« Un peuple qui élit des corrompus, des renégats, des imposteurs, des voleurs et des traîtres n’est pas victime ! Il est complice ». Georges Orwell


vendredi 22 février 2013

Le problème McGill: Un gouffre financier sans fin pour le Québec.




 Louis Lapointe
mercredi 20 février 2013  

Vigile.net 


Tous les analystes le moindrement perspicaces auront compris que l’université McGill est un réel problème pour le réseau universitaire.

Si McGill ne jetait pas l’argent des Québécois par les fenêtres en formant des diplômés qui ne rembourseront jamais leurs dettes à la société québécoise, il ne serait jamais venu à l’idée du gouvernement d’augmenter les droits de scolarité des étudiants de toutes les universités de façon aussi dramatique.

McGill est le maillon faible du réseau universitaire québécois parce que, contrairement aux autres universités, elle ne fait pas ses frais. Une proportion importante de ses diplômés paieront leurs impôts dans une autre juridiction.

Tant que le gouvernement du Québec ne redressera pas la barre, l’université McGill demeurera un gouffre financier sans fin pour le Québec.

Comme on ne peut pas couper les vivres de la plus réputée des universités du Québec, le gouvernement du Québec a décidé de demander à toutes les universités du réseau universitaire de s’adapter au modèle d’affaires de l’université McGill.

En augmentant les droits de scolarité de tous les étudiants, on augmente également ceux des étudiants de l’université McGill qui quitteront le Québec au terme de leurs études, la fiscalité n’étant pas la solution au problème que constitue l’université McGill.

Le véritable défi du gouvernement du Québec consisterait donc à facturer le coût réel des études universitaires aux étudiants qui quitteront le Québec après leurs études sans pénaliser les autres étudiants qui choisiront d’y demeurer.

Le régime fiscal étant impuissant à régler ce problème, il faudrait se tourner vers le régime de prêts et bourses.

À mon avis, le régime de prêts et bourses pourrait avancer directement aux universités, pour chaque étudiant qui y étudie, les sommes correspondant aux coûts réels de leurs études.

Les étudiants qui choisiraient de demeurer au Québec après leurs études verraient leurs prêts transformer en bourses sans que cela n’ait aucun impact monétaire pour eux, alors que les étudiants qui quitteraient le Québec devraient rembourser 100% de leurs dettes d’études, donc 100% des coûts réels.

Je peine à croire que cette hypothèse n’a pas été discutée avec les recteurs.

Une hypothèse qui affecterait essentiellement l’université McGill parce qu’elle pourrait faire fuir une partie importante de sa clientèle qui souhaite quitter le Québec après y avoir étudié à rabais.

Dans cette perspective, on comprend mieux pourquoi, à l’approche du sommet, Heather Munroe-Blum, principale de l’université McGill, prend ses distances des autres recteurs.

PS. Après mûres réflexions, il serait probablement exagéré de réclamer de tous les étudiants québécois qui quittent le Québec 100% des coûts réels de leurs études. On ne peut pas exiger d’eux plus qu’on demande aux étudiants étrangers qui viennent étudier au Québec, en particulier ceux qui bénéficient d’un programme de réciprocité. Il faudrait plutôt établir une juste proportion et prévoir des exceptions à un tel programme de remboursement.

Toutefois, malgré ses limites, une telle hypothèse mériterait certainement d’être étudiée en y prévoyant les exceptions et adaptations nécessaires.

***

Sur le même sujet :

lundi 11 février 2013

Catalogne - Écosse : les portes de l'UE commencent « à se fermer »


« Bruxelles rejette l'indépendance de la Catalogne au sein de l'UE », titre El País. Le quotidien révèle un courrier adressé le 4 octobre par Viviane Reding, vice-présidente de la Commission européenne, au gouvernement espagnol. La commissaire à la Justice et aux Droits fondamentaux s'y montre « favorable à la thèse » exposée dans une lettre que lui avait adressée le secrétaire d'Etat espagnol aux Affaires européennes.

