« Un peuple qui élit des corrompus, des renégats, des imposteurs, des voleurs et des traîtres n’est pas victime ! Il est complice ». Georges Orwell


jeudi 21 août 2014

Lucien Bouchard: De «souverainiste déprimé» à éteignoir de peuple !

Photo: Graham Hughes La Presse canadienneDans le documentaire Nation. Huis clos avec Lucien Bouchard, l’ancien chef se confie sur l’ingratitude de la vie politique.


Diane Gélinas - Abonnée
21 août 2014 01 h 55Commentaire
Lucien, prénom de lumière, comment a-t-il pu se muter en éteignoir de son peuple?


Je cite : « Quand vous envoyez à Ottawa 30, 40, 50 députés, comme on le faisait autrefois, il y a de fortes chances que des poids lourds [ne soient pas] au cabinet,» (...) «Quand on est autour d’une table tout le monde, si vous êtes là, vous allez en arracher pour le Québec. »

RAPPEL : Lors du rapatriement de la constitution en 1982, il y avait 74 députés libéraux autour de la table... Depuis, c'est le Québec qui «en arrache» !

Vous y étiez, Monsieur, «à la table de tout le monde», ministre de Mulroney, alors que les conservateurs tentèrent de convaincre le Canada que le Québec devait adhérer à la constitution «dans l'honneur et l'enthousiasme»...
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Je cite : «La présence du Bloc québécois à Ottawa ne fait que diluer le pouvoir politique du Québec...» ...« celui qui a fondé le Bloc en 1991, ne se gêne pas pour réitérer que ce parti ne devait être qu’un «one shot» en vue du référendum.»

Pourtant en fondant le BQ, considériez-vous que vous faisiez cette démarche pour «diluer le pouvoir politique du Québec»? Voyons donc !

«Votre» Bloc québécois a évolué et réfléchit à son rôle à Ottawa, entre autre en :
– actualisant l’indépendance pour les plus jeunes, les indécis, les néo-Québécois;
– préparant le peuple du Québec à bâtir ensemble le pays de l’avenir;
– soulignant les désavantages de vivre en «éternels minoritaires» au Canada;
– signalant les innombrables accrocs à la démocratie de ce gouvernement;

«Quoi qu'on dise et quoi qu'on fasse», le Québec est en marche vers sa liberté et le Bloc doit mériter une deuxième chance pour y prendre une part active. En menant bien sa barque, il favorisera la réunion des forces indépendantistes au Québec.

Député-e du Bloc Québécois = une voix du Québec vers Ottawa !
Député-e PCC, PLC ou NPD = une voix d'Ottawa vers le Québec.
Ex. Pont Champlain, Assurance-Emploi, Pipelines, Postes Canada

L'article du Devoir au complet  Bête politique malgré lui

EN HUIS CLOS AVEC LUCIEN BOUCHARD
Documentaire sur Télé-Québec, 21 h, lundi 25 août

vendredi 1 août 2014

Glissons-nous vers la «démocrature»?

Photo Clément Allard (La Presse canadienne

Lise Payette
Le Devoir

Je dédie cette chronique à la mémoire de Félix Leclerc, qui aurait eu 100 ans demain, le 2 août, en souvenir de son Alouette en colère.

La démocrature… Le mot est assez étrange. Il serait issu de l’union de « démocratie » et de « dictature », parce que, mine de rien, plein de pays dans le monde sont aux prises avec des chefs d’État qui jouent des deux instruments à la fois pour tenir leur peuple dans la soumission, la peur et l’ignorance, lesquelles sont les ingrédients essentiels pour assurer leur pouvoir. Comment font-ils ? La recette est facile.

Les démocrateurs tiennent des élections dites libres, histoire d’avoir l’air d’être en règle et surtout parfaitement démocrates. Ils s’assurent toujours de les gagner, qu’importent les moyens. C’est essentiel pour être reconnu à l’international. Ils sont tous devenus maîtres des « spéciaux clés en main ». Une fois que les bulletins de vote ont été comptés en leur faveur, ils assurent une dictature mur à mur, basée le plus souvent sur les mauvais traitements et la misère du peuple. Les dictateurs élus s’assurent d’être irremplaçables, mais ils préparent la relève, souvent dans la famille immédiate, histoire de mettre au monde une dynastie qui régnera pendant des siècles et des siècles. Du moins, l’espèrent-ils.

