« Un peuple qui élit des corrompus, des renégats, des imposteurs, des voleurs et des traîtres n’est pas victime ! Il est complice ». Georges Orwell


jeudi 31 juillet 2014

Lise Thibault dit avoir signé son propre «arrêt de mort»

Une vice-reine traînée en procès: 
jamais je n'aurais cru voir ça de mon vivant ... May 


Garnotte, Le DevoirLise Thibault soutient qu’elle devait se lever à 2h00 du matin pour avancer dans ses journées et ne pas prendre de retard.


Lise Thibault estime qu’elle a signé son propre « arrêt de mort » avec le décret autorisant une enquête sur son administration.

À son procès pour fraude et abus de confiance mercredi, au palais de justice de Québec, l’ancienne lieutenante-gouverneure est revenue sur les circonstances de sa chute en 2007. Au cours de l’interrogatoire mené par son avocat, Marc Labelle, elle a d’abord rappelé que c’était elle qui avait demandé une vérification sur la gestion de son cabinet, au beau milieu d’une controverse médiatique sur ses dépenses. Elle avait adressé une lettre à la vérificatrice générale de l’époque au fédéral, Sheila Fraser, et au premier ministre Jean Charest.

« Pauvre M. Charest »

Selon ses mots, elle voulait ainsi notamment soutenir « son » premier ministre, qui s’apprêtait à déclencher des élections — qui ont finalement eu lieu au printemps 2007. Or, quand le décret instituant l’enquête est arrivé pour qu’elle le sanctionne, quelle ne fut pas sa surprise de constater que l’enquête ne s’étendait pas sur une seule année, comme elle le voulait, mais sur sept années de son mandat.

Elle ne voulait toutefois pas accabler M. Charest quant au libellé du décret, puisqu’il avait bien d’autres soucis — « Pauvre M. Charest », a-t-elle résumé. Alors, elle s’est résignée et s’est fait une raison. « Entre sept ans et un an, j’ai toujours été la même. Cela a été mon arrêt de mort », a-t-elle toutefois conclu.

Par ailleurs, l’ancienne lieutenante-gouverneure Lise Thibault a soutenu qu’elle avait des journées trop remplies pour prendre le temps de scruter attentivement les notes de frais qu’on lui présentait pour signature. Elle a fait montre d’une mémoire encyclopédique en ce qui concerne les inscriptions à son agenda de l’époque, les noms des organismes et des personnalités, mais n’accordait donc aucune attention au libellé des factures.

Mme Thibault a répété qu’elle ne faisait aucun suivi des procédures de facturation de ses dépenses au fédéral. Elle a de nouveau reproché à l’administrateur de son cabinet, André Labrecque, son incurie : « Ce n’était pas un administrateur. »

Quand Me Labelle lui a demandé si elle faisait autre chose que de simplement signer les formulaires de facturation présentés par M. Labrecque, elle a répondu : « Non, absolument pas, mes journées étaient tellement remplies. »

Lise Thibault soutient qu’elle devait parfois se réveiller à 2 h du matin pour avancer dans ses journées et ne pas prendre de retard. « Pour moi, tout était une fonction officielle », a-t-elle répété pour justifier ses dépenses et son emploi du temps chargé.

Visites officielles

Même un arrêt dans une succursale d’une chaîne de restauration rapide le long d’une autoroute devenait prétexte à une visite officielle. « Pour le citoyen qui se levait pour me serrer la main, ce n’était pas un citoyen ordinaire, c’était le lieutenant-gouverneur, c’était officiel. »

Elle ne faisait rien comme un citoyen ordinaire, a-t-elle insisté, pas même la lecture de la presse, qu’on doit scruter différemment quand on a des responsabilités de lieutenant-gouverneur, selon elle. Elle se targue d’avoir chaque jour parcouru huit quotidiens, ainsi que des magazines internationaux et nationaux importants.

« À 8 h, je devais avoir lu trois journaux, pas comme un citoyen ordinaire, mais comme un chef d’État. »

Source: Le Devoir

lundi 14 juillet 2014

#CHRONIQUEFD Trop!

Amazon.com

Fabien Deglise
Le Devoir


Dans une écologie francophone du livre où apparaissent chaque jour 100 nouveaux titres — c’est presque 600 par semaine si l’on considère la pause du dimanche ! —, débarquer avec un bouquin intitulé Trop (éditions de la Différence) relève forcément de la provocation.