Face aux revendications indépendantistes en Catalogne, Iñigo Méndez de Vigo invoquait l'article 4.2 du traité de l'Union européenne, qui stipule que l'UE « doit respecter l'intégrité térritoriale de ses membres » et « ne peut pas reconnaître une déclaration unilatérale d'indépendance d'une partie d'un Etat membre ». Réponse de Reding : « Je suis pleinement d'accord avec l'analyse du cadre constitutionnel européen » developpée dans la lettre.

La révélation de ce soutien de Bruxelles à Madrid survient en pleine campagne pour les élections régionales du 25 novembre en Catalogne, qui pourraient êtres suivies d'un référendum sur l'indépendance de la région dans un délai de 4 ans. Pour le quotidien madrilène,
« le message est une douche froide pour les fièvres nationalistes [...] Il n'est donc pas question de jouer avec les électeurs pour les convaincre que l'UE donnerait un accueil charmant à une partie qui se détacherait unilatéralement de l'Espagne.  »
El País critique également la possibilité que la Catalogne devienne un Etat indépendant de l'Espagne en 2020, mentionnée dans le programme électoral de CiU (nationaliste de centre-droit), le parti d'Artur Mas, le président du gouvernement régional :
« Un délai si prolongé peut s'expliquer par une première reconnaissance par les nationalistes des difficultés que leur aventure rencontrera pour que la Catalogne soit admise, comme ça, comme un Etat en Europe [...]  »
Pour mieux tourner le dos à la poussée indépendantiste de la Catalogne, Madrid montre son manque d'enthousiasme pour la sécession écossaise, note le Financial Times.

Alors que le référendum sur l'indépendance de l'Ecosse aura lieu en 2014, Alex Salmond, le Premier ministre écossais, a déclaré que l'Ecosse deviendrait automatiquement un membre de l'UE si elle se séparait du Royaume-Uni. Mais ce n'est pas l'avis de José Manuel García-Margallo, le ministre des Affaires étrangères espagnol, qui a dit la semaine dernière qu'une Ecosse indépendante devrait « retourner au bout de la file d'attente » pour pouvoir adhérer à l'UE.
« Elle ne peut pas prendre pour acquise son existence internationale... Elle devra demander à adhérer », a -t-il dit. « Il ne faut pas s'attendre à ce que les Ecossais participent à des réunions de l'UE alors que la veille ils auront gagné leur indépendance. La Commission, le Conseil et le Parlement européen ne l'accepteront pas ».
Selon le quotidien économique, « Les bureaucrates de l'UE ont refusé de préciser la position - au niveau juridique - si l'Écosse se séparait du Royaume-Uni, arguant qu'il n'y a pas de précédent. Mais derrière les portes closes, il y a une quasi-unanimité sur le fait que tout pays, né d'une séparation avec un pays membre, devrait faire une demande d'adhésion. » 

Source: Sott.net

vendredi 1 février 2013

Gentilly 2: Les libéraux savaient


Éric Cardinal La Presse
vendredi 1er février 2013

Refusant de voir la réalité en face, ignorant volontairement les chiffres et les signaux d’alarme, le gouvernement Charest a continué de défendre la réfection de Gentilly bien après que le projet soit devenu indéfendable.


La commission parlementaire sur Gentilly-2 qui s’est tenue cette semaine à Québec a enfin permis de faire la lumière sur le cauchemar financier en devenir dans lequel les libéraux avaient en effet choisi de plonger Hydro-Québec et ses clients, en toute connaissance de cause.


Certes, le projet de réfection était tout à fait justifié lors de son annonce en 2008. Après des années d’études, on avait conclu que la rénovation coûterait tout près de 2 milliards, ce qui permettait de produire de l’électricité à 7 cents le kilowattheure. Une aubaine dans un marché qui se transigeait à 9 cents.