Les pays qui s’identifient comme démocrates sont nombreux. On n’y insiste pas trop sur la partie « dictature ». Le pourquoi est assez évident. Parmi ces pays qui se gargarisent du mot « démocratie », il y en a des très grands et très populeux et des très petits, dont tous les dirigeants sont habituellement infiniment riches. Ils ont l’habitude de faire à leur tête, quel que soit l’effet de leurs décisions sur le bon peuple, qui attend la prochaine élection pour leur apporter la délivrance. Déjà, vous avez quelques noms qui vous viennent à l’esprit. Vous pourriez même faire une liste.

Bien sûr, je ne parle pas du Canada, ce « plus meilleur pays du monde ». Quoique, depuis l’arrivée de Stephen Harper au pouvoir, on sent bien son gouvernement glisser doucement vers autre chose que la démocratie à laquelle nous serions en droit de nous attendre. Il nous aura fallu toutes ces années de pouvoir conservateur pour se rendre compte à quel point le Québec n’a rien en commun avec ces dirigeants qui ont l’air de venir d’une autre planète, tellement leurs décisions nous paraissent étrangères.

Stephen Harper mène sa barque comme un dictateur. M. Harper et son gouvernement majoritaire n’en font qu’à leur tête. Ils nous imposent des lois qui sont loin de répondre aux attentes que nous avons, car il a doucement supprimé des valeurs qui nous étaient essentielles, sans même se soucier des réactions négatives qui pouvaient en découler.

Des exemples ? Les armes à feu. Ça vous dit quelque chose ? Tout ce combat mené par les femmes de ce pays après les meurtres de l’École polytechnique, dans l’espoir de voir cesser la violence criminelle envers les femmes. Tout ce travail des femmes vient d’être mis à la poubelle. M. Harper a choisi de donner satisfaction au lobby des armes à feu plutôt que d’honorer la parole d’autres premiers ministres avant lui.

Il n’attaque pas de front mais le fait sournoisement en passant par-dessus toutes les ententes qui accordent un peu de pouvoir aux provinces dans tous les dossiers. C’est le cas pour le pont Champlain, pour la centralisation des marchés boursiers, pour son envie de se donner plus de pouvoir sur le système de santé, sur l’éducation et sur la Cour suprême. Il étire son sens de l’éthique au maximum par ses nominations au Sénat, par son étonnante sélection de juges à la Cour suprême, par ses déclarations incendiaires au sujet des conflits qui sévissent dans le monde. Il aime les guerres et les armements de guerre. Il ne s’en cache même pas.

Il y a quelques jours, en plus, nous avons appris qu’il avait récupéré un prix hommage, destiné à des bénévoles qui le méritent et qui portait le nom de Mme Thérèse Casgrain. Ce prix, depuis 2010, s’appelle le Prix du premier ministre. Quelle mesquinerie. Thérèse Casgrain a été une inspiration pour beaucoup de femmes québécoises et canadiennes. Chef du NPD Québec, elle a été la première femme à occuper un tel poste. Thérèse Casgrain aura toujours droit à notre admiration et à notre reconnaissance pour sa longue lutte pour les droits des femmes. Quel mépris de la part d’un premier ministre. Quel manque de respect. Stephen Harper devra faire face à des élections en 2015. Peut-être pensez-vous qu’il est temps de cesser de rigoler ? Il faut y penser dès maintenant, car le choix sera difficile. Le menu de candidatures sera assez limité. Vous allez voter pour qui ? Parce que voter n’importe comment, c’est jouer avec le feu. La démocrature est si vite arrivée.

jeudi 31 juillet 2014

Lise Thibault dit avoir signé son propre «arrêt de mort»

Une vice-reine traînée en procès: 
jamais je n'aurais cru voir ça de mon vivant ... May 


Garnotte, Le DevoirLise Thibault soutient qu’elle devait se lever à 2h00 du matin pour avancer dans ses journées et ne pas prendre de retard.


Lise Thibault estime qu’elle a signé son propre « arrêt de mort » avec le décret autorisant une enquête sur son administration.

