignions que les champions sont des Québécois, comme je le fais ici, on se ferait accuser de faire de la politique avec les Jeux. Alors que ces jeux ne sont que ça : de la politique de A à Z.

____________

Et voici le commentaire que je me suis abstenue d'ajouter. 

Je comprends votre exaspération, madame Ferrety!  Je n’en peux plus moi-même de voir mur à mur toute cette rouge propagande.   

Vous avez raison, ces Jeux ne sont que de la poilitique de A à Z. Mais selon moi, en plus d'êtres des jeunes d'exception, ce sont aussi (sans le savoir évidemment) de valeureux valets de l'Ordre mondial. Aucun doute là-dessus. Tout comme le sont, d'ailleurs, la plupart des grands artistes internationaux. 

Sont-il indifférents (à notre cause)? Peut-être. D'abord,  ont-ils le choix?  N’ont-ils pas (enfin certains d’entre eux) déjà tenté de montrer leurs couleurs à des Olympiques antérieures? Rappelez-vous! On leur a vite mis le cadenas sur certains signes ostentatoires qui pouvaient ressembler, par exemple, au drapeau du Québec.  Alors,  depuis,  pour leur faire oublier leur identité, on les dope en masse à la stéroïne canadian. Et leurs parents avec. Comme de raison. 
Enfin, ce n’est pas leur faute, si le Québec n’est pas (encore) un pays indépendant.  Mais comme l'écrit, Sylc (en commentaire sur Vigile), « Chacun a le droit dans l’urne à un vote secret et à ne pas partager certains aspects de sa vie sur la place publique ... »

Bref, les Jeux olympiques 2014? Moins j’en regarde, mieux je me sens.  Mais veut, veut pas, comme vous dites, force est pour nous d'admettre  que le jeune bosseur québécois, Alexandre Bilodeau, «planait» pas mal plus haut qu'on en seraient capables, vous et moi, non?  

May West

mercredi 29 janvier 2014

Charte de la laïcité: Un témoignage percutant d'un ex-professeur universitaire




Magnifique témoignage pro-charte d'un immigrant égyptien M. René Tinawi (prof. retraité de l'École Polytechnique de Mtl) en cette première journée de commission sur la charte de la laïcité et des valeurs québécoises. Le dialogue qui s'en suit est des plus intéressant. À écouter...



Durée: près d'une heure


La propagation du voile islamique - Les raisons historiques

Ici son mémoire à la Commission parlementaire sur le sujet de la Charte: http://sisyphe.org/spip.php?article4668