Puis vint la décision d’Ottawa de se départir d’Énergie atomique Canada (2009), les hausses et pépins des réfections similaires au Nouveau-Brunswick et en Corée du Sud (2010), les incidents nucléaires de Fukushima (2011) et l’essor formidable du gaz de schiste aux États-Unis qui, en plus du ralentissement de la demande provoquée par la crise économique, a complètement chamboulé le contexte énergétique.


Soudainement, le coût de la réfection bondissait à 3,4 milliards (en plus du milliard de dollars déjà dépensé pour préparer les travaux !), ce qui tirait le prix de l’électricité produite à plus de 10 cents le kilowattheure... au moment précis où le prix de revente sur les marchés chutait à 4 cents.


Plus rien ne balançait. Ce que savait Hydro-Québec en 2010. Et ce que savait, aussi, le gouvernement Charest, à qui la société d’État avait « communiqué » la chose au mois d’août de la même année.


Et pourtant, malgré ces avertissements, malgré les centaines de millions déjà dépensés, les libéraux ont refusé de mettre les freins, voire de s’interroger sur la pertinence du projet. Pire, la ministre d’alors, Nathalie Normandeau, continuait de défendre le projet bec et ongles, fustigeant même, en mai 2011, « l’irresponsabilité » du PQ qui osait remettre en question la réfection... sans « avoir en main une analyse sérieuse ».


De qui riait-elle alors ? Des actionnaires d’Hydro-Québec qui auraient eu à éponger la note ? Des électeurs à qui elle promettait un beau projet à bon prix « sur la base d’une analyse sérieuse » ? Ou des résidents du Centre du Québec à qui elle faisait miroiter le maintien de centaines d’emplois pour au moins 25 ans ?


Or, un projet qui avait coûté 984 millions, qui nécessitait des investissements de 3,4 milliards supplémentaires et qui aurait certainement fait baisser les dividendes que verse annuellement Hydro au gouvernement, le tout pour maintenir 800 emplois, même les étudiants de cégep en sciences humaines sans maths sont capables de vous dire que cela est douteux !


La décision du PLQ d’aller de l’avant avec la réfection de la centrale était clairement électoraliste, la décision du PQ de la déclasser est tout bonnement économique.

Source: via Vigile.net

jeudi 31 janvier 2013

Découverte d’un vaste réservoir de pétrole en Gaspésie

Pétrolia a constaté que la zone qu’elle juge prometteuse renferme une structure géologique semblable à ce qu’on retrouve dans certains secteurs de l’Alberta


 
L’entreprise Pétrolia, qui contrôle les permis d’exploration pétrolière d’une bonne partie de la Gaspésie, pense avoir découvert un site qui renfermerait d’importantes quantités de pétrole et de gaz. Son projet d’exploration Bourque, situé à l’est de Murdochville, pourrait contenir plus de 100 millions de barils de pétrole, a déjà fait valoir son président.   

La pétrolière a mené deux forages exploratoires l’été dernier entre Murdochville et Grande-Vallée, avec le soutien financier de Québec. Et les nouvelles semblent très bonnes pour Pétrolia. Selon ce qu’elle a fait valoir mercredi par voie de communiqué, les résultats d’analyses menées sur un seul des deux puits, Bourque 1, « révèlent la présence d’un réservoir renfermant d’importantes quantités d’hydrocarbures, dont du pétrole, des condensats et du gaz naturel ». Le pétrole qui a été tiré du forage à titre de test était « très léger ». Ce type d’or noir est très recherché, notamment parce qu’il est plus simple à raffiner. 

Vice-présidente de Pétrolia, Isabelle Proulx n’a pas souhaité s’avancer mercredi sur une évaluation du potentiel qui se trouverait sous les permis d’exploration détenus par l’entreprise. Celle-ci a confié à la firme albertaine Sproule Associates le mandat « d’évaluer le volume d’hydrocarbures » qui se trouveraient dans ce réservoir. C’est cette entreprise qui a déjà évalué le potentiel pétrolier de l’île d’Anticosti pour Pétrolia. 

