« Un peuple qui élit des corrompus, des renégats, des imposteurs, des voleurs et des traîtres n’est pas victime ! Il est complice ». Georges Orwell


vendredi 26 septembre 2014

Cacouna: Mario Beaulieu jette les gants [vidéo]

Projet d'oléoduc et de port pétrolier Énergie-Est


Mario Beaulieu, président du Bloc québécois, est grimpé sur le promontoire rocheux de Cacouna pour exprimer sa farouche opposition au projet de port pétrolier de TransCanada.
PHOTO: NICOLAS FALCIMAIGNE
CACOUNA — 
«Tout le projet de pipeline Énergie-Est est désavantageux pour le Québec, économiquement et environnementalement.»Mario Beaulieu, président du Bloc québécois, est monté sur le rocher de Cacouna pour observer les travaux de forage de TransCanada, en vue de l'installation d'un port pétrolier. Ce faisant, le nouveau chef réaffirme l'orientation prise par son parti à Rimouski ce printemps, à l'effet que le Bloc «prenne la tête de l’opposition au développement de l’industrie pétrolière».
Le nouveau chef du Bloc québécois a tenu à gravir le sentier de randonnée jusqu'au sommet du promontoire rocheux qui surplombe le port de Gros-Cacouna, où TransCanada entend construire un terminal pétrolier destiné à l'exportation du pétrole albertain. «Pour l'environnement, c'est un projet qui est complètement invraisemblable, s'enflamme Mario Beaulieu en pointant les barges de forage installées dans le fleuve en contrebas. Ici, c'est une pouponnière de bélugas, un écosystème extrêmement riche et fragile, alors c'est le pire endroit où on pourrait installer un port pétrolier.»



«Tout déversement ici serait catastrophique, entraînerait des coûts énormes simplement pour décontaminer, insiste-t-il, en ajoutant que l'intérêt économique n'y est pas. On nous dit que 200 emplois seront créés, mais ça va occasionner des pertes d'emplois dans les secteurs touristiques, pour ceux qui travaillent dans le Parc marin, dans le secteur agricole. L'économie du Québec est basée sur l'énergie renouvelable, l'avenir, alors que l'économie du Canada est basée sur le pétrole et l'industrie automobile.»

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C'est aussi l'avis de l'ancien premier ministre Jacques Parizeau, qui s'exprimait en fin de semaine dans le cadre du congrès destiNation: Nouvelles idées. Nouveau départ«Les intérêts du Canada et les intérêts du Québec sont totalement opposés, a-t-il illustré, précisant que le transport et les voies navigables sont de compétence fédérale. Voulez-vous bien me dire ce que ça représente comme intérêt économique, pour les Québécois, le tuyau qui va aller au port de chargement de pétrole à Gros-Cacouna? Une poignée d'emplois, presque rien. C'est tout automatisé maintenant. Il n'y a pas d'emplois là-dedans, il n'y a aucun intérêt. On n'a pas d'intérêt économique, et on prend tous les risques écologiques. C'est absurde.»

mercredi 10 septembre 2014

Lettre de Jean-Martin Aussant: Si j'étais militant péquiste


mercredi 10 septembre


Où que je sois, je garde un œil quotidien sur l’actualité québécoise. J’observe cette pré-course au PQ en me demandant si la suite des choses amènera un certain retour aux sources ou la disparition pure et simple de ce qui a déjà été quelque chose comme un grand parti.
Si j’étais militant péquiste, je chercherais minimalement les attributs suivants chez le prochain primus inter pares :
- Engagement de tenir un congrès de refondation auquel les souverainistes, tous partis confondus, seraient invités. Non pas un congrès du PQ ouvert à tous, mais bien un congrès de refondation duquel naîtrait un nouveau grand parti souverainiste avec des gens de tous les horizons et toutes les ressources regroupées en son sein. Parce que la majorité nécessaire au projet ne se trouvera jamais dans l’un ou l’autre des sous-groupes (gauche, droite, jeunes, vieux) mais seulement dans l’ensemble.
- Engagement de faire en sorte que le Québec perçoive tous les impôts payés sur son territoire, soit un rapport d’impôt unique. Parce que le Québec est le seul au Canada à en avoir deux, entrainant des dédoublements administratifs se chiffrant en centaines de millions de dollars chaque année. Souverainiste ou fédéraliste, la situation actuelle ne peut être souhaitée par qui que ce soit.
- Engagement d’utiliser les sommes annuelles ainsi épargnées pour instaurer, de la petite enfance au doctorat, la gratuité scolaire balisée. Parce qu’on peut expliquer aux romantiques que c’est la meilleure façon d’avoir une société plus responsable et équitable, et aux homo economicus que c’est la meilleure façon d’avoir une société plus riche et productive. La santé passe par l’éducation. Des finances publiques saines passent par l’éducation. La protection de l’environnement passe par l’éducation. La paix sociale passe par l’éducation. De bons élus aussi.
- Engagement de procéder à une réforme du mode de scrutin pour y ajouter une composante de proportionnalité. Parce le système actuel ne respecte pas le vote populaire dans l’allocation des sièges. Il faudra un jour se soucier de faire passer un principe démocratique de base comme la représentativité avant la volonté détestable de bénéficier d’une alternance qui a trop étouffé l’imagination, détourné la recherche de l’intérêt collectif et neutralisé le renouveau politique.
Si j’étais militant péquiste, je souhaiterais aussi qu’on ne redonne pas au même équipage le Costa Concordia. Les naufrageurs « entourageux » seront toujours bienvenus comme passagers, mais pas trop près de la cabine du capitaine.
Je m’inquiéterais certainement qu’on propose de repousser l’audace à un deuxième mandat alors qu’elle n’aura jamais autant de traction qu’en arrivant au pouvoir. Retarder l’audace, c’est ne pas en avoir. Reporter une urgence, c’est ne pas la reconnaitre. Je crois fermement que les convictions assumées peuvent encore faire gagner des élections.
Il y a certes un niveau de difficulté beaucoup plus élevé à vouloir convaincre qu’à simplement identifier ce que les gens veulent entendre a priori. Dans le premier cas, c’est du leadership. Dans le deuxième, c’est avouer tristement qu’un robot-sondeur pourrait être le plus grand des chefs.
Si j’étais militant péquiste, au fond, je voudrais simplement du vrai leadership. Y en aura-t-il ?
***
Ses quatre engagements m'ont l'air d'un plan de campagne.  À la chefferie ... s'entend. 