Le romancier français Jean-Louis Fournier, habile sculpteur de phrases, fin assembleur de mots, assume de toute évidence le geste en s’avançant avec ce nouveau titre imaginé, après La servante du seigneur (Stock), pour dénoncer, avec verve, ce mal très contemporain de l’abondance et surtout les nombreuses dérives vers lesquelles ce trop nous conduit. Après tout, devant l’embarras du choix, c’est surtout l’embarras qui l’emporte sur le choix, avec à la clef cette valse-hésitation, ce doute qui nourrit l’inertie, le louvoiement, la stagnation et, finalement, nuit à l’avancement, l’audace et aux mutations.

Trop de savon dans les épiceries, trop de brosses à dents, trop de culture, trop de beauté, trop d’infos, trop d’écrivains, même, écrit-il… À trop cultiver le trop, l’humanité ne serait-elle pas en train de courir à sa perte ? En nanti Parisien qu’il est, se plaignant la bouche plus que pleine, Fournier le croit, et il est difficile de lui donner tort lorsqu’on sort un instant de la densité de la forêt pour prendre conscience du nombre d’arbres, et surtout pour regarder un peu mieux ce qui se passe autour de nous.

Prenez Montréal en ce moment,

mardi 1 juillet 2014

Laïcité : il est temps de se ressaisir !

Il y a urgence ! Les politiques se sont trop longtemps défaussés sur les juges, comme le montre l'interminable feuilleton Baby-Loup, désormais entre les mains de la justice européenne. "Marianne" publie un appel d'intellectuels, de politiques et d'acteurs de la société civile. Pour renouer avec la tradition républicaine et en finir avec trente ans de démissions. Un appel que vous pouvez vous aussi signer sur la plateforme Change.org.



Hommes et femmes d'horizons philosophiques, politiques et professionnels différents, nous sommes inquiets de voir à quel point, face à l'action engagée par diverses mouvances religieuses et politico-religieuses pour attenter à la laïcité républicaine, la réponse politique demeure faible. Pour notre part, récusant autant ceux qui exploitent la défiance générale pour accentuer la fracture sociale et identitaire, que ceux qui rejettent toute analyse critique du multiculturalisme dans le camp des « réactionnaires » ou des « intolérants », notre démarche vise à défendre et faire vivre la laïcité sans blesser mais dans la clarté et la fermeté, à trouver des solutions sans heurter mais sans faillir.

La laïcité — qui refuse les aspects politiques des religions et laisse à ces dernières toute liberté dans la vie sociale sous régime de droit commun — est globalement vécue dans notre pays comme une « tradition moderne », ce qui est parfois difficile à décrypter pour ceux venus d'ailleurs. Or aujourd'hui, la laïcité comme principe politique, code de vie collective et force morale, est remise en question par divers mouvances et groupes religieux qui rejettent « la démocratie des mécréants », la suprématie du droit civil sur les textes, à leurs yeux sacrés, avec un usage maîtrisé des radios communautaires et d'internet. Dans cet espace ainsi ouvert se rejoignent radicaux et orthodoxes issus des trois religions monothéistes pour exploiter à leur profit la crise ambiante, remettant notamment en cause les acquis du long combat pour l’égalité des sexes que l’on croyait clos et qui, à notre grande surprise, est à reprendre.

Notre propos n'est pas de nier l'existence d'une diversité ethnique, religieuse, culturelle ou autres, encore moins de réfuter le droit d'appartenir à telle ou telle communauté à la condition, toutefois, que celle-ci ne verse pas dans le communautarisme et reste ouverte sur l'extérieur, qu'elle facilite le va-et-vient en pensées et en individus entre le dedans et le dehors. Mais plus encore à la condition que, sachant indivisible notre République de citoyens, chacun se reconnaisse dans un fonds commun en histoire, en droits, en valeurs et en normes dont la laïcité est l’une des plus éminentes. Pour autant la laïcité n'est pas un dogme, on a le droit de manifester des opinions anti-laïques, mais on n'a aucunement le droit de transgresser les lois laïques votées par le Parlement.