À son procès pour fraude et abus de confiance mercredi, au palais de justice de Québec, l’ancienne lieutenante-gouverneure est revenue sur les circonstances de sa chute en 2007. Au cours de l’interrogatoire mené par son avocat, Marc Labelle, elle a d’abord rappelé que c’était elle qui avait demandé une vérification sur la gestion de son cabinet, au beau milieu d’une controverse médiatique sur ses dépenses. Elle avait adressé une lettre à la vérificatrice générale de l’époque au fédéral, Sheila Fraser, et au premier ministre Jean Charest.

« Pauvre M. Charest »

Selon ses mots, elle voulait ainsi notamment soutenir « son » premier ministre, qui s’apprêtait à déclencher des élections — qui ont finalement eu lieu au printemps 2007. Or, quand le décret instituant l’enquête est arrivé pour qu’elle le sanctionne, quelle ne fut pas sa surprise de constater que l’enquête ne s’étendait pas sur une seule année, comme elle le voulait, mais sur sept années de son mandat.

Elle ne voulait toutefois pas accabler M. Charest quant au libellé du décret, puisqu’il avait bien d’autres soucis — « Pauvre M. Charest », a-t-elle résumé. Alors, elle s’est résignée et s’est fait une raison. « Entre sept ans et un an, j’ai toujours été la même. Cela a été mon arrêt de mort », a-t-elle toutefois conclu.

Par ailleurs, l’ancienne lieutenante-gouverneure Lise Thibault a soutenu qu’elle avait des journées trop remplies pour prendre le temps de scruter attentivement les notes de frais qu’on lui présentait pour signature. Elle a fait montre d’une mémoire encyclopédique en ce qui concerne les inscriptions à son agenda de l’époque, les noms des organismes et des personnalités, mais n’accordait donc aucune attention au libellé des factures.

Mme Thibault a répété qu’elle ne faisait aucun suivi des procédures de facturation de ses dépenses au fédéral. Elle a de nouveau reproché à l’administrateur de son cabinet, André Labrecque, son incurie : « Ce n’était pas un administrateur. »

Quand Me Labelle lui a demandé si elle faisait autre chose que de simplement signer les formulaires de facturation présentés par M. Labrecque, elle a répondu : « Non, absolument pas, mes journées étaient tellement remplies. »

Lise Thibault soutient qu’elle devait parfois se réveiller à 2 h du matin pour avancer dans ses journées et ne pas prendre de retard. « Pour moi, tout était une fonction officielle », a-t-elle répété pour justifier ses dépenses et son emploi du temps chargé.

Visites officielles

Même un arrêt dans une succursale d’une chaîne de restauration rapide le long d’une autoroute devenait prétexte à une visite officielle. « Pour le citoyen qui se levait pour me serrer la main, ce n’était pas un citoyen ordinaire, c’était le lieutenant-gouverneur, c’était officiel. »

Elle ne faisait rien comme un citoyen ordinaire, a-t-elle insisté, pas même la lecture de la presse, qu’on doit scruter différemment quand on a des responsabilités de lieutenant-gouverneur, selon elle. Elle se targue d’avoir chaque jour parcouru huit quotidiens, ainsi que des magazines internationaux et nationaux importants.

« À 8 h, je devais avoir lu trois journaux, pas comme un citoyen ordinaire, mais comme un chef d’État. »

Source: Le Devoir

lundi 14 juillet 2014

#CHRONIQUEFD Trop!

Amazon.com

Fabien Deglise
Le Devoir


Dans une écologie francophone du livre où apparaissent chaque jour 100 nouveaux titres — c’est presque 600 par semaine si l’on considère la pause du dimanche ! —, débarquer avec un bouquin intitulé Trop (éditions de la Différence) relève forcément de la provocation.

Le romancier français Jean-Louis Fournier, habile sculpteur de phrases, fin assembleur de mots, assume de toute évidence le geste en s’avançant avec ce nouveau titre imaginé, après La servante du seigneur (Stock), pour dénoncer, avec verve, ce mal très contemporain de l’abondance et surtout les nombreuses dérives vers lesquelles ce trop nous conduit. Après tout, devant l’embarras du choix, c’est surtout l’embarras qui l’emporte sur le choix, avec à la clef cette valse-hésitation, ce doute qui nourrit l’inertie, le louvoiement, la stagnation et, finalement, nuit à l’avancement, l’audace et aux mutations.