dimanche 7 septembre 2014

Le poids des mots

Harper ou la grenouille qui veut se faire plus grosse que le boeuf


mercredi 3 septembre


Lorsqu’il est question du président Vladimir Poutine et des coups de boutoir russes en Ukraine, le premier ministre Stephen Harper aime durcir le ton. « Gestes agressifs, militaristes et impérialistes », « menace significative à la paix et à la stabilité mondiale », menace comme on n’en a « jamais vu depuis la fin de la guerre froide ».
Citant les sanctions imposées et l’aide apportée à l’Ukraine, le ministre des Affaires étrangères, John Baird, tient à répéter qu’« aucun autre gouvernement ne s’est opposé avec plus de force et plus vigoureusement à l’agression russe en Ukraine » que celui du Canada.
Les deux hommes aiment se présenter comme les héritiers de cette tradition canadienne qui veut qu’en situation de crise grave, il n’y ait pas place pour les louvoiements. Le Canada a ainsi répondu présent pour combattre les « grandes menaces contre l’humanité » comme le militarisme, le fascisme, le communisme et le terrorisme, énumérait M. Harper en mai dernier. « Autrement dit, les Canadiens ont toujours été prêts à porter leur part du fardeau afin de défendre notre liberté et les valeurs que nous partageons avec nos frères et soeurs humains »,ajoutait-il.
Or, le ministre Baird n’a pas hésité à comparer l’invasion de la Crimée, en mars dernier, à celle d’une partie de l’ancienne Tchécoslovaquie par les forces hitlériennes en 1938.
Dans ce contexte, le sommet de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN), qui se tiendra en Grande-Bretagne jeudi et vendredi, peut représenter un double test pour le gouvernement Harper. La hausse des budgets de défense des 28 pays membres sera remise sur la table, la Grande-Bretagne et les États-Unis étant toujours les seuls à respecter l’objectif de 2 % du PIB (le Canada dépense environ l’équivalent d’environ 1 % de son PIB).
Plus chaud encore seront le dossier ukrainien et le  de « quelques milliers d’hommes », que pousse avec énergie le secrétaire général de l’OTAN, Anders Fogh Rasmussen, dans le but de calmer les ardeurs de la Russie.
Cette proposition a pris une importance accrue depuis la confirmation de la présence de troupes russes sur le territoire ukrainien. Le président ukrainien, Petro Porochenko, parle maintenant du danger de vivre une « grande guerre » comme l’Europe n’en a plus vu depuis la Deuxième Guerre mondiale.
Rien pour calmer les esprits, le président russe, Vladimir Poutine, est allé évoquer la nécessité de discuter d’un « statut étatique » pour l’est de l’Ukraine, dans les régions contrôlées par les rebelles. De plus, Moscou a fait savoir qu’il réviserait sa doctrine militaire si l’OTAN allait de l’avant avec cette force d’intervention rapide basée à sa porte.
L’OTAN a déjà une force d’intervention rapide de 13 000 hommes, mais ce qui est sur la table à ce sommet est la création d’une force expéditionnaire pouvant être déployée en 48 heures dans les pays de l’Europe de l’Est qui sont membres de l’Alliance et qui craignent que le conflit ne déborde chez eux.
On ignore quelle réponse le premier ministre Stephen Harper compte donner à cette requête. En avril, il avait accepté un premier appel pour rassurer les pays limitrophes. Depuis, quatre CF-18 patrouillent au-dessus des pays baltes, environ 500 soldats sont sur le terrain et un navire sillonne la mer Noire.
Mais est-il prêt à en faire plus pour soutenir l’OTAN et surtout à s’engager dans une mission dont il ne connaît pas la fin et qui pourrait être coûteuse ?
Dans le communiqué que son bureau a diffusé pour annoncer son voyage, on se contente de dire qu’au sommet, « le premier ministre insistera sur l’engagement inébranlable du Canada envers l’Alliance et sur la nécessité de réagir avec vigueur et de manière coordonnée aux efforts russes visant à déstabiliser l’Ukraine, à en miner la souveraineté et l’intégrité territoriale ».
Il n’est pas plus loquace sur la question des dépenses, bien qu’il serait étonnant que le Canada accepte de les augmenter. À son arrivée au pouvoir, ce gouvernement a accru les budgets de la Défense pour ensuite ralentir le pas. De 2011 à 2015, ils devraient diminuer de 2,7 milliards. Le dernier budget annonçait par ailleurs un report de plusieurs projets d’achat d’équipement.
Pour ce qui est de la force d’intervention rapide, il semblerait qu’il ait manifesté de l’intérêt, écrit le Financial Times. Difficile de faire autrement. M. Harper a parlé haut et fort jusqu’à présent, au grand plaisir de la communauté canado-ukrainienne. Sa réponse nous dira s’il cherchait avant tout des votes ou s’il y croit assez pour passer des gestes à la parole. (Ce qui ne le dispense pas de demander l’avis du Parlement et, par ricochet, des Canadiens puisque participer à cette brigade peut mener, si les choses dégénèrent, à des combats et possiblement des morts.)
Se tenir à l’écart enverrait une image d’incohérence en matière de politique étrangère qu’il préfère attribuer à ses adversaires. Plonger risquerait en revanche de faire gonfler la facture militaire et de mettre en péril l’atteinte de l’équilibre budgétaire dès 2015, année électorale.
***