Or depuis une trentaine d'années, des mouvements se développent dans notre société qui semblent aller en sens inverse, du fait d'une immersion des peuples dans la mondialisation avec perte des repères, d'une circulation accentuée de populations poussées hors de leurs pays par la misère, les révolutions et les guerres théocratiques, fondamentalistes, interethniques et nationalistes. Ont ainsi surgi des exigences en matière de rituels vestimentaires, alimentaires, cultuels ou d'expression médiatique, qui sont loin de correspondre toujours aux demandes réelles de populations hétérogènes d'un point de vue économique et identitaire. Certains pays ont expérimenté sur ce terrain une attitude permissive, comme le Canada sous le couvert d'accommodements dits raisonnables, avant de reculer face aux incohérences des revendications et au risque d'un éclatement sociétal : tribunaux rabbiniques ou islamiques, jours fériés spécifiques à chaque religion, révision multiforme des programmes scolaires, pauses pour les prières sur les lieux de travail, formation au multiculturalisme de la police et des médecins, imposition de quotas pour certains recrutements et différents concours, etc. Ces accommodements s'imposent quelquefois au niveau mondial avec, depuis peu, l'autorisation du port du voile ou du turban sur les stades.

De plus en plus en France, le flou juridique en matière de laïcité, doublé de l'indécision politique, favorise au sein de nombreuses institutions publiques et privées des « accommodements » mal vécus par une grande partie des professionnels et des usagers. Face à ces confusions — qui alimentent les extrêmes — ce sont aujourd’hui bien souvent les décisions prises par des acteurs de la société civile, sans toujours le garant de la loi, qui montrent courageusement la voie à suivre. Ce fut ainsi le cas pour la crèche Baby-Loup comme pour l'entreprise Paprec, en Seine-Saint-Denis, qui s’est dotée d’une charte de la laïcité, acceptée à l'unanimité des 800 représentants de ses 4 000 salariés, pour imposer un devoir de neutralité sur le lieu de travail où coexistent des employés de 52 nationalités.

Pour accueillir l'altérité, un pays se doit d'être solide sur ses pieds, confiant dans ses fondations, tout en étant capable, par ses structures d'accueil et en fonction de ses capacités, d'intégrer chacun sur la base de principes clairs expliqués et enseignés. Il appartient aux politiques et aux institutions de transmettre cette laïcité, qui reste par nature un formidable levier d'intégration puisqu'elle permet de rassembler tous les citoyens — et au-delà tous ceux qui vivent sur le territoire national —, quelles que soient leurs origines religieuses ou ethniques, qu’ils soient croyants ou non, sans la moindre distinction. Tous les citoyens et les responsables, quelle que soit leur sensibilité politique, sont concernés. Or nombre d'entre eux ne réagissent plus sur ce terrain, quand d'autres l'instrumentalisent d'un point de vue idéologique. Entre autres raisons, les résultats des dernières élections municipales et européennes ont durement sanctionné ce délaissement de nos valeurs par nombre de ceux qui avaient à les faire vivre. Ainsi de la laïcité. Il est grand temps de se ressaisir !