Lors de l’assemblée annuelle 2012 de la pétrolière, son président, André Proulx, avait toutefois souligné que « par sa taille, la structure de Bourque pourrait contenir 100 millions de barils de pétrole facile à exploiter et dont la rentabilité ne fait pas de doute ». Au prix actuel de l’or noir, la valeur brute de ce gisement pourrait donc atteindre plusieurs milliards de dollars. Quant à la zone actuellement explorée, elle recoupe essentiellement deux permis détenus depuis 2009. Ceux-ci coûtent au total 3753,90 $ par année - à raison de 10 ¢ l’hectare -, selon ce qu’on peut calculer à partir des données du ministère des Ressources naturelles. Pétrolia détient un total de 45 permis en Gaspésie, pour une superficie totale de 8200 km2. Cela représente 17 fois l’île de Montréal.

mercredi 9 janvier 2013

Idle No More - Les plumes rouges sortent dans la rue



Le mouvement de revendications autochtones Idle No More roulait déjà depuis un moment, ailleurs au Canada, quand Widia Larivière s’est aperçue, le 10 décembre dernier, que les autochtones du Québec ne s’étaient pas encore mêlés aux manifestations.

« C’était peut-être une question de langue, plusieurs autochtones du Québec sont bilingues, ils parlent le français et leur langue autochtone, mais ne parlent pas anglais », raconte Widia Larivière, qui a par la suite cofondé la section québécoise du mouvement Idle No More, avec sa copine Mélissa Mullen-Dupuis.

 
Widia Larivière est une Algonquine de 28 ans qui a grandi à Québec, tandis que Mélissa Mullen-Dupuis, 34 ans, est une Innue originaire de Mingan, qui vit à Montréal depuis 10 ans. Ensemble, elles ont activé leurs réseaux sociaux, Twitter et Facebook en tête, et organisé la première manifestation québécoise d’Idle No More, au square Cabot de Montréal, le 21 décembre dernier. Le mouvement a depuis pris de l’ampleur, récolté de nombreux appuis, chez les autochtones comme chez les non-autochtones, et une nouvelle manifestation est attendue vendredi prochain, au Palais des Congrès de Montréal.

Leur slogan:  «On se laissera plus faire !»

Le nom du mouvement Idle No More n’a pas encore trouvé de traduction officielle par ses supporteurs québécois. « On s’est fait proposer Finie l’inertie, ou Finie l’inaction », rapporte Widia, mais les manifestants penchent désormais plutôt pour un slogan du genre « On se laissera plus faire ! ». Le mouvement québécois a aussi adopté la plume rouge, un clin d’oeil au carré rouge des étudiants, comme symbole rassembleur de leurs revendications.

En fait, c’est en voyant les chefs autochtones tenter, en vain, d’entrer dans la Chambre des communes, alors que les députés votaient sur le projet de loi omnibus C-45, que Widia Larivière s’est sentie mobilisée par le mouvement. « Pour nous, c’était symbolique. Souvent, on n’est pas d’accord avec nos propres chefs, mais les voir se faire refuser l’entrée à la Chambre des communes, cela touchait aussi la population qui est en dessous d’eux », dit-elle.

Le mouvement Idle No More est en effet un mouvement citoyen qui rassemble à ce jour davantage d’individus indépendants que de chefs. « Le mouvement est bon pour les chefs, mais aussi pour la population autochtone », relève Mélissa. À Uashat près de Sept-Îles, par exemple, où deux femmes innues, Aniseh Vollant et Jeannette Pilot, ont entrepris une grève de la faim depuis le 1er janvier en appui à celle tenue par la chef Theresa Spence, d’Attawapiskat, à Ottawa, le conseil de bande a exprimé son appui à la chef Spence et au mouvement Idle No More.