Je cite madame Cornellier : " Le président ukrainien, Petro Porochenko, parle maintenant du danger de vivre une « grande guerre » comme l’Europe n’en a plus vu depuis la Deuxième Guerre mondiale."

Ce pourrait-il que le président ukrainien,  Petro Porochenko, soit aussi sinon plus menteur que ses maïtres à  penser? 

jeudi 21 août 2014

Lucien Bouchard: De «souverainiste déprimé» à éteignoir de peuple !

Photo: Graham Hughes La Presse canadienneDans le documentaire Nation. Huis clos avec Lucien Bouchard, l’ancien chef se confie sur l’ingratitude de la vie politique.


Diane Gélinas - Abonnée
21 août 2014 01 h 55Commentaire
Lucien, prénom de lumière, comment a-t-il pu se muter en éteignoir de son peuple?


Je cite : « Quand vous envoyez à Ottawa 30, 40, 50 députés, comme on le faisait autrefois, il y a de fortes chances que des poids lourds [ne soient pas] au cabinet,» (...) «Quand on est autour d’une table tout le monde, si vous êtes là, vous allez en arracher pour le Québec. »

RAPPEL : Lors du rapatriement de la constitution en 1982, il y avait 74 députés libéraux autour de la table... Depuis, c'est le Québec qui «en arrache» !

Vous y étiez, Monsieur, «à la table de tout le monde», ministre de Mulroney, alors que les conservateurs tentèrent de convaincre le Canada que le Québec devait adhérer à la constitution «dans l'honneur et l'enthousiasme»...
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Je cite : «La présence du Bloc québécois à Ottawa ne fait que diluer le pouvoir politique du Québec...» ...« celui qui a fondé le Bloc en 1991, ne se gêne pas pour réitérer que ce parti ne devait être qu’un «one shot» en vue du référendum.»

Pourtant en fondant le BQ, considériez-vous que vous faisiez cette démarche pour «diluer le pouvoir politique du Québec»? Voyons donc !

«Votre» Bloc québécois a évolué et réfléchit à son rôle à Ottawa, entre autre en :
– actualisant l’indépendance pour les plus jeunes, les indécis, les néo-Québécois;
– préparant le peuple du Québec à bâtir ensemble le pays de l’avenir;
– soulignant les désavantages de vivre en «éternels minoritaires» au Canada;
– signalant les innombrables accrocs à la démocratie de ce gouvernement;

«Quoi qu'on dise et quoi qu'on fasse», le Québec est en marche vers sa liberté et le Bloc doit mériter une deuxième chance pour y prendre une part active. En menant bien sa barque, il favorisera la réunion des forces indépendantistes au Québec.