Trop de savon dans les épiceries, trop de brosses à dents, trop de culture, trop de beauté, trop d’infos, trop d’écrivains, même, écrit-il… À trop cultiver le trop, l’humanité ne serait-elle pas en train de courir à sa perte ? En nanti Parisien qu’il est, se plaignant la bouche plus que pleine, Fournier le croit, et il est difficile de lui donner tort lorsqu’on sort un instant de la densité de la forêt pour prendre conscience du nombre d’arbres, et surtout pour regarder un peu mieux ce qui se passe autour de nous.

Prenez Montréal en ce moment,

mardi 1 juillet 2014

Laïcité : il est temps de se ressaisir !

Il y a urgence ! Les politiques se sont trop longtemps défaussés sur les juges, comme le montre l'interminable feuilleton Baby-Loup, désormais entre les mains de la justice européenne. "Marianne" publie un appel d'intellectuels, de politiques et d'acteurs de la société civile. Pour renouer avec la tradition républicaine et en finir avec trente ans de démissions. Un appel que vous pouvez vous aussi signer sur la plateforme Change.org.



Hommes et femmes d'horizons philosophiques, politiques et professionnels différents, nous sommes inquiets de voir à quel point, face à l'action engagée par diverses mouvances religieuses et politico-religieuses pour attenter à la laïcité républicaine, la réponse politique demeure faible. Pour notre part, récusant autant ceux qui exploitent la défiance générale pour accentuer la fracture sociale et identitaire, que ceux qui rejettent toute analyse critique du multiculturalisme dans le camp des « réactionnaires » ou des « intolérants », notre démarche vise à défendre et faire vivre la laïcité sans blesser mais dans la clarté et la fermeté, à trouver des solutions sans heurter mais sans faillir.

La laïcité — qui refuse les aspects politiques des religions et laisse à ces dernières toute liberté dans la vie sociale sous régime de droit commun — est globalement vécue dans notre pays comme une « tradition moderne », ce qui est parfois difficile à décrypter pour ceux venus d'ailleurs. Or aujourd'hui, la laïcité comme principe politique, code de vie collective et force morale, est remise en question par divers mouvances et groupes religieux qui rejettent « la démocratie des mécréants », la suprématie du droit civil sur les textes, à leurs yeux sacrés, avec un usage maîtrisé des radios communautaires et d'internet. Dans cet espace ainsi ouvert se rejoignent radicaux et orthodoxes issus des trois religions monothéistes pour exploiter à leur profit la crise ambiante, remettant notamment en cause les acquis du long combat pour l’égalité des sexes que l’on croyait clos et qui, à notre grande surprise, est à reprendre.

Notre propos n'est pas de nier l'existence d'une diversité ethnique, religieuse, culturelle ou autres, encore moins de réfuter le droit d'appartenir à telle ou telle communauté à la condition, toutefois, que celle-ci ne verse pas dans le communautarisme et reste ouverte sur l'extérieur, qu'elle facilite le va-et-vient en pensées et en individus entre le dedans et le dehors. Mais plus encore à la condition que, sachant indivisible notre République de citoyens, chacun se reconnaisse dans un fonds commun en histoire, en droits, en valeurs et en normes dont la laïcité est l’une des plus éminentes. Pour autant la laïcité n'est pas un dogme, on a le droit de manifester des opinions anti-laïques, mais on n'a aucunement le droit de transgresser les lois laïques votées par le Parlement.

Or depuis une trentaine d'années, des mouvements se développent dans notre société qui semblent aller en sens inverse, du fait d'une immersion des peuples dans la mondialisation avec perte des repères, d'une circulation accentuée de populations poussées hors de leurs pays par la misère, les révolutions et les guerres théocratiques, fondamentalistes, interethniques et nationalistes. Ont ainsi surgi des exigences en matière de rituels vestimentaires, alimentaires, cultuels ou d'expression médiatique, qui sont loin de correspondre toujours aux demandes réelles de populations hétérogènes d'un point de vue économique et identitaire. Certains pays ont expérimenté sur ce terrain une attitude permissive, comme le Canada sous le couvert d'accommodements dits raisonnables, avant de reculer face aux incohérences des revendications et au risque d'un éclatement sociétal : tribunaux rabbiniques ou islamiques, jours fériés spécifiques à chaque religion, révision multiforme des programmes scolaires, pauses pour les prières sur les lieux de travail, formation au multiculturalisme de la police et des médecins, imposition de quotas pour certains recrutements et différents concours, etc. Ces accommodements s'imposent quelquefois au niveau mondial avec, depuis peu, l'autorisation du port du voile ou du turban sur les stades.