Mouvement non violent

À la base, le mouvement se veut pacifique et non violent. « À la manifestation du 21 décembre, il y a des aînés qui ont empêché des jeunes de lancer des boules de neige sur les immeubles. Ces jeunes n’étaient pas des autochtones, c’étaient des gens qui s’étaient infiltrés dans la manifestation », raconte Mélissa, qui constate par ailleurs que les autochtones ne sont souvent entendus que « lorsqu’ils bloquent des routes, des ponts ou des frontières ».

Ce mouvement, donc, a la particularité de réunir des autochtones de diverses communautés, de diverses nations, au-delà de leurs différences, qui sont pourtant prononcées. Certaines nations sont inscrites dans des traités qui ne sont pas toujours respectés. D’autres n’ont pas de traité du tout. Les Cris de la baie James sont régis par la Convention de la baie James, tandis que ceux de la réserve d’Attawapiskat, en Ontario, sont sous le coup de la Loi sur les Indiens. Plusieurs problèmes, de logement ou de sous-scolarisation, se manifestent dans la majorité des communautés autochtones du pays.

Il faut pourtant faire attention, rappelle Will Nichols, rédacteur en chef du magazine cri montréalais Nation, lorsqu’on parle d’abolir la Loi sur les Indiens, considérée comme obsolète par plusieurs.

« Le problème réside plutôt dans la façon dont la loi est gérée, dit-il. D’une certaine façon, cette loi répond à des réalités culturelles, comme la propriété collective, par exemple. Cela garantit que les peuples peuvent garder leurs traditions. […] Il faut faire attention de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain […] Cela permet de préserver quelque chose pour les générations futures. »

Au cours de sa vie, Mélissa a par exemple dû repenser son identité d’autochtone. « Je ne voulais plus la limiter à celle d’Indien inscrit en vertu de la loi », dit-elle. Elle voulait plutôt la penser en termes de culture, d’histoire et d’héritage, mais aussi de réalités contemporaines.

samedi 29 décembre 2012

Club 357c : le petit Bilderberg québécois ...

Parce que là se décide secrètement l'avenir du Québec?



par Éric Granger

 L’existence du Club le 357c m’était inconnu il y a quatre mois. J’ai découvert que ce club d’élite existait au mois d’août dernier lorsque je faisais une recherche sur  François Legault et la fondation de la Coalition Avenir Québec. Je suis ravi de voir maintenant que l’existence de ce club privé fait maintenant les manchettes grâce à la Commission Charbonneau.


J’ai montré dans mon reportage vidéo François Legault, ce n’est pas du changement que François Legault avait planifié en secret la création de son nouveau parti à l’intérieur des murs du 357c en compagnie de son mentor politique, Lucien Bouchard. Ce n’est pas moi qui l’ai dit en premier, mais plutôt deux journalistes d’expérience du Globe and Mail. Les Perreaux et Rhéal Séguin écrivaient un article le 16 décembre 2011 intitulé « Sovereignty losing ground in Québec » dont je vous traduis ici les deux premiers paragraphes :


« Au début de 2010, dans un club privé exclusif du Vieux-Montréal, Lucien Bouchard rencontrait son ancienne meilleure recrue, François Legault, afin de parler politique et de la nécessité d’un nouveau parti au Québec.


Le club, qui s’appelle le 357c en raison de son adresse vieille de 200 ans sur la rue de la Commune, se qualifie comme un endroit où la pensée créative peut être menée dans le plus grand confort et la plus grande discrétion. Et cette occasion demandait la discrétion. »


J’ose croire que ces deux journalistes du Globe and Mail savent de quoi ils parlent, qu’ils ont obtenu cette information privilégiée d’une façon ou d’une autre. Pourquoi écriraient-ils une telle chose sinon ?


Dire que François Legault a avoué avoir été une fois au 357c et que c’était pour un défilé de mode. Bien sûr, il ment. Il compte sur le fait que les Québécois ne lisent pas le Globe and Mail.


Depuis quelques jours, on apprend grâce à la Commission Charbonneau que beaucoup d’élus ont fréquenté le 357c pour y tenir des réunions discrètes, sinon secrètes.