Député-e du Bloc Québécois = une voix du Québec vers Ottawa !
Député-e PCC, PLC ou NPD = une voix d'Ottawa vers le Québec.
Ex. Pont Champlain, Assurance-Emploi, Pipelines, Postes Canada

L'article du Devoir au complet  Bête politique malgré lui

EN HUIS CLOS AVEC LUCIEN BOUCHARD
Documentaire sur Télé-Québec, 21 h, lundi 25 août

vendredi 1 août 2014

Glissons-nous vers la «démocrature»?

Photo Clément Allard (La Presse canadienne

Lise Payette
Le Devoir

Je dédie cette chronique à la mémoire de Félix Leclerc, qui aurait eu 100 ans demain, le 2 août, en souvenir de son Alouette en colère.

La démocrature… Le mot est assez étrange. Il serait issu de l’union de « démocratie » et de « dictature », parce que, mine de rien, plein de pays dans le monde sont aux prises avec des chefs d’État qui jouent des deux instruments à la fois pour tenir leur peuple dans la soumission, la peur et l’ignorance, lesquelles sont les ingrédients essentiels pour assurer leur pouvoir. Comment font-ils ? La recette est facile.

Les démocrateurs tiennent des élections dites libres, histoire d’avoir l’air d’être en règle et surtout parfaitement démocrates. Ils s’assurent toujours de les gagner, qu’importent les moyens. C’est essentiel pour être reconnu à l’international. Ils sont tous devenus maîtres des « spéciaux clés en main ». Une fois que les bulletins de vote ont été comptés en leur faveur, ils assurent une dictature mur à mur, basée le plus souvent sur les mauvais traitements et la misère du peuple. Les dictateurs élus s’assurent d’être irremplaçables, mais ils préparent la relève, souvent dans la famille immédiate, histoire de mettre au monde une dynastie qui régnera pendant des siècles et des siècles. Du moins, l’espèrent-ils.

Les pays qui s’identifient comme démocrates sont nombreux. On n’y insiste pas trop sur la partie « dictature ». Le pourquoi est assez évident. Parmi ces pays qui se gargarisent du mot « démocratie », il y en a des très grands et très populeux et des très petits, dont tous les dirigeants sont habituellement infiniment riches. Ils ont l’habitude de faire à leur tête, quel que soit l’effet de leurs décisions sur le bon peuple, qui attend la prochaine élection pour leur apporter la délivrance. Déjà, vous avez quelques noms qui vous viennent à l’esprit. Vous pourriez même faire une liste.

Bien sûr, je ne parle pas du Canada, ce « plus meilleur pays du monde ». Quoique, depuis l’arrivée de Stephen Harper au pouvoir, on sent bien son gouvernement glisser doucement vers autre chose que la démocratie à laquelle nous serions en droit de nous attendre. Il nous aura fallu toutes ces années de pouvoir conservateur pour se rendre compte à quel point le Québec n’a rien en commun avec ces dirigeants qui ont l’air de venir d’une autre planète, tellement leurs décisions nous paraissent étrangères.

Stephen Harper mène sa barque comme un dictateur. M. Harper et son gouvernement majoritaire n’en font qu’à leur tête. Ils nous imposent des lois qui sont loin de répondre aux attentes que nous avons, car il a doucement supprimé des valeurs qui nous étaient essentielles, sans même se soucier des réactions négatives qui pouvaient en découler.

Des exemples ? Les armes à feu. Ça vous dit quelque chose ? Tout ce combat mené par les femmes de ce pays après les meurtres de l’École polytechnique, dans l’espoir de voir cesser la violence criminelle envers les femmes. Tout ce travail des femmes vient d’être mis à la poubelle. M. Harper a choisi de donner satisfaction au lobby des armes à feu plutôt que d’honorer la parole d’autres premiers ministres avant lui.

Il n’attaque pas de front mais le fait sournoisement en passant par-dessus toutes les ententes qui accordent un peu de pouvoir aux provinces dans tous les dossiers. C’est le cas pour le pont Champlain, pour la centralisation des marchés boursiers, pour son envie de se donner plus de pouvoir sur le système de santé, sur l’éducation et sur la Cour suprême. Il étire son sens de l’éthique au maximum par ses nominations au Sénat, par son étonnante sélection de juges à la Cour suprême, par ses déclarations incendiaires au sujet des conflits qui sévissent dans le monde. Il aime les guerres et les armements de guerre. Il ne s’en cache même pas.

