« Un peuple qui élit des corrompus, des renégats, des imposteurs, des voleurs et des traîtres n’est pas victime ! Il est complice ». Georges Orwell


lundi 9 janvier 2017

2017 : le Canada, phare du monde postnational

 
Peut-être que les Québécois devraient massivement quitter le pays pour y revenir… cette fois avec des droits ?
André Archimbaud
Il fait bon vivre au Canada, et son Premier ministre, Justin Trudeau, en est l’incarnation sincère.
Lors des rencontres de Davos, il y a un an, Justin Trudeau affirmait que « la diversité est le moteur de l’innovation » (Financial Post, 20 janvier 2016).
Immédiate approbation de George Soros (« Je l’aime ! ») comme celle de l’Américain Jeff Jarvis, promoteur mondial du mouvement Open Web : « Justin Trudeau incarne le flambeau de l’optimisme dans cette classe politique qui joue à Bourriquet. »
Approbation, également, de la part de Charles Foran, le PDG de l’Institute for Canadian Citizenship qui finance plusieurs programmes d’inclusion des néo-Canadiens. Foran vient ainsi de publier un symptomatique papier dans le Guardian du 4 janvier (Expérience canadienne : avènement du premier pays post-national au monde ?), affirmant : « La diversité est le carburant, et non le frein, de la prospérité… considérations pratiques à part, les Canadiens, et de loin, ont une prédisposition à l’ouverture considérée par d’autres comme ahurissante, voire dangereuse. » Foran précise : « Le Premier ministre Justin Trudeau a ainsi structuré sa position (dans son interview au New York Magazine) en déclarant que le Canada est le premier état “postnational”, précisant qu’il n’y a pas de noyau identitaire canadien, ni de courant dominant canadien. »
C’est dans cette perspective que l’Institute for Canadian Citizenship travaille à son « Projet 2030 », année où 100 % de la croissance démographique viendra de l’immigration. On est loin de l’époque de Trudeau père (Pierre Elliott), qui « imposa » le bilinguisme étatique aux anglophones afin de consacrer la notion des « deux peuples fondateurs » du pays… avant d’introduire le multiculturalisme.
Le pays va fêter ses 150 ans cette année.
Ce qui provoque un autre son de cloche, en provenance du Québec. Dans sa chronique sur l’événement parue au Journal de Montréal le 4 janvier (2017 : année de propagande), l’essayiste Mathieu Bock-Côté ne donne pas dans l’irénisme : « Nous y sommes… on voudra nous faire gober ce bobard exceptionnel : que le Canada illuminerait la planète. Il représenterait la prochaine étoile dans l’histoire de l’humanité. Avec son multiculturalisme joyeux et ses accommodements pseudo-raisonnables. » Bock-Côté rappelle ensuite que l’on vend aux Québécois un pays qui n’est pas le leur : « Notre histoire comme nation ne commence pas en 1867, mais en 1608 avec la fondation de Québec. Nos vraies origines sont en Nouvelle-France. » Une Nouvelle-France meurtrie par le traité de Paris en 1763 : « Nous sommes alors arrachés à la France, notre mère-patrie… »
Et l’assimilation, dans tout cela ? Réponse : « Il s’agit, aujourd’hui, de convaincre les Québécois qu’ils ne sont pas une nation à part entière. Qu’ils sont Canadiens d’abord et avant tout. Faut-il rappeler qu’en 1982, on nous a exclus de la Constitution ? Et qu’en 1990, on a refusé de nous reconnaître comme une simple société distincte ? Faut-il rappeler que le multiculturalisme canadien fait de nous non pas un peuple fondateur, mais une communauté parmi toutes les autres issues de l’immigration ? Faut-il rappeler que le Canada fragilise le français au Québec et favorise l’anglicisation des immigrants ? En 2017, les Québécois ne devraient pas avoir le cœur à la fête. Ce n’est pas la leur. »
Peut-être que les Québécois devraient massivement quitter le pays pour y revenir… cette fois avec des droits ?
Source: Boulevard Voltaire

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