« Un peuple qui élit des corrompus, des renégats, des imposteurs, des voleurs et des traîtres n’est pas victime ! Il est complice ». Georges Orwell


dimanche 15 septembre 2013

Leadership du Bloc : la candidate Maria Mourani entre l’incompétence et la complaisance à l’égard des islamistes


Après que le National Post (19 novembre 2011) ait révélé le double emploi de l’ex-ministre Philippe Couillard comme membre du Comité de surveillance des activités d’espionnage du SCRS et comme consultant pour l’Arabie saoudite, Maria Mourani a dénoncé la situation et enjoint l’ex-ministre de choisir entre ses deux positions.
Il était légitime que madame Mourani s’objecte au double emploi du Dr. Couillard d’autant plus qu’elle est la critique de son parti en matière de sécurité publique. Cependant, quand on constate les relations qu’elle-même entretient avec des puissances étrangères, on peut difficilement croire que son intervention ait été motivée par la sécurité du Canada.
À l’occasion de la campagne au leadership du Bloc Québécois qui doit se conclure par l’élection d’un nouveau chef le 11 décembre 2011, Point de Bascule revient sur certaines des prises de position passées de la candidate au leadership Maria Mourani. Selon nous, ces positions témoignent au mieux de son incompétence et au pire de sa complaisance envers les islamistes.
Le 22 juin 2010, le directeur du SCRS, Richard Fadden, mentionna à la CBC que des politiciens canadiens sont sous l’emprise de gouvernements étrangers. Le 26 juin, Maria Mourani exigea la démission de M. Fadden dans un communiqué de presse après l’avoir accusé «de semer le doute sur la probité et l’intégrité de nombre d‘élus et (de) cré(er) un climat malsain de suspicion et une paranoïa populaire, notamment à l‘égard d‘élus d’origine étrangère».
À l’époque, Richard Fadden avait laissé entendre que la Chine cherchait activement à influencer les politiciens canadiens. En septembre 2011, les médias canadiens révélèrent que le secrétaire parlementaire du ministre des Affaires étrangères, Bob Dechert, et une journaliste de l’agence de presse officielle chinoise Xinhua basée à Ottawa avaient échangé des messages amoureux par courriel. La journaliste chinoise fut rappelée en Chine dès que l’affaire fut rendue publique. Invité à commenter, un ancien espion chinois réfugié aux États-Unis déclara au Globe and Mail (30 novembre 2011) qu’il était fréquent que la Chine utilise des journalistes pour influencer des politiciens de haut rang ou obtenir des informations de leur part. L’ancien espion ne put cependant pas confirmer si c’était bien le cas cette fois-ci.
Présentation de l’article
Dans cet article, Point de Bascule revient sur certaines des positions passées de Maria Mourani à l’égard des islamistes :
9 mars 2006 
Maria Mourani invite les représentants de huit pays membres de l’Organisation de la coopération islamique à assister à son assermentation comme députée à Ottawa. Elle leur déclare : «Je serai à votre écoute». En 2010, Madame Mourani a décrit comme «parfaitement normal» que des députés canadiens répondent ainsi aux demandes de représentants de puissances étrangères;
17-24 août 2006
Lors d’un voyage au Liban financé par le Conseil national des relations canado-arabes, Maria Mourani accuse Israël d’avoir commis des crimes de guerre au Liban. Plus tard, elle se rétracte;
Février 2009
Maria Mourani fait parvenir un courriel à tous ses collègues députés à Ottawa qui contient de nombreux liens vers des sites glorifiant les attentats-suicide et le jihad. Plus tard, elle dira qu’elle n’avait pas pris connaissance des vidéos qu’elle suggérait à ses collègues de visionner;
11-18 février 2010
Maria Mourani voyage en Turquie aux frais de l’ambassade turque et du gouvernement de la Turquie qui soutient ouvertement le Hamas. Madame Mourani a également participé à d’autres activités commanditées par le gouvernement turc au Canada;
2 novembre 2011
Maria Mourani dénature le crime d’honneur et le présente comme un équivalent aux meurtres qui surviennent dans un contexte familial non-musulman en Occident. Madame Mourani passe sous silence le fait que le crime d’honneur est endossé par la charia et que le meurtrier profite de la complicité de sa famille et du silence de sa communauté, ce qui n’est généralement pas le cas dans les autres cas de meurtres en milieu familial auxquels elle fait référence.