jeudi 26 juin 2014

Tragédie à Lac-Mégantic: Un an plus tard Le Lac-Mégantic de Pauline Marois

http://ici.radio-canada.ca/widgets/mediaconsole/medianet/7111260/?seektime=10.02
Exclusif - Comme pour le 11 septembre 2001, nous nous souvenons tous du lieu où nous étions et ce que nous faisions lorsque nous avons appris qu'un convoi de pétrole avait déraillé au coeur de Lac-Mégantic. À l'approche du 1er anniversaire, nous voulions savoir comment celle qui était première ministre à l'époque, Pauline Marois, a vécu cette triste page d'histoire.
Un texte de Michel Bherer, chef d'antenne au Téléjournal Estrie
Avec mon équipe, je lui ai donné rendez-vous dans le Vieux-Montréal, dans cette ville où elle était le matin du 6 juillet 2013, ce matin où la vie de 47 Méganticois s'est arrêtée et où le pays a compris qu'il venait de vivre sa pire tragédie ferroviaire.
C'est avec beaucoup de générosité et de nombreux détails qu'elle est revenue, pendant une heure, sur cette journée tragique. Du choc qu'elle a eu en ouvrant le téléviseur tôt le matin, à sa rencontre avec les sinistrés, en passant par son premier contact avec la mairesse Colette Roy-Laroche, on revit ce week-end cauchemardesque de juillet 2013 à travers les yeux de celle qui était à la tête d'un gouvernement en pleine gestion de crise.
Une Pauline Marois plus émotive
C'est une Pauline Marois plus émotive que ce à quoi elle nous a habitués qui me raconte sa rencontre avec des familles qui ont perdu un ou plusieurs êtres chers, et parfois maison, travail et amis. Elle l'avoue elle-même : ces rencontres sont les moments les plus difficiles et les plus marquants de toutes ses visites à Lac-Mégantic.
« Parce que ce sont les vraies choses. Reconstruire une bâtisse, donner de l'argent, s'assurer que les gens ont accès à un lit, à de la nourriture; ça c'est facile. [...] Mais aller voir les gens pour les consoler et puis accueillir leur peine; ça c'est plus difficile. »
— Pauline Marois
Tout au long de l'entrevue, à chaque moment où il était question de la mairesse de Lac-Mégantic, je pouvais voir les yeux de Mme Marois se remplir d'eau. Un indice que la proximité des deux politiciennes n'était pas forcée pour plaire aux caméras. Colette Roy-Laroche l'a plus qu'impressionnée.
Pas de retour sur sa défaite politique
Il s'agit de la première entrevue télévisée de Pauline Marois depuis sa défaite politique du 7 avril dernier. Pourquoi avoir accepté notre demande d'entrevue après avoir refusé toutes les autres?
Parce que nous avions convenu avec Mme Marois de ne pas revenir sur sa défaite politique, sans quoi il n'y aurait pas eu d'entrevue. Notre objectif n'était pas de faire une analyse politique avec Mme Marois, mais bel et bien de revenir sur le drame de la communauté de Lac-Mégantic. Cependant, je n'ai pu m'empêcher de prendre de ses nouvelles... à voir en fin d'entrevue.
L'entrevue: 
http://ici.radio-canada.ca/widgets/mediaconsole/medianet/7111260/?seektime=10.02

lundi 23 juin 2014

Contre la fatigue


Veille de fête nationale


Antoine Robitaille 
23 juin 2014
Le Devoir 



Le Québec est fatigué, politiquement. À un point tel qu’il aura du mal à se célébrer, même le 24 juin. La fatigue est mauvaise conseillère. Elle nous fait voir tout en noir. Cela comporte de grands risques.


Les signes de fatigue politique, nationale, sont innombrables au Québec. Le plus important est sans doute le rejet épidermique du souverainisme de la part d’une partie de l’électorat, le 7 avril. Rejet qui se double, chez plusieurs, d’un rejet global de la nation québécoise et de certains de ses fondements.  

Par exemple, que cette nation a une langue officielle, le français. Un certain discours fait florès actuellement, sur la prétendue nécessité que le Québec, comme « province », devienne au plus vite bilingue. Ce discours ne vante plus seulement les mérites et la richesse, pour un individu, de parler plus d’une langue (ce qui est indéniable). Non, il veut qu’à l’instar du Canada, le Québec se redéfinisse comme bilingue français-anglais ; bref, un recul avant la commission Gendron (1968-1973), au terme de laquelle Robert Bourassa décida de faire de la langue de Molière la seule officielle au Québec.

Indigne héritier libéral, Philippe Couillard, au débat des chefs, envoya un message totalement contraire : tout le monde devrait être bilingue, car on ne sait jamais quand un patron anglophone peut débarquer ! M. Couillard, en fin de campagne, a lui-même senti le besoin de rectifier le tir.

Son ministre de l’Éducation, Yves Bolduc, demeure ambigu en ces matières : lors de l’étude des crédits, la semaine dernière, il affirmait qu’une « société [pas un individu]capable de communiquer dans les deux langues, […], c’est un atout, et tant [sic] qu’à moi, c’est pratiquement une obligation ». Heureusement, le ministre fut rassurant lorsqu’il spécifia que l’anglais intensif en 6e année serait introduit de manière souple ; et que dans certaines parties de Montréal — où l’on apprend l’anglais par osmose —, on pourrait ne pas l’implanter, la priorité demeurant la promotion du français.