Jean-Marc Fournier, Line Beauchamp, Pierre Moreau, Tony Tomassi (et bien d’autres libéraux) ont fréquenté le club exclusif.


Cependant, ce qui est intéressant, c’est la quantité de péquistes membres du gouvernement actuel qui ont profité du luxe et de la discrétion du 357c. La première ministre Pauline Marois, le ministre de la santé Réjean Hébert, le ministre des finances Nicolas Marceau et même le ministre des relations internationales, Jean-François Lisée.


Nicolas Marceau a dit y avoir été sur l’invitation du président de la Chambre de commerce, Michel Leblanc, alors qu’il était dans l’opposition. Il ne faut pas se surprendre si le dernier budget du ministre Marceau a rassuré et a plu au milieu des affaires et aux marchés financiers. Ce n’est peut-être pas pour rien que Michel Leblanc a loué le budget Marceau le jour de sa publication. A vous de voir.


Jean-François Lisée, lui, a utilisé la technique classique pour banaliser sa fréquentation douteuse du 357c : la dérision. Sa dernière entrée de blogue a pour titre : « Mes conspirations au 357c ». Son texte vise à atténuer le sérieux de l’affaire en utilisant le sarcasme et l’humour pour ridiculiser tous ceux qui pourrait croire à un copinage quelconque. 

Dans son texte, il avoue avoir rencontré à plusieurs reprises son ami Lucien Bouchard (encore lui !), il écrit :  « Lui avocat, moi universitaire et blogueur, nous avons conspiré ensemble à deux ou trois reprises. […]Nous avons fait l’un envers l’autre un lobby insistant en faveur de tel livre qu’il faut lire, tel film qu’il ne faut pas voir, tel voyage qu’on voudrait faire ». C’est un peu trop facile comme méthode, et de cette façon, il ne répond à aucune question sérieuse sur le sujet.


Lucien Bouchard est le nom qui revient le plus souvent au sujet du 357c. Pauline Marois l’a rencontré en ces lieux, Lisée bien sûr et il ne faut pas oublier François Legault qui a planifié la création de la CAQ avec ce dernier à l’intérieur du club privé. Et selon les dires de Legault, ça s’est passé pendant un défilé de mode. T’inquiète pas, on te croit François…


Bien sûr, il est impossible de savoir ce qui se passe ou se dit vraiment au 357c, car le secret (ou la discrétion si vous préférez) est de mise. Toutefois, ça ne prend pas la tête à Papineau pour voir qu’il y a quelque chose de pas très catholique qui se passe à l’intérieur du superbe immeuble du 357 rue de la Commune. Si la CAQ a été conçue en ces lieux, qui dit que l’avenir même du Québec n’y serait pas décidé aussi ? C’est une forte probabilité qu’il ne faut pas rejeter du revers de la main.


Les membres peuvent être rassurés, la direction du 357c a décidé de changer ses règles et, dorénavant, toutes les listes d’invités aux réunions seront détruites, au grand plaisir des membres qui, cela va de soi, ne conspirent jamais.

Source: Le Décodeur média citoyen

lundi 24 décembre 2012

jeudi 20 décembre 2012

CUSM - Un dérapage sans fin

Le ministre de la Santé, Réjean Hébert,  avait commandé ce rapport à des experts dès le début de son mandat en septembre dernier.
Dans la foulée des nombreuses révélations scandaleuses qui ont cours depuis des mois, le rapport Baron déposé mardi au sujet du dérapage financier mis au jour au Centre universitaire de santé McGill (CUSM) doit être replacé dans sa juste perspective : celle des neuf dernières années d’un gouvernement Charest qui avait promis plus de transparence et d’efficacité en faisant plus de place au secteur privé dans la gestion des services publics. L’échec est retentissant ! 