Informations personnelles
mourani
Maria Mourani est née le 19 mai 1969 à Abidjan (Côte d'Ivoire) de parents d’origine libanaise.
Elle entreprend son troisième mandat de députée du comté montréalais d’Ahuntsic pour le Bloc Québécois à la Chambre des Communes.
«Je serai à votre écoute» – Maria Mourani invite les représentants de huit pays membres de l’Organisation de la coopération islamique à son assermentation
Lors de sa première élection comme députée, Maria Mourani a invité six ambassadeurs et trois autres diplomates représentant huit pays membres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) à sa séance d’assermentation. Selon Le Tour du Bloc (9 mars 2006), la nouvelle députée avait alors déclaré à ses invités : «Je serai à votre écoute».
Réagissant à un article de Point de Bascule qui soulignait le conflit d’intérêts dans lequel elle se retrouvait, Maria Mourani avait déclaré au Journal de Québec en 2010 : «Comme tout député, nous sommes à l’écoute de tous les ambassadeurs. Nous écoutons ce qu’ils ont à nous dire, nous évaluons leurs demandes. (…) C’est parfaitement normal.»
Dans les années récentes, l’Arabie saoudite et la Turquie, qui étaient parmi les pays représentés à l’assermentation de madame Mourani, n’ont fait aucun mystère de leur engagement à promouvoir la cause de l’islam radical à travers le monde. Comme nous l’avons récemment souligné à l’occasion de la controverse entourant le double-emploi du Dr. Philippe Couillard (article 1 – article 2), l’Arabie saoudite est activement impliquée dans la promotion de l’islam radical au Canada, notamment en diffusant de la littérature subversive dans les mosquées et les écoles qu’elle contrôle.
Dans un plaidoyer qu’elle a livré à l’Assemblée nationale en mai 2005 (Journal des débats), la députée Fatima Houda-Pepin a rappelé que la stratégie visant à mettre sur pied des tribunaux islamiques au Canada avait été élaborée par la Ligue islamique mondiale (LIM), une organisation saoudienne opérant en Amérique du Nord. 

En 1991, des imams actifs aux États-Unis et au Canada avaient été convoqués à Washington par la LIM saoudienne pour assister à une réunion dont le thème était : «Élaborer des stratégies pour introduire la charia au Canada et aux États-Unis». La LIM compte parmi ses fondateurs le père de Tariq Ramadan (Saïd) et le Pakistanais Syed Maududi, un autre promoteur de la révolution islamique mondiale.
Les menaces de poursuites judiciaires de l’Arabie saoudite contre les télédiffuseurs qui s’aviseraient de diffuser une publicité du groupe Ethical Oil rappelant le sort fait aux femmes dans ce pays constitue une des récentes manifestations d’ingérence des Saoudiens au Canada.
Est-il présomptueux de penser que le ministre de la Santé de l’Arabie saoudite, qui maintient des relations que madame Mourani juge inacceptables avec le Dr. Couillard, défend le même programme et les mêmes intérêts que le chargé d’affaire saoudien qui assistait à sa propre assermentation et auquel elle a promis d’être à l’écoute?
Les élus sont là pour représenter les intérêts de leurs électeurs et les hauts fonctionnaires ceux du Canada qui les emploie. Ils ne sont pas payés pour faire le lobbying de puissances étrangères auprès du gouvernement du Canada et de ses agences.

http://pointdebasculecanada.ca/archives/10002516-le-tour-du-bloc-9-mars-2006,-p-3.html
Maria Mourani blanchit le Hezbollah, accuse Israël de crimes de guerre et se rétracte
12 juillet 2006
Un commando du Hezbollah pénètre en territoire israélien, attaque des militaires qui patrouillent la frontière, en tue trois, en capture deux et en blesse plusieurs autres. Cette origine du conflit qui allait suivre est confirmée par le rapport CS/8776 du Conseil de sécurité de l’ONU.
Dans les jours qui suivirent, Israël mène une opération qui vise à retrouver ses soldats capturés et à détruire des bases d’opération du Hezbollah au Liban.