Mais pour Régis Labeaume, un des problèmes les plus urgents à Québec est le manque de bilinguisme. C’est ce qu’il a affirmé récemment. Avait-il des statistiques ? Non. A-t-il, à titre de maire de Québec, compétence en la matière ? Non. Mais il était formel : « Il ne s’en fait pas assez en matière de bilinguisme à Québec. J’ai le goût de m’investir là-dedans. » La déclaration fut reprise par de nombreux médias. Ceux-ci devraient peut-être refaire cette riche expérience effectuée par un journaliste du Canada anglais il y a quelques années. Lui-même bilingue, il s’était fait passer, dans la capitale, pour un anglophone unilingue. Or il n’eut aucune espèce de difficulté à se faire servir en anglais partout où il était passé. Les gens de Québec avaient déployé leur plus bel anglais dès qu’ils l’entendaient ou alors s’empressaient de trouver un préposé capable de l’aider. En 2014, tout serait plus aisé à Québec ; les taux de bilinguisme y ont augmenté. Internet est une sorte de classe d’immersion anglaise permanente où les jeunes se font spontanément l’oreille et l’esprit à l’anglais (entendez-les lancer des « Oh my God ! »). Alors, où est le problème à Québec, Monsieur Labeaume ? On se le demande. Au fait, si Québec était moins francophone, ne serait-elle pas moins attirante pour les congressistes et les touristes étrangers qui adorent venir y goûter la « french atmosphere » ?

La fatigue politique se mue rapidement en fatigue — et même en honte — d’être soi. Elle nous masque la valeur de notre parcours, ainsi que nos mérites (nous en avons). Elle peut nous faire désirer inconsciemment ou secrètement l’effacement de notre différence. Et rappelons-nous, en ce 24 juin, le constat de Tocqueville : « Une nation fatiguée de longs débats consent volontiers qu’on la dupe, pourvu qu’on la repose. »

mercredi 11 juin 2014

Commission Charbonneau: Marc-Yvan Côté et le financement occulte

Photo : la presse canadienneLe témoignage de Marc-Yvan Côté, personnage clef du financement libéral

L'argent est le nerf de la guerre électorale...

« Nous avons actuellement à la Commission Charbonneau la cheville ouvrière du financement illégal des partis libéraux fédéral et provincial. Dire, sans rire, comme le fait Marc-Yvan Côté, que le financement occulte des partis politiques est un problème de société, c'est faire l'impasse sur le fait que le Parti libéral du Québec est la source même du problème puisqu'il n'a jamais voulu s'astreindre à la Loi sur le financement des partis politiques telle qu'édictée par le Parti québécois et le regretté Robert Burns.

Et cela se comprend du fait que la démocratie électorale, stricto sensu, dessert les visées de ce parti. La stratégie employée chez les libéraux, quel que soit le palier gouvernemental impliqué, consiste essentiellement à gagner à tout prix et au risque de toutes les illégalités, et ce, malgré sa non-représentativité auprès de la majorité des Québécois et des Québécoises. »   Commentaire, Le Devoir. 

***

Cela est tellement vrai,  que nous en sommes à mettre en cause,  madame Marois,  afin de jeter la diversion dans la population et surtout, j'en ai bien peur,  chercher à gagner du temps pour éviter le passage de Jean Charest à la commission Charbonneau.  

Or,  gagner cette guerre électorale ne signifie pas seulement les retours d'ascenseur pour les ripoux et les escrocs de tous les horizons. Il ne faut jamais perdre de vue que cette guerre a pour but ultime d'empêcher le Québec de se séparer du Canada.  

Marc-Yvan Côté serait-il donc le pendant provincial de Charles Guité, au fédéral, condamné à 42 mois de prison par le juge Fraser Martin, après la commission Gomery? 

dimanche 25 mai 2014

Agressions sexuelles: les catholiques invités à suspendre leurs dons à l’Église

Photo : Source Julie Précourt GagnéLes fidèles ont été invités dimanche à suspendre leurs dons à l'Église catholique.
La Presse Canadienne



Québec — Un appel à l’interruption des dons versés à l’Église catholique a été lancé, dimanche, à Québec.   