De plus en plus en France, le flou juridique en matière de laïcité, doublé de l'indécision politique, favorise au sein de nombreuses institutions publiques et privées des « accommodements » mal vécus par une grande partie des professionnels et des usagers. Face à ces confusions — qui alimentent les extrêmes — ce sont aujourd’hui bien souvent les décisions prises par des acteurs de la société civile, sans toujours le garant de la loi, qui montrent courageusement la voie à suivre. Ce fut ainsi le cas pour la crèche Baby-Loup comme pour l'entreprise Paprec, en Seine-Saint-Denis, qui s’est dotée d’une charte de la laïcité, acceptée à l'unanimité des 800 représentants de ses 4 000 salariés, pour imposer un devoir de neutralité sur le lieu de travail où coexistent des employés de 52 nationalités.

Pour accueillir l'altérité, un pays se doit d'être solide sur ses pieds, confiant dans ses fondations, tout en étant capable, par ses structures d'accueil et en fonction de ses capacités, d'intégrer chacun sur la base de principes clairs expliqués et enseignés. Il appartient aux politiques et aux institutions de transmettre cette laïcité, qui reste par nature un formidable levier d'intégration puisqu'elle permet de rassembler tous les citoyens — et au-delà tous ceux qui vivent sur le territoire national —, quelles que soient leurs origines religieuses ou ethniques, qu’ils soient croyants ou non, sans la moindre distinction. Tous les citoyens et les responsables, quelle que soit leur sensibilité politique, sont concernés. Or nombre d'entre eux ne réagissent plus sur ce terrain, quand d'autres l'instrumentalisent d'un point de vue idéologique. Entre autres raisons, les résultats des dernières élections municipales et européennes ont durement sanctionné ce délaissement de nos valeurs par nombre de ceux qui avaient à les faire vivre. Ainsi de la laïcité. Il est grand temps de se ressaisir !

jeudi 26 juin 2014

Tragédie à Lac-Mégantic: Un an plus tard Le Lac-Mégantic de Pauline Marois

http://ici.radio-canada.ca/widgets/mediaconsole/medianet/7111260/?seektime=10.02
Exclusif - Comme pour le 11 septembre 2001, nous nous souvenons tous du lieu où nous étions et ce que nous faisions lorsque nous avons appris qu'un convoi de pétrole avait déraillé au coeur de Lac-Mégantic. À l'approche du 1er anniversaire, nous voulions savoir comment celle qui était première ministre à l'époque, Pauline Marois, a vécu cette triste page d'histoire.
Un texte de Michel Bherer, chef d'antenne au Téléjournal Estrie
Avec mon équipe, je lui ai donné rendez-vous dans le Vieux-Montréal, dans cette ville où elle était le matin du 6 juillet 2013, ce matin où la vie de 47 Méganticois s'est arrêtée et où le pays a compris qu'il venait de vivre sa pire tragédie ferroviaire.
C'est avec beaucoup de générosité et de nombreux détails qu'elle est revenue, pendant une heure, sur cette journée tragique. Du choc qu'elle a eu en ouvrant le téléviseur tôt le matin, à sa rencontre avec les sinistrés, en passant par son premier contact avec la mairesse Colette Roy-Laroche, on revit ce week-end cauchemardesque de juillet 2013 à travers les yeux de celle qui était à la tête d'un gouvernement en pleine gestion de crise.
Une Pauline Marois plus émotive
C'est une Pauline Marois plus émotive que ce à quoi elle nous a habitués qui me raconte sa rencontre avec des familles qui ont perdu un ou plusieurs êtres chers, et parfois maison, travail et amis. Elle l'avoue elle-même : ces rencontres sont les moments les plus difficiles et les plus marquants de toutes ses visites à Lac-Mégantic.
« Parce que ce sont les vraies choses. Reconstruire une bâtisse, donner de l'argent, s'assurer que les gens ont accès à un lit, à de la nourriture; ça c'est facile. [...] Mais aller voir les gens pour les consoler et puis accueillir leur peine; ça c'est plus difficile. »
— Pauline Marois
Tout au long de l'entrevue, à chaque moment où il était question de la mairesse de Lac-Mégantic, je pouvais voir les yeux de Mme Marois se remplir d'eau. Un indice que la proximité des deux politiciennes n'était pas forcée pour plaire aux caméras. Colette Roy-Laroche l'a plus qu'impressionnée.
Pas de retour sur sa défaite politique
Il s'agit de la première entrevue télévisée de Pauline Marois depuis sa défaite politique du 7 avril dernier. Pourquoi avoir accepté notre demande d'entrevue après avoir refusé toutes les autres?
Parce que nous avions convenu avec Mme Marois de ne pas revenir sur sa défaite politique, sans quoi il n'y aurait pas eu d'entrevue. Notre objectif n'était pas de faire une analyse politique avec Mme Marois, mais bel et bien de revenir sur le drame de la communauté de Lac-Mégantic. Cependant, je n'ai pu m'empêcher de prendre de ses nouvelles... à voir en fin d'entrevue.
L'entrevue: 
http://ici.radio-canada.ca/widgets/mediaconsole/medianet/7111260/?seektime=10.02