Il y a quelques jours, en plus, nous avons appris qu’il avait récupéré un prix hommage, destiné à des bénévoles qui le méritent et qui portait le nom de Mme Thérèse Casgrain. Ce prix, depuis 2010, s’appelle le Prix du premier ministre. Quelle mesquinerie. Thérèse Casgrain a été une inspiration pour beaucoup de femmes québécoises et canadiennes. Chef du NPD Québec, elle a été la première femme à occuper un tel poste. Thérèse Casgrain aura toujours droit à notre admiration et à notre reconnaissance pour sa longue lutte pour les droits des femmes. Quel mépris de la part d’un premier ministre. Quel manque de respect. Stephen Harper devra faire face à des élections en 2015. Peut-être pensez-vous qu’il est temps de cesser de rigoler ? Il faut y penser dès maintenant, car le choix sera difficile. Le menu de candidatures sera assez limité. Vous allez voter pour qui ? Parce que voter n’importe comment, c’est jouer avec le feu. La démocrature est si vite arrivée.

jeudi 31 juillet 2014

Lise Thibault dit avoir signé son propre «arrêt de mort»

Une vice-reine traînée en procès: 
jamais je n'aurais cru voir ça de mon vivant ... May 


Garnotte, Le DevoirLise Thibault soutient qu’elle devait se lever à 2h00 du matin pour avancer dans ses journées et ne pas prendre de retard.


Lise Thibault estime qu’elle a signé son propre « arrêt de mort » avec le décret autorisant une enquête sur son administration.

À son procès pour fraude et abus de confiance mercredi, au palais de justice de Québec, l’ancienne lieutenante-gouverneure est revenue sur les circonstances de sa chute en 2007. Au cours de l’interrogatoire mené par son avocat, Marc Labelle, elle a d’abord rappelé que c’était elle qui avait demandé une vérification sur la gestion de son cabinet, au beau milieu d’une controverse médiatique sur ses dépenses. Elle avait adressé une lettre à la vérificatrice générale de l’époque au fédéral, Sheila Fraser, et au premier ministre Jean Charest.

« Pauvre M. Charest »

Selon ses mots, elle voulait ainsi notamment soutenir « son » premier ministre, qui s’apprêtait à déclencher des élections — qui ont finalement eu lieu au printemps 2007. Or, quand le décret instituant l’enquête est arrivé pour qu’elle le sanctionne, quelle ne fut pas sa surprise de constater que l’enquête ne s’étendait pas sur une seule année, comme elle le voulait, mais sur sept années de son mandat.

Elle ne voulait toutefois pas accabler M. Charest quant au libellé du décret, puisqu’il avait bien d’autres soucis — « Pauvre M. Charest », a-t-elle résumé. Alors, elle s’est résignée et s’est fait une raison. « Entre sept ans et un an, j’ai toujours été la même. Cela a été mon arrêt de mort », a-t-elle toutefois conclu.

Par ailleurs, l’ancienne lieutenante-gouverneure Lise Thibault a soutenu qu’elle avait des journées trop remplies pour prendre le temps de scruter attentivement les notes de frais qu’on lui présentait pour signature. Elle a fait montre d’une mémoire encyclopédique en ce qui concerne les inscriptions à son agenda de l’époque, les noms des organismes et des personnalités, mais n’accordait donc aucune attention au libellé des factures.

Mme Thibault a répété qu’elle ne faisait aucun suivi des procédures de facturation de ses dépenses au fédéral. Elle a de nouveau reproché à l’administrateur de son cabinet, André Labrecque, son incurie : « Ce n’était pas un administrateur. »

Quand Me Labelle lui a demandé si elle faisait autre chose que de simplement signer les formulaires de facturation présentés par M. Labrecque, elle a répondu : « Non, absolument pas, mes journées étaient tellement remplies. »

Lise Thibault soutient qu’elle devait parfois se réveiller à 2 h du matin pour avancer dans ses journées et ne pas prendre de retard. « Pour moi, tout était une fonction officielle », a-t-elle répété pour justifier ses dépenses et son emploi du temps chargé.

Visites officielles

Même un arrêt dans une succursale d’une chaîne de restauration rapide le long d’une autoroute devenait prétexte à une visite officielle. « Pour le citoyen qui se levait pour me serrer la main, ce n’était pas un citoyen ordinaire, c’était le lieutenant-gouverneur, c’était officiel. »

Elle ne faisait rien comme un citoyen ordinaire, a-t-elle insisté, pas même la lecture de la presse, qu’on doit scruter différemment quand on a des responsabilités de lieutenant-gouverneur, selon elle. Elle se targue d’avoir chaque jour parcouru huit quotidiens, ainsi que des magazines internationaux et nationaux importants.

« À 8 h, je devais avoir lu trois journaux, pas comme un citoyen ordinaire, mais comme un chef d’État. »

Source: Le Devoir

lundi 14 juillet 2014

#CHRONIQUEFD Trop!

Amazon.com

Fabien Deglise
Le Devoir


Dans une écologie francophone du livre où apparaissent chaque jour 100 nouveaux titres — c’est presque 600 par semaine si l’on considère la pause du dimanche ! —, débarquer avec un bouquin intitulé Trop (éditions de la Différence) relève forcément de la provocation.