L'image choque : entre 2009 et 2011, le Centre universitaire de santé McGill a versé en salaires l’équivalent de 500 employés de plus qu’en 2008 sans qu’un seul patient supplémentaire ait été traité ou que la complexité des soins se soit accrue. Prévu pour atteindre 115 millions de dollars cette année seulement, le déficit du CUSM dépasserait alors celui qui a été enregistré l’an dernier par les 183 autres hôpitaux du Québec réunis, y compris les grands centres universitaires de Montréal et de Québec.

Voilà un aperçu du constat troublant effectué par le groupe d’experts mandaté par le nouveau ministre de la Santé, Réjean Hébert, dès son arrivée, en septembre dernier.

D’autres manquements graves ont été signalés, telle l’acquisition à prix fort, sans l’autorisation de l’Agence régionale, d’un immeuble inutilisable pour cause de zonage par une société affiliée au CUSM, ou encore la création d’une entreprise d’informatique hors du contrôle des autorités.

Au coeur du scandale, on retrouve l’ancien directeur général du CUSM, le Dr Arthur Porter, ce ratoureux homme d’affaires dont l’auteur du rapport, le Dr Michel Baron, soutient qu’il n’était pas du tout préoccupé d’assurer la saine gestion des finances de l’établissement. 

C’est pourtant cet homme qui prenait seul toutes les décisions au CUSM, se contentant souvent de présentations orales non documentées devant un conseil d’administration servile qui buvait ses paroles à l’instar des autres dirigeants de l’établissement. On le soupçonne maintenant d’avoir facilité l’obtention du contrat de gestion à long terme du futur CUSM par un consortium dirigé par SNC-Lavalin, une sale affaire pour laquelle l’ex-président de la firme, Pierre Duhaime, est accusé de corruption.

On comprend d’ailleurs difficilement que le ministre de la Santé fasse encore confiance au nouveau directeur du CUSM, Normand Rinfret, qui fut l’adjoint du Dr Porter, même en lui déléguant un « accompagnateur » chargé de s’assurer que les corrections seront apportées rapidement.

Depuis plusieurs mois, le Québec vit une véritable psychose alimentée par les enquêtes journalistiques, administratives, policières et par la commission Charbonneau. Les révélations se multiplient au rythme des milliards engloutis dans ces affaires frauduleuses.

Dans certains ministères et plusieurs municipalités, dans les services informatiques et la plupart des projets d’infrastructures, le loup est entré dans la bergerie au vu et au su de politiciens et de fonctionnaires corrompus qui lui ont ouvert la porte toute grande en échange d’avantages personnels ou politiques.

Ce n’est certainement pas faire preuve de partisanerie que d’établir un lien entre l’état lamentable dans lequel des pans entiers du secteur public québécois se retrouvent aujourd’hui et le projet avoué de rapprochement avec le privé qui fut à l’origine des décisions prises par le gouvernement Charest tout au long de ses neuf années au pouvoir.


***

... le Québec vit une véritable psychose.  Espérons que l'hiver,  avec  ses joies comme avec ses misères,  vienne nous changer les idées! 

Heureuses Fêtes! 

May  

dimanche 9 décembre 2012

J.-F. Lisée: suggestions de lecture de Noël de mes amis de l’opposition

Les débats à l’Assemblée peuvent être acrimonieux, c’est l’évidence. Mais il faut reconnaître les moments où les députés, de tous les partis, s’entraident de plusieurs façons, grandes et petites.
Grandes, comme les projets de loi adoptés à l’unanimité contre la corruption, pour la réforme du financement des partis, la motion pour le maintien de l’aide canadienne à la Palestine, j’en passe.

Petites, comme la publicité gratuite que deux membres de l’opposition ont fait à deux de mes bouquins. Cachotiers, ils ne m’en avaient même pas avisés à l’avance ! Et ils l’ont fait juste avant les emplettes des fêtes ! Voyez plutôt:


Il y a même débat. Gérard Deltell semble préférer lire Le Tricheur dans sa version longue, tel que publié en 1994. Christine Saint-Pierre, plus moderne, semble plaider au contraire pour la version courte Le Petit Tricheur, publié plus tôt cette année.