Merci Lolo

mercredi 22 janvier 2014

Club 357c : là où se décide en secret l’avenir du Québec



Par Eric Granger
L’existence du Club le 357c m’était inconnu il y a quatre mois. J’ai découvert que ce club d’élite existait au mois d’août dernier lorsque je faisais une recherche sur  François Legault et la fondation de la Coalition Avenir Québec. Je suis ravi de voir maintenant que l’existence de ce club privé fait maintenant les manchettes grâce à la Commission Charbonneau.
J’ai montré dans mon reportage vidéo François Legault, ce n’est pas du changement que François Legault avait planifié en secret la création de son nouveau parti à l’intérieur des murs du 357c en compagnie de son mentor politique, Lucien Bouchard. Ce n’est pas moi qui l’ai dit en premier, mais plutôt deux journalistes d’expérience du Globe and Mail. Les Perreaux et Rhéal Séguin écrivaient un article le 16 décembre 2011 intitulé « Sovereignty losing ground in Québec » dont je vous traduis ici les deux premiers paragraphes :
« Au début de 2010, dans un club privé exclusif du Vieux-Montréal, Lucien Bouchard rencontrait son ancienne meilleure recrue, François Legault, afin de parler politique et de la nécessité d’un nouveau parti au Québec.
Le club, qui s’appelle le 357c en raison de son adresse vieille de 200 ans sur la rue de la Commune, se qualifie comme un endroit où la pensée créative peut être menée dans le plus grand confort et la plus grande discrétion. Et cette occasion demandait la discrétion. »
J’ose croire que ces deux journalistes du Globe and Mail savent de quoi ils parlent, qu’ils ont obtenu cette information privilégiée d’une façon ou d’une autre. Pourquoi écriraient-ils une telle chose sinon ?
Dire que François Legault a avoué avoir été une fois au 357c et que c’était pour un défilé de mode. Bien sûr, il ment. Il compte sur le fait que les Québécois ne lisent pas le Globe and Mail.
Depuis quelques jours, on apprend grâce à la Commission Charbonneau que beaucoup d’élus ont fréquenté le 357c pour y tenir des réunions discrètes, sinon secrètes.
Jean-Marc Fournier, Line Beauchamp, Pierre Moreau, Tony Tomassi (et bien d’autres libéraux) ont fréquenté le club exclusif.
Cependant, ce qui est intéressant, c’est la quantité de péquistes membres du gouvernement actuel qui ont profité du luxe et de la discrétion du 357c. La première ministre Pauline Marois, le ministre de la santé Réjean Hébert, le ministre des finances Nicolas Marceau et même le ministre des relations internationales, Jean-François Lisée.
Nicolas Marceau a dit y avoir été sur l’invitation du président de la Chambre de commerce, Michel Leblanc, alors qu’il était dans l’opposition. Il ne faut pas se surprendre si le dernier budget du ministre Marceau a rassuré et a plu au milieu des affaires et aux marchés financiers. Ce n’est peut-être pas pour rien que Michel Leblanc a loué le budget Marceau le jour de sa publication. A vous de voir.
Jean-François Lisée, lui, a utilisé la technique classique pour banaliser sa fréquentation douteuse du 357c : la dérision. Sa dernière entrée de blogue a pour titre : « Mes conspirations au 357c ». Son texte vise à atténuer le sérieux de l’affaire en utilisant le sarcasme et l’humour pour ridiculiser tous ceux qui pourraient croire à un copinage quelconque. 

Dans son texte, il avoue avoir rencontré à plusieurs reprises son ami Lucien Bouchard (encore lui !), il écrit :  « Lui avocat, moi universitaire et blogueur, nous avons conspiré ensemble à deux ou trois reprises. […]Nous avons fait l’un envers l’autre un lobby insistant en faveur de tel livre qu’il faut lire, tel film qu’il ne faut pas voir, tel voyage qu’on voudrait faire ». C’est un peu trop facile comme méthode, et de cette façon, il ne répond à aucune question sérieuse sur le sujet.
Lucien Bouchard est le nom qui revient le plus souvent au sujet du 357c. Pauline Marois l’a rencontré en ces lieux, Lisée bien sûr et il ne faut pas oublier François Legault qui a planifié la création de la CAQ avec ce dernier à l’intérieur du club privé. Et selon les dires de Legault, ça s’est passé pendant un défilé de mode. T’inquiête pas, on te croit François…
Bien sûr, il est impossible de savoir ce qui se passe ou se dit vraiment au 357c, car le secret (ou la discrétion si vous préférez) est de mise. Toutefois, ça ne prend pas la tête à Papineau pour voir qu’il y a quelque chose de pas très catholique qui se passe à l’intérieur du superbe immeuble du 357 rue de la Commune. Si la CAQ a été conçue en ces lieux, qui dit que l’avenir même du Québec n’y serait pas décidé aussi ? C’est une forte probabilité qu’il ne faut pas rejeter du revers de la main.
Les membres peuvent être rassurés, la direction du 357c a décidé de changer ses règles et, dorénavant, toutes les listes d’invités aux réunions seront détruites, au grand plaisir des membres qui, cela va de soi, ne conspirent jamais.
3+5+7  15   1+5 = 6  C  3 18 club 666    ?! 

Source: Rusty CanalBlog

lundi 20 janvier 2014

Libre opinion - Chère Francine, tu resteras longtemps dans nos mémoires

Gilles Duceppe 
Ex-chef du Bloc québécois 


Photo: Parlement du Canada
Francine Lalonde


Chère Francine, on ne dit jamais assez toute notre affection aux personnes que l’on apprécie. Tu es partie, mais tu me permettras de te redire une dernière fois tout le respect et l’amitié que je te porte.