Le romancier français Jean-Louis Fournier, habile sculpteur de phrases, fin assembleur de mots, assume de toute évidence le geste en s’avançant avec ce nouveau titre imaginé, après La servante du seigneur (Stock), pour dénoncer, avec verve, ce mal très contemporain de l’abondance et surtout les nombreuses dérives vers lesquelles ce trop nous conduit. Après tout, devant l’embarras du choix, c’est surtout l’embarras qui l’emporte sur le choix, avec à la clef cette valse-hésitation, ce doute qui nourrit l’inertie, le louvoiement, la stagnation et, finalement, nuit à l’avancement, l’audace et aux mutations.

Trop de savon dans les épiceries, trop de brosses à dents, trop de culture, trop de beauté, trop d’infos, trop d’écrivains, même, écrit-il… À trop cultiver le trop, l’humanité ne serait-elle pas en train de courir à sa perte ? En nanti Parisien qu’il est, se plaignant la bouche plus que pleine, Fournier le croit, et il est difficile de lui donner tort lorsqu’on sort un instant de la densité de la forêt pour prendre conscience du nombre d’arbres, et surtout pour regarder un peu mieux ce qui se passe autour de nous.

Prenez Montréal en ce moment,

mardi 1 juillet 2014

Laïcité : il est temps de se ressaisir !

Il y a urgence ! Les politiques se sont trop longtemps défaussés sur les juges, comme le montre l'interminable feuilleton Baby-Loup, désormais entre les mains de la justice européenne. "Marianne" publie un appel d'intellectuels, de politiques et d'acteurs de la société civile. Pour renouer avec la tradition républicaine et en finir avec trente ans de démissions. Un appel que vous pouvez vous aussi signer sur la plateforme Change.org.



Hommes et femmes d'horizons philosophiques, politiques et professionnels différents, nous sommes inquiets de voir à quel point, face à l'action engagée par diverses mouvances religieuses et politico-religieuses pour attenter à la laïcité républicaine, la réponse politique demeure faible. Pour notre part, récusant autant ceux qui exploitent la défiance générale pour accentuer la fracture sociale et identitaire, que ceux qui rejettent toute analyse critique du multiculturalisme dans le camp des « réactionnaires » ou des « intolérants », notre démarche vise à défendre et faire vivre la laïcité sans blesser mais dans la clarté et la fermeté, à trouver des solutions sans heurter mais sans faillir.

La laïcité — qui refuse les aspects politiques des religions et laisse à ces dernières toute liberté dans la vie sociale sous régime de droit commun — est globalement vécue dans notre pays comme une « tradition moderne », ce qui est parfois difficile à décrypter pour ceux venus d'ailleurs. Or aujourd'hui, la laïcité comme principe politique, code de vie collective et force morale, est remise en question par divers mouvances et groupes religieux qui rejettent « la démocratie des mécréants », la suprématie du droit civil sur les textes, à leurs yeux sacrés, avec un usage maîtrisé des radios communautaires et d'internet. Dans cet espace ainsi ouvert se rejoignent radicaux et orthodoxes issus des trois religions monothéistes pour exploiter à leur profit la crise ambiante, remettant notamment en cause les acquis du long combat pour l’égalité des sexes que l’on croyait clos et qui, à notre grande surprise, est à reprendre.

Notre propos n'est pas de nier l'existence d'une diversité ethnique, religieuse, culturelle ou autres, encore moins de réfuter le droit d'appartenir à telle ou telle communauté à la condition, toutefois, que celle-ci ne verse pas dans le communautarisme et reste ouverte sur l'extérieur, qu'elle facilite le va-et-vient en pensées et en individus entre le dedans et le dehors. Mais plus encore à la condition que, sachant indivisible notre République de citoyens, chacun se reconnaisse dans un fonds commun en histoire, en droits, en valeurs et en normes dont la laïcité est l’une des plus éminentes. Pour autant la laïcité n'est pas un dogme, on a le droit de manifester des opinions anti-laïques, mais on n'a aucunement le droit de transgresser les lois laïques votées par le Parlement.

Or depuis une trentaine d'années, des mouvements se développent dans notre société qui semblent aller en sens inverse, du fait d'une immersion des peuples dans la mondialisation avec perte des repères, d'une circulation accentuée de populations poussées hors de leurs pays par la misère, les révolutions et les guerres théocratiques, fondamentalistes, interethniques et nationalistes. Ont ainsi surgi des exigences en matière de rituels vestimentaires, alimentaires, cultuels ou d'expression médiatique, qui sont loin de correspondre toujours aux demandes réelles de populations hétérogènes d'un point de vue économique et identitaire. Certains pays ont expérimenté sur ce terrain une attitude permissive, comme le Canada sous le couvert d'accommodements dits raisonnables, avant de reculer face aux incohérences des revendications et au risque d'un éclatement sociétal : tribunaux rabbiniques ou islamiques, jours fériés spécifiques à chaque religion, révision multiforme des programmes scolaires, pauses pour les prières sur les lieux de travail, formation au multiculturalisme de la police et des médecins, imposition de quotas pour certains recrutements et différents concours, etc. Ces accommodements s'imposent quelquefois au niveau mondial avec, depuis peu, l'autorisation du port du voile ou du turban sur les stades.