Ce cri du coeur est venu entre autres de Pierre Bolduc et de Frank Tremblay, qui affirment tous deux avoir subi des sévices aux mains d’un prêtre, ainsi que d’Alain Fortier, président de l’organisme Victimes d’agressions sexuelles au masculin.   


Ils ont invité les croyants à s’abstenir de verser de l’argent au moment de la quête effectuée durant les cérémonies religieuses, mais aussi d’arrêter de contribuer à la dîme, de financer des messes et de participer à diverses activités de collecte de fonds menées au profit de l’Église catholique.   


Dans un communiqué, ils affirment que ces moyens de pression devront se poursuivre tant et aussi longtemps que cette institution «ne renoncera pas explicitement et publiquement à invoquer le délai de prescription dans les recours intentés contre elle, ses communautés, ses paroisses et ses prêtres par les victimes d’agressions sexuelles».   


MM. Bolduc, Tremblay et Fortier ont précisé que malgré cette campagne de boycottage, rien n’empêchera les fidèles d’«exprimer leurs croyances religieuses» et d’«exercer leur culte».   


Pour expliquer leur initiative, ils ont fait valoir qu’à leur avis, «Dieu est infiniment bon, mais pas les hommes d’Église qui parlent en son nom». Ils ont ouvertement accusé ces religieux de se cacher «derrière le délai de prescription pour nier leurs fautes».   


Source: Le Devoir


samedi 17 mai 2014

Financement illégal des partis politiques

La boîte à surprises




Bernard Descôteaux
Le Devoir 

Un jeune entrepreneur de la Mauricie a lancé un pavé dans la mare des partis politiques en affirmant devant la commission Charbonneau que la Loi sur le financement populaire était « le plus grand drame d’hypocrisie collective au Québec ». Cela est vrai, du moins en partie. Il aurait pu ajouter que les acteurs de ce drame sont les politiciens eux-mêmes, qui en ont dénaturé le sens.

Cette loi adoptée en 1977 portait symboliquement le numéro 2, pour manifester la volonté du Parti québécois de mettre fin au financement occulte des partis politiques. On associe généralement le nom de René Lévesque à cette loi, mais son auteur fut le ministre Robert Burns, parrain également de la Loi sur les référendums. Il est bon de le rappeler au moment de son décès survenu jeudi.

Robert Burns avait retenu comme principe fondateur de sa loi que seul l’électeur avait le droit de contribuer, partant de cet autre principe que le droit de vote appartient aux individus. Rompu à l’art de la négociation, il a su arracher au Parti libéral et à l’Union nationale leur appui. Votée à l’unanimité, la loi fut considérée comme un modèle, dont même le premier ministre Jean Chrétien finit par s’inspirer.

Cette loi fut appliquée avec rigueur par les partis politiques les premières années, mais le « naturel » revint doucement. Dès les années 1980 on commença à entendre des rumeurs sur les prête-noms. La ferveur militante des années 1970, époque où les partis politiques pouvaient compter plus de 300 000 membres, s’estompait, tout comme la générosité des militants. Les entrepreneurs cherchaient un moyen de pouvoir influencer le processus d’octroi de contrats, si bien que tous les partis devinrent accros aux dons illégaux.

Le recours aux dons d’entreprises sous couvert de prête-noms est devenu inscrit dans les moeurs des partis, à tel point qu’en 2010 trois ministres libéraux commirent des lapsus révélateurs. La ministre des Transports d’alors, Julie Boulet, la même qui témoignait cette semaine devant la commission Charbonneau, avait dit que « c’est légal au Québec de faire du financement, que les compagnies donnent ». Et si on ne donnait pas, il n’y avait pas de retour d’ascenseur. On peut voir de la part des partis une forme d’extorsion. Extorsion douce dans la mesure où les entreprises consentaient à se plier au système en place, qui dans le cas de la Ville de Laval a atteint des sommets, mais il faut tout de même appeler un chat un chat.

La démonstration que tentent de faire la commission Charbonneau et l’Unité permanente anticorruption est qu’un tel système était bien en place dans les partis provinciaux, tout particulièrement au Parti libéral, qui sous Jean Charest donnait aux ministres des objectifs de collecte de fonds de 100 000 $.