Tu nous as quittés, mais sache que ton souvenir demeure et qu’on ne t’oubliera pas de sitôt. Impossible de ne pas se rappeler une femme si distinguée, une combattante si déterminée, une personne d’une telle dignité. Et puis, comment pourrait-on oublier cette amitié que tu nous as accordée si généreusement, sans compter.

Je me souviens de cette émotion, de cette indignation qui t’étreignait, lorsque tu étais placée devant l’injustice. Indignée devant l’hypocrisie, la mesquinerie ou l’indifférence, tu l’es demeurée jusqu’à la fin, toujours dans l’élégance, avec cet humanisme sans pareil.

Tu n’as pas ménagé tes efforts pour représenter le Québec partout dans le monde. Peut-être n’ai-je jamais pris de meilleure décision que celle de te confier le dossier des Affaires étrangères pour le Bloc québécois. Tout au long de ces années, je savais qu’en t’ayant à mes côtés, nous ne serions jamais pris au dépourvu, jamais cyniques, toujours du côté de la dignité et de l’humanisme sur les questions internationales.

Tu es devenue une merveilleuse ambassadrice du Québec, maîtrisant chacun des enjeux dans ses moindres détails, tissant une toile de contacts internationaux sans équivalent dans le mouvement souverainiste. Tu étais presque devenue membre honoraire du Conseil de l’Europe. À Ottawa, tous les membres du corps diplomatique te connaissaient et peu de personnalités auront projeté une image aussi juste et positive du Québec et du mouvement souverainiste.

Tu as brillamment incarné la passion que nous avons pour le Québec, pour ce projet ambitieux d’en faire un pays. Lorsque l’heure de la bataille sonnait, tu ne donnais pas ta place, ta détermination tranquille atteignant immanquablement la cible. Pourtant, je sais pertinemment que nos adversaires politiques t’appréciaient, eux aussi. À la fin de ta carrière politique à Ottawa, tu faisais l’unanimité, autant qu’une telle chose soit possible.

Photo: Journal de Montréal
Ton dernier combat politique se sera transformé en héritage. Ce combat pour que les êtres humains que nous sommes puissent avoir le droit de mourir dans la dignité est en train de se matérialiser à l’Assemblée nationale. Par un hasard magistral, tu nous as quittés quelques heures après l’adoption du projet de loi de Véronique Hivon en commission.

Ce que je retiendrai de toi, par-dessus tout, c’est bien ce mot : dignité. Tu t’es battue toute ta vie pour que les travailleurs les plus humbles soient traités avec équité, respect et justice. Tu as d’ailleurs été la première femme à être élue au comité exécutif de la CSN, en tant que première vice-présidente. Tu fus coordonnatrice des négociations dans le secteur privé, toi qui venais du secteur public. Une femme qui dirigeait les négociations des gars de la métallurgie et des pâtes et papiers ! On peut vraiment dire que tu en as ouvert des portes pour les femmes.

Tu t’es battue pour que les citoyens des pays pauvres soient traités avec dignité. Tu t’es même battue pour que les prisonniers afghans soient traités avec dignité. Et finalement, tu t’es battue sans relâche pour que les personnes en fin de vie puissent vivre dignement jusqu’à la fin. Et tout au long de ces luttes, tu t’es toujours comportée, je le répète, avec cette grande dignité qui te caractérise.

Depuis quelques jours, la tristesse m’a envahi. Il nous faut réaliser et accepter que tu ne seras plus là, avec ton sourire et ce regard plein de vie et de passion. Avec le temps, la tristesse va s’estomper et faire place à la mémoire.

Chère Francine, je veux que tu saches que j’ai apprécié chaque minute passée à tes côtés et que tu resteras longtemps dans nos mémoires.

Salut !



Gilles Duceppe - Ex-chef du Bloc québécois

Source: Le Devoir

vendredi 10 janvier 2014

Pourquoi Dieudonné?