De plus en plus en France, le flou juridique en matière de laïcité, doublé de l'indécision politique, favorise au sein de nombreuses institutions publiques et privées des « accommodements » mal vécus par une grande partie des professionnels et des usagers. Face à ces confusions — qui alimentent les extrêmes — ce sont aujourd’hui bien souvent les décisions prises par des acteurs de la société civile, sans toujours le garant de la loi, qui montrent courageusement la voie à suivre. Ce fut ainsi le cas pour la crèche Baby-Loup comme pour l'entreprise Paprec, en Seine-Saint-Denis, qui s’est dotée d’une charte de la laïcité, acceptée à l'unanimité des 800 représentants de ses 4 000 salariés, pour imposer un devoir de neutralité sur le lieu de travail où coexistent des employés de 52 nationalités.

Pour accueillir l'altérité, un pays se doit d'être solide sur ses pieds, confiant dans ses fondations, tout en étant capable, par ses structures d'accueil et en fonction de ses capacités, d'intégrer chacun sur la base de principes clairs expliqués et enseignés. Il appartient aux politiques et aux institutions de transmettre cette laïcité, qui reste par nature un formidable levier d'intégration puisqu'elle permet de rassembler tous les citoyens — et au-delà tous ceux qui vivent sur le territoire national —, quelles que soient leurs origines religieuses ou ethniques, qu’ils soient croyants ou non, sans la moindre distinction. Tous les citoyens et les responsables, quelle que soit leur sensibilité politique, sont concernés. Or nombre d'entre eux ne réagissent plus sur ce terrain, quand d'autres l'instrumentalisent d'un point de vue idéologique. Entre autres raisons, les résultats des dernières élections municipales et européennes ont durement sanctionné ce délaissement de nos valeurs par nombre de ceux qui avaient à les faire vivre. Ainsi de la laïcité. Il est grand temps de se ressaisir !

jeudi 26 juin 2014

Tragédie à Lac-Mégantic: Un an plus tard Le Lac-Mégantic de Pauline Marois

http://ici.radio-canada.ca/widgets/mediaconsole/medianet/7111260/?seektime=10.02
Exclusif - Comme pour le 11 septembre 2001, nous nous souvenons tous du lieu où nous étions et ce que nous faisions lorsque nous avons appris qu'un convoi de pétrole avait déraillé au coeur de Lac-Mégantic. À l'approche du 1er anniversaire, nous voulions savoir comment celle qui était première ministre à l'époque, Pauline Marois, a vécu cette triste page d'histoire.
Un texte de Michel Bherer, chef d'antenne au Téléjournal Estrie
Avec mon équipe, je lui ai donné rendez-vous dans le Vieux-Montréal, dans cette ville où elle était le matin du 6 juillet 2013, ce matin où la vie de 47 Méganticois s'est arrêtée et où le pays a compris qu'il venait de vivre sa pire tragédie ferroviaire.
C'est avec beaucoup de générosité et de nombreux détails qu'elle est revenue, pendant une heure, sur cette journée tragique. Du choc qu'elle a eu en ouvrant le téléviseur tôt le matin, à sa rencontre avec les sinistrés, en passant par son premier contact avec la mairesse Colette Roy-Laroche, on revit ce week-end cauchemardesque de juillet 2013 à travers les yeux de celle qui était à la tête d'un gouvernement en pleine gestion de crise.
Une Pauline Marois plus émotive
C'est une Pauline Marois plus émotive que ce à quoi elle nous a habitués qui me raconte sa rencontre avec des familles qui ont perdu un ou plusieurs êtres chers, et parfois maison, travail et amis. Elle l'avoue elle-même : ces rencontres sont les moments les plus difficiles et les plus marquants de toutes ses visites à Lac-Mégantic.
« Parce que ce sont les vraies choses. Reconstruire une bâtisse, donner de l'argent, s'assurer que les gens ont accès à un lit, à de la nourriture; ça c'est facile. [...] Mais aller voir les gens pour les consoler et puis accueillir leur peine; ça c'est plus difficile. »
— Pauline Marois
Tout au long de l'entrevue, à chaque moment où il était question de la mairesse de Lac-Mégantic, je pouvais voir les yeux de Mme Marois se remplir d'eau. Un indice que la proximité des deux politiciennes n'était pas forcée pour plaire aux caméras. Colette Roy-Laroche l'a plus qu'impressionnée.
Pas de retour sur sa défaite politique
Il s'agit de la première entrevue télévisée de Pauline Marois depuis sa défaite politique du 7 avril dernier. Pourquoi avoir accepté notre demande d'entrevue après avoir refusé toutes les autres?
Parce que nous avions convenu avec Mme Marois de ne pas revenir sur sa défaite politique, sans quoi il n'y aurait pas eu d'entrevue. Notre objectif n'était pas de faire une analyse politique avec Mme Marois, mais bel et bien de revenir sur le drame de la communauté de Lac-Mégantic. Cependant, je n'ai pu m'empêcher de prendre de ses nouvelles... à voir en fin d'entrevue.
L'entrevue: 
http://ici.radio-canada.ca/widgets/mediaconsole/medianet/7111260/?seektime=10.02