Je crois que Christine a raison. Sauf pour les étudiants en histoire, Le Petit Tricheur s’impose.

Source: Jean-François Lisée
Son blogue
 

mardi 4 décembre 2012

Attentat au Métropolis (2) : La première ministre a eu raison de lever le tabou


Antoine Robitaille
4 décembre 2012
Éditorial Le Devoir

« Attentat politique » : les termes sont si souvent galvaudés de nos jours que plusieurs ont qualifié de grossière exagération leur utilisation par la première ministre Pauline Marois, dimanche à Tout le monde en parle, pour qualifier l’acte présumé de Richard Bain, le soir du 4 septembre au Métropolis. 
Depuis trois mois, un cortège de voix insistent sur le fait qu’il ne faut pas « exagérer » ; que c’était simplement le geste d’un « fou » traversant une période de crise. Certes, c’est un homme isolé, en robe de chambre, qui a agi ce soir-là ; il n’y a, à l’évidence, pas eu complot.

Refuser de penser l’événement dans toutes ses dimensions, en réduisant l’affaire au geste d’un désaxé, n’a rien de nouveau. L’auteure de L’ouragan homicide, L’attentat politique en France au XIXe siècle (Champ Vallon, 2011), Karine Salomé, a expliqué dans plusieurs interviews que de désigner comme « fou », « fanatique », « exalté », « l’attentateur », est une constante de l’histoire.

Le procès de Richard Bain n’a pas encore eu lieu et certains aspects restent à clarifier. Les parties devraient d’ailleurs être de retour en cour vendredi. « L’ensemble des éléments de preuve et l’acte d’accusation ont été traduits en anglais à la demande de l’accusé », a-t-on pu lire dans une dépêche en octobre. L’homme fait face à seize chefs d’accusation, dont un de meurtre prémédité de Denis Blanchette, trois de tentative de meurtre, un de voies de fait graves et un d’incendie criminel.

Qu’est-ce qu’un attentat, selon le Trésor de la langue française ? « Entreprise criminelle perpétrée contre une personne ou contre une communauté, et particulièrement dans un contexte politique. » Cela ressemble bien aux crimes dont est accusé M. Bain, non ?

Et pourquoi cette réticence, au Québec, à qualifier l’événement d’« attentat politique » ? Après tout, c’était un soir d’élection. L’homme s’est présenté à une réunion politique. Il aurait vociféré des propos à teneur politique : « It’s payback time », « Les Anglais se réveillent ! » Le lendemain, il a téléphoné à une station de radio. Assez lucide pour taire le sujet de la fusillade, il a toutefois expliqué en 38 minutes sa vision politique d’une partition de l’île de Montréal. D’accord, il a aussi parlé de ses visions de Dieu…

Mais qu’une personne, même désaxée, mette le feu à quelque institution religieuse et on n’hésitera aucunement à parler - avec raison - d’un geste « politique » de rejet, de haine. Pourquoi, dans le cas des accusations contre Bain, y a-t-il une réticence ne serait-ce qu’à débattre du caractère politique, anti-souverainiste, voire francophobe de ces comportements ? Le faire n’inculpe aucunement l’ensemble des anglophones du Québec. Qualifier les meurtres de Marc Lépine, le 6 décembre 1989, de misogynes, d’un « attentat contre les femmes », inculpait-il tous les hommes ? Non.

En somme, la première ministre a eu raison de lever le tabou.

***

... Et  enfin d'appeler un chat un chat! 

Bref, on ne le dira jamais assez. Pourquoi cette réticence, au Québec, à qualifier l’événement d’« attentat politique »? Merci au Devoir de ne pas avoir eu peur de lui donner raison concernant cette histoire avec le présent éditorial. On ne peut pas par contre, comme on le sait, en dire autant pour d'autres quotidiens ! 

Mais faudra bien un de ces jours clarifier l'affaire.