Christian Rioux

Paris — Qui aurait dit que 2014 commencerait ainsi ? Cela fait une semaine que tous les bulletins d’information s’ouvrent sur l’image d’un comique barbu que les Français n’avaient plus vu à la télévision depuis des années. Pour avoir de ses nouvelles, il fallait visionner des extraits de vidéos sur Internet ou fréquenter le minuscule théâtre de la Main d’or à Paris. Or, depuis que le ministre de l’Intérieur Manuel Valls a lancé son offensive tous azimuts, sa photo a fait le tour du monde. Jeudi, la presse internationale se pressait au palais de justice de Nantes où les tribunaux lui ont finalement donné raison, avant que le Conseil constitutionnel n’interdise à nouveau le spectacle. Le provocateur professionnel qu’est Dieudonné n’en espérait pas tant.

Lorsqu’il est apparu dans les années 1990, Dieudonné se voulait le représentant d’une parole décomplexée à l’égard du racisme et des difficultés de la vie des banlieues. Il riait des Juifs autant que des Arabes ou des Chinois. Je me souviens de l’avoir vu à Montréal avec son compagnon d’alors, Élie Semoun. Leur verbe rafraîchissant n’était pas feint. À partir du sketch où il personnifia un colon israélien hurlant « Isra Heil ! » (2003), Dieudonné a progressivement dérapé. Non seulement ne s’est-il pas excusé, mais il en a remis une couche. De la critique d’Israël, parfaitement légitime, il est passé à celle du sionisme puis des Juifs, qu’il associe chaque fois à l’argent et dont il voit la main invisible partout. Triste parcours d’un comédien doué enfermé dans le déni.

Au Québec, nous avons été longs à comprendre. Souvenons-nous de ses entrevues complaisantes, en 2005, avec Guy A. Lepage et Stéphan Bureau. Dès 2002, l’animateur Thierry Ardisson, lui, n’avait pourtant pas craint de demander à son ami pourquoi il prétendait que l’antisémitisme n’existait pas. En 2004, il lui faisait même subir un interrogatoire en règle. Une interview modèle que les animateurs de talk-show québécois et même quelques journalistes devraient se repasser en boucle. Au lieu de se brouiller avec un ami, la télévision québécoise a préféré peindre l’humoriste en martyr persécuté par la France.

Pourtant, à moins de défendre la thèse d’une France intrinsèquement pétainiste, le racisme n’est pas plus présent en France que dans les pays comparables. Je dis comparables, car il serait erroné de comparer la France, qui accueille essentiellement une immigration pauvre, à un pays comme le Canada qui n’accepte que les immigrants jeunes, instruits ou riches. Compte tenu de ces différences, la France n’est pas un endroit où le racisme est endémique. C’est même un pays où les mariages mixtes sont légion, signe de mixité sociale s’il en est un. Terre d’accueil des principales populations musulmanes et juives d’Europe, la France subit cependant durement les contrecoups de la guerre sans merci qui oppose les partisans d’Israël au monde arabo-musulman. Notons que la croissance récente des gestes racistes en France concerne d’abord des actes antisémites et secondairement contre des musulmans.

Comme beaucoup d’humoristes, Dieudonné table plus généralement sur le rejet des institutions et du monde politique. Il ne faut pourtant pas exagérer sa popularité. Il y a une semaine, pour l’immense majorité des Français, la « quenelle » n’était rien d’autre qu’une spécialité gastronomique lyonnaise au goût un peu fade.

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Quelle mouche a donc piqué Manuel Valls pour faire interdire ses spectacles en dépit de toute la jurisprudence ? Dieudonné n’est plus un artiste, prétend le ministre. La belle affaire ! On n’a jamais interdit les assemblées de Jean-Marie Le Pen, pourtant condamné pour propos antisémites et négation de crime contre l’humanité.