La commission a fait chou blanc avec le témoignage de l’amnésique Julie Boulet, de qui plusieurs anciens collègues prennent maintenant leurs distances, reconnaissant pour leur part comme fait avéré cet objectif de 100 000 $ de fonds àcollecter qui ne pouvait, bien sûr, que conduire à devenir dépendant de grandes entreprises. Les informations rendues publiques vendredi par l’UPAC sur les dons illégaux de la firme Roche à deux ex-députés libéraux de la Gaspésie, ajoutées à des révélations précédentes, confirment cette dépendance.

Le malaise est palpable au sein du gouvernement libéral, qui ne sait lequel de ses députés ou de ses ministres pourrait être mis en cause. Il y a sur la table du conseil une boîte à surprises dont personne ne sait ce qu’elle contient. Le premier ministre Philippe Couillard bénit chaque fois qu’il le peut le gouvernement Marois d’avoir fait adopter une nouvelle Loi sur le financement des partis qui limite à 100 $ les dons. Ce dont il doit maintenant se méfier toutefois, c’est que les amis du parti ne trouvent un nouveau moyen d’influencer l’octroi des contrats.

samedi 26 avril 2014

Laboratoire néonazi à Kiev


Pourquoi le Canada va-t-il si loin dans son implication agressive en Ukraine ...? (Voir à la fin *)  
On peut toujours qualifier l'extrait qui suit de pure conspiration. Mais lorsque notre pays, le Canada, s'est engagé dans cette dangereuse aventure, et que notre Premier ministre,  Stephen Harper,  le fidèle zélateur et complice de Barak Obama, on ne peut s'empêcher de s'interroger à savoir jusqu'où notre PM canadien est prêt pour plaire à son maître dans le but d'obtenir le OK pour le développement du projet Keystone en territoire américain.   Mais, dans quoi le Canada s'est-il embarqué pour vendre son pétrole??? Je pose la question.   May

***

Mais si seulement il n'y avait que ça   

En Ukraine, le classique coup d'état doux prôné par le modèle des "révolutions de couleur" de l'Albert Einstein Institution de Gene Sharp n'a pas été utilisé, dans ce cas, ils ont eu recours à l'application de différents instruments pour mener à bien le coup d'État. Ceci va de l'utilisation de la protestation sociale pacifique jusqu'aux méthodes ouvertement radicales, dans lesquelles prévalent des formes de violence extrême avec à leur tête des groupes néonazis,des extrémistes nationalistes et des mercenaires francs-tireurs.   

Des évolutions et variantes du modèle de Gene Sharp ont été observées en Egypte, Lybie, Syrie. Là, il a eu un recours, ouvertement, à des djihadistes islamistes comme complément central. Dans l'actuel complot en Ukraine à cause de son importance géostratégique se sont synchronisés, actualisés et ont été exécutés neuf mécanismes.  

D'une part nous avons un modèle de « coup d'état doux » avec toute sa panoplie. Les mass médias corporatistes de l' « Occident » accusant du pire et démonisant jusqu'au paroxysme le gouvernement de Yakounovitch, la Russie et en particulier Poutine (Note : l'auteur n'affirme pas ici que Yakounovitch ou Poutine sont des saints, il analyse le déroulement d'événements de rivalité inter capitalistes) ; les ONG ont agit à fond pour veiller sur les "droits humains" et "les libertés civiles et démocratiques".   

En plus de cela, la multinationale Cargill vise le contrôle de la production des aliments renforçant la position commerciale de la corporation par plus de 200 millions de dollars d'investissements dans les actions de UkrLandFarming (Financial Times, janvier 2014).  

Les demandes sociales et politiques sont réduites au silence. De ceci les médias ne parlent pas parce que ceci n'entre pas dans le cadre de la désinformation corporative. La protestation citoyenne est criminalisée et sévèrement pénalisée. Le démantèlement de l'état de bien-être avance à marche forcée et à coup de décrets. Tout le domaine public et de bien commun sont pillés.  

Les législations nationales de l'auto proclamé Occident sont ajustées à un modèle néofasciste qui est en préparation pour être appliqué à ses citoyens. C'est pour cela que les USA/Obama, le gouvernement du Canada et les gouvernements d'Europe se sont montrés aussi pressés d'affirmer et de ratifier que le gouvernement néonazi fantoche à Kiev constitué après le coup d'état serait un « gouvernement légitime ».