17-24 août 2006
Maria Mourani et deux autres députés fédéraux du Parti Libéral et du NPD participent à une mission au Liban financée par le Conseil national des relations canado-arabes (CNRCA-NCCAR). (NCCAR Special Report)
21 août 2006
Boris Wrzesnewskyj, le député libéral qui accompagne Maria Mourani au Liban, suggère d’entamer des discussions avec l’aile politique du Hezbollah. Il affirme qu’agir de la sorte contribuerait à «déplacer le centre de gravité de l’organisation Hezbollah du militaire vers le politique». (CBC News)
22 août 2006
Les chefs de partis fédéraux se dissocient de leurs députés en visite au Liban qui ont demandé de retirer le Hezbollah de la liste des entités considérées terroristes par le gouvernement du Canada. Gilles Duceppe déclare : «Tant et aussi longtemps que ce groupe (le Hezbollah) ne reconnaîtra pas le droit à l’existence d’Israël, cette question ne peut être à l’ordre du jour.» (Le Devoir)
30 août 2006
À son retour au Canada, Maria Mourani accuse Israël de crimes de guerre. (Le Devoir)
31 août 2006
Maria Mourani retire ses accusations contre Israël. Dans un communiqué de presse, elle déclare que c’est à l’ONU d’enquêter sur ces allégations. (The Gazette)
Au moment de son passage au Liban, Maria Mourani avait condamné Israël pour «réaction excessive» (Calgary Herald – 21 août 2006), notamment après que plusieurs civils aient été tués à Qana (Liban). Jamais, cependant, elle ne mentionna les éléments suivants :
  1. Le Hezbollah attaquait Israël à partir de zones densément peuplées du Liban qu’il contrôle. Il utilisait littéralement les civils comme boucliers humains;
  2. Avant de s’en prendre aux installations du Hezbollah, Israël avait prévenu les populations vivant dans ces régions et les avait enjointes de quitter leurs quartiers.
À l’époque, le ministère des Affaires étrangères d’Israël avait présenté sa version des événements de Qana dans un communiqué de presse.
Le 22 août 2006, The Gazette publia un éditorial qui résume bien le dilemme dans lequel se trouve Israël face au Hezbollah :
(Traduction PdeB) «Comment fait-on un compromis avec le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, qui déclare qu’"il n’y aura pas de solution au conflit dans la région sans qu’Israël ne disparaisse"?»
(…) «Dans un sens, le Hezbollah est pire qu’un simple groupe terroriste. En tant qu’"acteur non-étatique", le Hezbollah est une armée sans pays. Cela lui donne un important pouvoir militaire sans responsabilité politique. Il lui est loisible de viser les civils israéliens. Cependant, si Israël réplique et cause des pertes civiles, c’est Israël qui est blâmé.»
Dans son programme de 1985, le Hezbollah se définit purement et simplement comme une succursale de l’Iran de l’ayatollah Khomeini (1902-1989):
(Traduction PdeB) «Nous considérons le régime iranien comme l’avant-garde et le nouveau noyau de l’État islamique dans le monde. Nous obéissons aux ordres d’un leadership sage et juste (…) personnifié par l’ayatollah Khomeini.»
Cité dans Hezbollah : Made in Tehran (Le Hezbollah : une création de Téhéran), un exposé de Ilan Berman, vice-président de l’American Foreign Policy Council, devant un sous-comité de la Chambre des représentants américains (2006)
Associated Press (28 août 2006) : Iran called ‘central banker’ of terror (L’Iran qualifiée de principal financier du terrorisme)
Dans un texte intitulé Islam Is not a Religion of Pacifists (L’islam n’est pas une religion de pacifistes), voici comment l’ayatollah Khomeini, guide spirituel du Hezbollah, définit le jihad tel que pratiqué par ses supporteurs à travers le monde :
(Traduction PdeB) «Ceux qui étudient le jihad comprendront pourquoi l’islam désire conquérir le monde entier. Tous les pays conquis par l’islam ou qui seront conquis dans le futur bénéficient d’un salut éternel. Parce qu’ils vivront sous (la loi de Dieu).»
(…) « L’islam déclare : Tuez les mécréants, attaquez les par l’épée et dispersez (leurs armées). Est-ce que cela signifie de s’allonger jusqu’à ce que les mécréants nous aient dominés?»
(…) « L’islam déclare : Tout ce qu’il y a de bon existe par l’épée et à l’ombre de l’épée ! Il n’y a que l’épée pour amener les gens à obéir. L’épée est la clé du paradis qui ne peut être ouvert que pour les combattants d’Allah ! Il y a des centaines de versets (du Coran) et de hadiths commandant aux musulmans de valoriser la guerre et de se battre. Est-ce que tout cela signifie que l’islam est une religion qui empêche les hommes de mener la guerre? Je crache sur ces âmes idiotes qui font une telle affirmation.»