lundi 23 juin 2014

Contre la fatigue


Veille de fête nationale


Antoine Robitaille 
23 juin 2014
Le Devoir 



Le Québec est fatigué, politiquement. À un point tel qu’il aura du mal à se célébrer, même le 24 juin. La fatigue est mauvaise conseillère. Elle nous fait voir tout en noir. Cela comporte de grands risques.


Les signes de fatigue politique, nationale, sont innombrables au Québec. Le plus important est sans doute le rejet épidermique du souverainisme de la part d’une partie de l’électorat, le 7 avril. Rejet qui se double, chez plusieurs, d’un rejet global de la nation québécoise et de certains de ses fondements.  

Par exemple, que cette nation a une langue officielle, le français. Un certain discours fait florès actuellement, sur la prétendue nécessité que le Québec, comme « province », devienne au plus vite bilingue. Ce discours ne vante plus seulement les mérites et la richesse, pour un individu, de parler plus d’une langue (ce qui est indéniable). Non, il veut qu’à l’instar du Canada, le Québec se redéfinisse comme bilingue français-anglais ; bref, un recul avant la commission Gendron (1968-1973), au terme de laquelle Robert Bourassa décida de faire de la langue de Molière la seule officielle au Québec.

Indigne héritier libéral, Philippe Couillard, au débat des chefs, envoya un message totalement contraire : tout le monde devrait être bilingue, car on ne sait jamais quand un patron anglophone peut débarquer ! M. Couillard, en fin de campagne, a lui-même senti le besoin de rectifier le tir.

Son ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, demeure ambigu en ces matières : lors de l’étude des crédits, la semaine dernière, il affirmait qu’une « société [pas un individu]capable de communiquer dans les deux langues, […], c’est un atout, et tant [sic] qu’à moi, c’est pratiquement une obligation ». Heureusement, le ministre fut rassurant lorsqu’il spécifia que l’anglais intensif en 6e année serait introduit de manière souple ; et que dans certaines parties de Montréal — où l’on apprend l’anglais par osmose —, on pourrait ne pas l’implanter, la priorité demeurant la promotion du français.

Mais pour Régis Labeaume, un des problèmes les plus urgents à Québec est le manque de bilinguisme. C’est ce qu’il a affirmé récemment. Avait-il des statistiques ? Non. A-t-il, à titre de maire de Québec, compétence en la matière ? Non. Mais il était formel : « Il ne s’en fait pas assez en matière de bilinguisme à Québec. J’ai le goût de m’investir là-dedans. » La déclaration fut reprise par de nombreux médias. Ceux-ci devraient peut-être refaire cette riche expérience effectuée par un journaliste du Canada anglais il y a quelques années. Lui-même bilingue, il s’était fait passer, dans la capitale, pour un anglophone unilingue. Or il n’eut aucune espèce de difficulté à se faire servir en anglais partout où il était passé. Les gens de Québec avaient déployé leur plus bel anglais dès qu’ils l’entendaient ou alors s’empressaient de trouver un préposé capable de l’aider. En 2014, tout serait plus aisé à Québec ; les taux de bilinguisme y ont augmenté. Internet est une sorte de classe d’immersion anglaise permanente où les jeunes se font spontanément l’oreille et l’esprit à l’anglais (entendez-les lancer des « Oh my God ! »). Alors, où est le problème à Québec, Monsieur Labeaume ? On se le demande. Au fait, si Québec était moins francophone, ne serait-elle pas moins attirante pour les congressistes et les touristes étrangers qui adorent venir y goûter la « french atmosphere » ?

La fatigue politique se mue rapidement en fatigue — et même en honte — d’être soi. Elle nous masque la valeur de notre parcours, ainsi que nos mérites (nous en avons). Elle peut nous faire désirer inconsciemment ou secrètement l’effacement de notre différence. Et rappelons-nous, en ce 24 juin, le constat de Tocqueville : « Une nation fatiguée de longs débats consent volontiers qu’on la dupe, pourvu qu’on la repose. »