lundi 23 juin 2014

Contre la fatigue


Veille de fête nationale


Antoine Robitaille 
23 juin 2014
Le Devoir 



Le Québec est fatigué, politiquement. À un point tel qu’il aura du mal à se célébrer, même le 24 juin. La fatigue est mauvaise conseillère. Elle nous fait voir tout en noir. Cela comporte de grands risques.


Les signes de fatigue politique, nationale, sont innombrables au Québec. Le plus important est sans doute le rejet épidermique du souverainisme de la part d’une partie de l’électorat, le 7 avril. Rejet qui se double, chez plusieurs, d’un rejet global de la nation québécoise et de certains de ses fondements.  

Par exemple, que cette nation a une langue officielle, le français. Un certain discours fait florès actuellement, sur la prétendue nécessité que le Québec, comme « province », devienne au plus vite bilingue. Ce discours ne vante plus seulement les mérites et la richesse, pour un individu, de parler plus d’une langue (ce qui est indéniable). Non, il veut qu’à l’instar du Canada, le Québec se redéfinisse comme bilingue français-anglais ; bref, un recul avant la commission Gendron (1968-1973), au terme de laquelle Robert Bourassa décida de faire de la langue de Molière la seule officielle au Québec.

Indigne héritier libéral, Philippe Couillard, au débat des chefs, envoya un message totalement contraire : tout le monde devrait être bilingue, car on ne sait jamais quand un patron anglophone peut débarquer ! M. Couillard, en fin de campagne, a lui-même senti le besoin de rectifier le tir.

Son ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, demeure ambigu en ces matières : lors de l’étude des crédits, la semaine dernière, il affirmait qu’une « société [pas un individu]capable de communiquer dans les deux langues, […], c’est un atout, et tant [sic] qu’à moi, c’est pratiquement une obligation ». Heureusement, le ministre fut rassurant lorsqu’il spécifia que l’anglais intensif en 6e année serait introduit de manière souple ; et que dans certaines parties de Montréal — où l’on apprend l’anglais par osmose —, on pourrait ne pas l’implanter, la priorité demeurant la promotion du français.

Mais pour Régis Labeaume, un des problèmes les plus urgents à Québec est le manque de bilinguisme. C’est ce qu’il a affirmé récemment. Avait-il des statistiques ? Non. A-t-il, à titre de maire de Québec, compétence en la matière ? Non. Mais il était formel : « Il ne s’en fait pas assez en matière de bilinguisme à Québec. J’ai le goût de m’investir là-dedans. » La déclaration fut reprise par de nombreux médias. Ceux-ci devraient peut-être refaire cette riche expérience effectuée par un journaliste du Canada anglais il y a quelques années. Lui-même bilingue, il s’était fait passer, dans la capitale, pour un anglophone unilingue. Or il n’eut aucune espèce de difficulté à se faire servir en anglais partout où il était passé. Les gens de Québec avaient déployé leur plus bel anglais dès qu’ils l’entendaient ou alors s’empressaient de trouver un préposé capable de l’aider. En 2014, tout serait plus aisé à Québec ; les taux de bilinguisme y ont augmenté. Internet est une sorte de classe d’immersion anglaise permanente où les jeunes se font spontanément l’oreille et l’esprit à l’anglais (entendez-les lancer des « Oh my God ! »). Alors, où est le problème à Québec, Monsieur Labeaume ? On se le demande. Au fait, si Québec était moins francophone, ne serait-elle pas moins attirante pour les congressistes et les touristes étrangers qui adorent venir y goûter la « french atmosphere » ?