L’explication est peut-être ailleurs. À l’approche d’élections municipales et européennes qui s’annoncent catastrophiques, les socialistes n’ont eu de cesse de monter en épingle chaque petit incident raciste ou extrémiste. Alors que la croissance se fait attendre, François Hollande n’a pas le choix de donner quelques os à ronger à sa gauche. Il n’avait pas fallu 24 heures à Manuel Valls pour monter au créneau lorsque, le 6 juin dernier, le militant d’extrême gauche Clément Méric était décédé dans des circonstances nébuleuses après une altercation avec un militant d’extrême droite. En novembre, le premier secrétaire du Parti socialiste Harlem Désir avait aussi poussé de hauts cris en déterrant une vidéo passée inaperçue sur Internet où deux enfants brandissaient une pelure de banane sur le passage de la ministre Christiane Taubira. Des semaines plus tard, on ne connaît toujours pas l’identité de ces enfants, leurs motivations et s’ils ont été instrumentalisés par des manifestants contre le mariage gai.

Ces incidents n’ont pas été inventés, mais ils seraient demeurés isolés n’eût été l’intention de certains socialistes de poser en seuls gardiens de la démocratie face à la montée d’une extrême droite providentielle. Il s’agit de ressusciter la vieille stratégie, d’ailleurs payante, utilisée à l’époque par François Mitterrand contre le Front national. Quitte à créer un climat délétère et à faire la publicité d’un comique qui faisait pourtant de moins en moins rire.

Source: Le Devoir

samedi 4 janvier 2014

De la cage à la marmite à homards




IDENTITÉ, CHARTES ET SOUVERAINETÉ

Louis Lapointe 
Vigile.net
vendredi 3 janvier 2014 

Comme la plupart des lecteurs de Vigile j’ai écouté cette entrevue accordée par Roger Tassé dans les derniers jours de l’année 2013. http://rc.ca/1lrp76S
J’avoue ne pas avoir été étonné par ses propos qui n’ont fait que confirmer mes doutes.*

Une charte de la laïcité pourrait très bien se justifier dans une société libre et démocratique.

La Cour Suprême du Canada pourrait même avaliser l’interdiction du port de signes ostentatoires pour les employés de l’État pendant les heures de travail si cette interdiction était bien circonscrite.

Nous sommes très loin de cette Charte qui bafoue les droits de la personne ou de la bougie d’allumage de l’indépendance du Québec.

En fait, selon Roger Tassé, la Charte de la laïcité se marierait très bien avec laCharte canadienne des droits.

D’un côté, les tribunaux pourraient en reconnaître la validité (article 1).

De l’autre, le gouvernement pourrait se soustraire à son application en recourant à la clause dérogatoire (article 33).

Au milieu, les tenants du multiculturalisme (article 27) comme ceux de l’égalité homme/femme (article 28) pourraient recourir à un article de la charte canadienne pour défendre leur point de vue.

Il y en a pour tout le monde dans ce débat, sauf pour les indépendantistes québécois.

Car notre combat n’est pas celui de l’identité québécoise.

Il est celui de la souveraineté du Québec.

Rappelons-nous, la charte canadienne nous a été imposée sans notre consentement en 1982.

Elle est un déni de la souveraineté de notre Assemblée nationale.
Rappelons-nous également que la Cour Suprême, dont tous les juges sont nommés par le bureau du premier ministre du Canada, aura à trancher ce débat entre les tenants et les opposants à la Charte de la laïcité.

Voilà pourquoi il ne faut pas conclure que Me Roger Tassé est du côté de Pauline Marois et de la Charte de la laïcité.

En fait, il défend la légalité de la Charte canadienne des droits et son discours vise simplement à démontrer que même si cette charte n’est pas légitime, elle peut être juste à l’égard du Québec, alors que nous savons tous qu’elle est un affront à notre souveraineté.

Dans cette perspective, si la Cour Suprême donne raison aux tenants de la Charte de la laïcité, cela rendra-t-il la Charte canadienne des droits davantage légitime aux yeux d’une majorité de Québécois ?

De la cage où elle nous enfermait, en raison du discours que tiennent tous ceux qui confondent identité et souveraineté, la Charte canadienne des droits deviendrait une véritable marmite à homards pour tous les Québécois.

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