Extrait reproduit par Andrew Bostom, The Legacy of Jihad, Amherst, Prometheus Books, 2005, p. 226 (Google Livres)
Madame Mourani, comment suggérez-vous de faire face à un tel programme? Question préalable : Madame Mourani, croyez-vous qu’il soit légitime de s’opposer à un tel programme?
Maria Mourani distribue à ses collègues un bulletin contenant des liens vers des vidéos glorifiant les attentats-suicide menés par le Hamas
Le 16 janvier 2009, la Fédération canado-arabe (FCA) a distribué un bulletin contenant des liens vers des vidéos glorifiant les opérations-suicide menées par le Hamas au Moyen-Orient.
Deux semaines plus tard, la députée Mourani a fait parvenir le même bulletin à tous ses collègues d’Ottawa. Selon La Presse qui avait obtenu copie du courriel de madame Mourani à l’époque, celui-ci contenait «plusieurs liens, dont un vers une vidéo où se succèdent des images de drapeaux, de militants armés, de kamikazes, ainsi que de dirigeants de groupes tels que le Hamas, le Jihad islamique palestinien et la Brigade des martyrs d'Al-Aqsa, toutes des entités inscrites sur la liste des organisations terroristes du ministère canadien de la Sécurité publique. (…) Le visage de Khaled Mashal, leader du Hamas, (y était) entouré d'un cœur», etc.
Critiquée de toutes parts, la députée Mourani avait alors tenté de se justifier en plaidant ne pas connaître le contenu des vidéos qu’elle avait suggérées à ses collègues de visionner.
Malorie Beauchemin (La Presse – 4 février 2009) : Des vidéos haineuses embarrassent le Bloc
Dans un discours récent, un leader du Hamas a souligné que la bataille que son organisation mène pour l’élimination d’Israël n’est qu’une partie d’un combat plus vaste qui vise à faire triompher les principes de l’islam à la grandeur de la planète :
(Traduction PdeB) «Aujourd’hui, nous tenons à souligner que notre plan ne se limite pas à la libération de la Palestine. (...) Notre plan vise à guérir toutes les maladies de la civilisation occidentale qui ne sait que repousser ou tuer, contrôler ou détruire, entrer en conflit avec le peuple ou le restreindre.»
«Cette civilisation sera incapable de résister au grand et glorieux islam et à son programme humanitaire.»
(…) «La nation arabe a commencé à récolter les fruits d’un chaud printemps arabe. Hier, les islamistes l’ont emporté en Tunisie. Demain, ils triompheront en Égypte, puis en Libye et ce, jusqu’à ce que l’islam, qui règne en conformité avec les règles du Coran, prévale sur la planète entière.»
Discours diffusé sur les ondes d’Al-Quds TV. La vidéo est sous-titrée par MEMRI en anglais et archivée par GMBDR
Lors des deux procès de la Holy Land Foundation qui se sont déroulés aux États-Unis en 2007 et 2008, des documents présentés en preuve ont démontré que le Hamas a développé toute une infrastructure en Amérique du Nord, non seulement pour recueillir des fonds pour supporter son offensive au Moyen-Orient mais également pour faire progresser l’islamisation de l’Amérique du Nord. (GMBDR)
Dans un mémorandum déposé en preuve, voici comment les Frères Musulmans définissent l’objectif qu’ils poursuivent en Amérique du Nord :
(Traduction PdeB) «Les Frères Musulmans doivent comprendre leur travail d'implantation en Amérique comme une sorte de grand jihad visant à éliminer, à détruire de l'intérieur la civilisation occidentale et à saboter sa misérable demeure afin que la religion d'Allah soit victorieuse sur toutes les autres religions. (...) C'est la destinée du musulman que de mener le jihad peu importe où il se trouve et ce, jusqu'à son dernier souffle.»
Maria Mourani maintient de nombreux liens avec la Turquie de Recep Erdogan
Le parti islamiste de Recep Erdogan (Justice et Développement – AKP) a pris le pouvoir en 2002. Erdogan lui-même a été élu en 2003 avant d’être nommé premier ministre. Un article de 2006 publié par le Wall Street Journal énumère des changements introduits depuis l’arrivée au pouvoir des islamistes. Il conclut en affirmant que «tout comme à Gaza et au Liban, la menace (islamiste en Turquie) provient de partis qui invoquent la démocratie pour appliquer un programme clairement antidémocratique».