La fatigue politique se mue rapidement en fatigue — et même en honte — d’être soi. Elle nous masque la valeur de notre parcours, ainsi que nos mérites (nous en avons). Elle peut nous faire désirer inconsciemment ou secrètement l’effacement de notre différence. Et rappelons-nous, en ce 24 juin, le constat de Tocqueville : « Une nation fatiguée de longs débats consent volontiers qu’on la dupe, pourvu qu’on la repose. »

mercredi 11 juin 2014

Commission Charbonneau: Marc-Yvan Côté et le financement occulte

Photo : la presse canadienneLe témoignage de Marc-Yvan Côté, personnage clef du financement libéral

L'argent est le nerf de la guerre électorale...

« Nous avons actuellement à la Commission Charbonneau la cheville ouvrière du financement illégal des partis libéraux fédéral et provincial. Dire, sans rire, comme le fait Marc-Yvan Côté, que le financement occulte des partis politiques est un problème de société, c'est faire l'impasse sur le fait que le Parti libéral du Québec est la source même du problème puisqu'il n'a jamais voulu s'astreindre à la Loi sur le financement des partis politiques telle qu'édictée par le Parti québécois et le regretté Robert Burns.

Et cela se comprend du fait que la démocratie électorale, stricto sensu, dessert les visées de ce parti. La stratégie employée chez les libéraux, quel que soit le palier gouvernemental impliqué, consiste essentiellement à gagner à tout prix et au risque de toutes les illégalités, et ce, malgré sa non-représentativité auprès de la majorité des Québécois et des Québécoises. »   Commentaire, Le Devoir. 

***

Cela est tellement vrai,  que nous en sommes à mettre en cause,  madame Marois,  afin de jeter la diversion dans la population et surtout, j'en ai bien peur,  chercher à gagner du temps pour éviter le passage de Jean Charest à la commission Charbonneau.  

Or,  gagner cette guerre électorale ne signifie pas seulement les retours d'ascenseur pour les ripoux et les escrocs de tous les horizons. Il ne faut jamais perdre de vue que cette guerre a pour but ultime d'empêcher le Québec de se séparer du Canada.  

Marc-Yvan Côté serait-il donc le pendant provincial de Charles Guité, au fédéral, condamné à 42 mois de prison par le juge Fraser Martin, après la commission Gomery? 

dimanche 25 mai 2014

Agressions sexuelles: les catholiques invités à suspendre leurs dons à l’Église

Photo : Source Julie Précourt GagnéLes fidèles ont été invités dimanche à suspendre leurs dons à l'Église catholique.
La Presse Canadienne



Québec — Un appel à l’interruption des dons versés à l’Église catholique a été lancé, dimanche, à Québec.   


Ce cri du coeur est venu entre autres de Pierre Bolduc et de Frank Tremblay, qui affirment tous deux avoir subi des sévices aux mains d’un prêtre, ainsi que d’Alain Fortier, président de l’organisme Victimes d’agressions sexuelles au masculin.   


Ils ont invité les croyants à s’abstenir de verser de l’argent au moment de la quête effectuée durant les cérémonies religieuses, mais aussi d’arrêter de contribuer à la dîme, de financer des messes et de participer à diverses activités de collecte de fonds menées au profit de l’Église catholique.   


Dans un communiqué, ils affirment que ces moyens de pression devront se poursuivre tant et aussi longtemps que cette institution «ne renoncera pas explicitement et publiquement à invoquer le délai de prescription dans les recours intentés contre elle, ses communautés, ses paroisses et ses prêtres par les victimes d’agressions sexuelles».   


MM. Bolduc, Tremblay et Fortier ont précisé que malgré cette campagne de boycottage, rien n’empêchera les fidèles d’«exprimer leurs croyances religieuses» et d’«exercer leur culte».   


Pour expliquer leur initiative, ils ont fait valoir qu’à leur avis, «Dieu est infiniment bon, mais pas les hommes d’Église qui parlent en son nom». Ils ont ouvertement accusé ces religieux de se cacher «derrière le délai de prescription pour nier leurs fautes».   


Source: Le Devoir


samedi 17 mai 2014

Financement illégal des partis politiques

La boîte à surprises




Bernard Descôteaux
Le Devoir 

Un jeune entrepreneur de la Mauricie a lancé un pavé dans la mare des partis politiques en affirmant devant la commission Charbonneau que la Loi sur le financement populaire était « le plus grand drame d’hypocrisie collective au Québec ». Cela est vrai, du moins en partie. Il aurait pu ajouter que les acteurs de ce drame sont les politiciens eux-mêmes, qui en ont dénaturé le sens.

Cette loi adoptée en 1977 portait symboliquement le numéro 2, pour manifester la volonté du Parti québécois de mettre fin au financement occulte des partis politiques. On associe généralement le nom de René Lévesque à cette loi, mais son auteur fut le ministre Robert Burns, parrain également de la Loi sur les référendums. Il est bon de le rappeler au moment de son décès survenu jeudi.

Robert Burns avait retenu comme principe fondateur de sa loi que seul l’électeur avait le droit de contribuer, partant de cet autre principe que le droit de vote appartient aux individus. Rompu à l’art de la négociation, il a su arracher au Parti libéral et à l’Union nationale leur appui. Votée à l’unanimité, la loi fut considérée comme un modèle, dont même le premier ministre Jean Chrétien finit par s’inspirer.

Cette loi fut appliquée avec rigueur par les partis politiques les premières années, mais le « naturel » revint doucement. Dès les années 1980 on commença à entendre des rumeurs sur les prête-noms. La ferveur militante des années 1970, époque où les partis politiques pouvaient compter plus de 300 000 membres, s’estompait, tout comme la générosité des militants. Les entrepreneurs cherchaient un moyen de pouvoir influencer le processus d’octroi de contrats, si bien que tous les partis devinrent accros aux dons illégaux.

Le recours aux dons d’entreprises sous couvert de prête-noms est devenu inscrit dans les moeurs des partis, à tel point qu’en 2010 trois ministres libéraux commirent des lapsus révélateurs. La ministre des Transports d’alors, Julie Boulet, la même qui témoignait cette semaine devant la commission Charbonneau, avait dit que « c’est légal au Québec de faire du financement, que les compagnies donnent ». Et si on ne donnait pas, il n’y avait pas de retour d’ascenseur. On peut voir de la part des partis une forme d’extorsion. Extorsion douce dans la mesure où les entreprises consentaient à se plier au système en place, qui dans le cas de la Ville de Laval a atteint des sommets, mais il faut tout de même appeler un chat un chat.

La démonstration que tentent de faire la commission Charbonneau et l’Unité permanente anticorruption est qu’un tel système était bien en place dans les partis provinciaux, tout particulièrement au Parti libéral, qui sous Jean Charest donnait aux ministres des objectifs de collecte de fonds de 100 000 $.

La commission a fait chou blanc avec le témoignage de l’amnésique Julie Boulet, de qui plusieurs anciens collègues prennent maintenant leurs distances, reconnaissant pour leur part comme fait avéré cet objectif de 100 000 $ de fonds àcollecter qui ne pouvait, bien sûr, que conduire à devenir dépendant de grandes entreprises. Les informations rendues publiques vendredi par l’UPAC sur les dons illégaux de la firme Roche à deux ex-députés libéraux de la Gaspésie, ajoutées à des révélations précédentes, confirment cette dépendance.

Le malaise est palpable au sein du gouvernement libéral, qui ne sait lequel de ses députés ou de ses ministres pourrait être mis en cause. Il y a sur la table du conseil une boîte à surprises dont personne ne sait ce qu’elle contient. Le premier ministre Philippe Couillard bénit chaque fois qu’il le peut le gouvernement Marois d’avoir fait adopter une nouvelle Loi sur le financement des partis qui limite à 100 $ les dons. Ce dont il doit maintenant se méfier toutefois, c’est que les amis du parti ne trouvent un nouveau moyen d’influencer l’octroi des contrats.