Michael Rubin (Wall Street Journal – 19 octobre 2006) : Mr. Erdogan’s Turkey (La Turquie de M. Erdogan). Archivé sur Middle East Forum
Depuis l’élection d’Erdogan, Maria Mourani, a pris part à plusieurs activités commanditées par son gouvernement :
24 mai 2007
Maria Mourani participe au septième anniversaire du jardin turc de Montréal en compagnie du consul de Turquie et d’autres personnalités. L’événement est rapporté par le site BizimAnadolu.com.
2010
Sur son propre site, Maria Mourani s’identifie comme la vice-présidente du Groupe d’amitié Canada-Turquie. Elle mentionne avoir été membre du Groupe depuis 2007.
11-18 février 2010
Maria Mourani voyage en Turquie aux frais de l’ambassade turque et du gouvernement de la Turquie.
http://ciec-ccie.gc.ca/resources/Files/French/Rapports%20publics/Liste%20des%20déplacements%20parrainés/2010%20-%20Liste%20des%20déplacements%20parrainés.pdf
Au moment où le premier ministre Harper identifie l’islam radical (vidéo) comme le principal danger menaçant le Canada, celle qui agit comme critique du Bloc Québécois en matière de politique étrangère accepte les faveurs d’un régime dont le leader multiplie les déclarations menaçantes :
1996
Selon Recep Erdogan, la démocratie n’est qu’un moyen pour atteindre ses buts :
(Traduction PdeB) «La démocratie c’est comme un tramway. Vous le prenez jusqu’à ce que vous arriviez à destination puis vous descendez.»
Cité par Christopher Caldwell (New York Times – 25 septembre 2005) : The East in the West (L’Orient en Occident)
1997
Alors qu’il était maire d’Istanbul, Recep Erdogan résuma sa conception de l’islam dans un poème qu’il récita :
«Les mosquées sont nos casernes, les minarets nos baïonnettes, les dômes nos casques et les croyants nos soldats.»
            Le Point (30 janvier 2009) : Portrait – Recep Tayyip Erdogan, l'homme des controverses
11 mai 2011
Recep Erdogan appuie le Hamas :
(Traduction PdeB) «Laissez-moi vous transmettre un message très clair : Je ne vois pas le Hamas comme une organisation terroriste. Hamas est un parti politique. Il est né comme un parti politique, il est apparu comme un parti politique. C’est une organisation, c’est un mouvement de résistance qui tente de protéger son pays sous occupation.»
Charlie Rose interviewe Recep Erdogan (vidéo 19:00).
Le Hamas tente diplomatiquement et militairement d’éliminer Israël de la carte. Ses leaders ont confirmé, encore récemment, que la campagne contre Israël n’est qu’une partie d’un programme plus vaste contre la civilisation occidentale dans son ensemble. (vidéo)
Quand Maria Mourani fut blâmée pour avoir fait parvenir un courriel à ses collègues députés qui glorifiait les attentats-suicide du Hamas, elle plaida son ignorance du contenu des documents vers lesquels menaient les liens qu’elle leur suggérait.
Doit-on également expliquer les relations que madame Mourani a développées avec la Turquie par son ignorance des positions de son leader Recep Erdogan?
Maria Mourani relativise et dénature le concept de crime d’honneur
À l’occasion du procès Shafia qui se déroule à Kingston, Richard Martineau consacra une émission des Francs-tireurs au crime d’honneur. Interviewée durant l’émission, Maria Mourani dénatura complètement le concept de crime d’honneur. Elle présenta les meurtres de conjoints ou d’enfants par leurs parents tels qu’ils surviennent au Québec et ailleurs dans des contextes non-musulmans comme des équivalents aux crimes d’honneur.
Tout en se disant opposée au multiculturalisme, Maria Mourani en applique la règle d’or selon laquelle on ne doit pas rappeler les pratiques répugnantes encouragées par certaines cultures. «C’est toute pareil», conclut-elle dans son interview.
(Vidéo ) Maria Mourani : «Ce genre de crimes-là qu’on appelle crimes d’honneur, il y en a un petit peu partout dans différents pays mais je vous dirais aussi : c’est vieux. C’est très ancien, c’est vieux comme la mort.»
(…) «C’est un crime qui est fait dans un contexte de violence conjugale et de violence familiale. Un homme pense que sa femme pi ses enfants sont ses choses. Ils lui appartiennent. Ici au Québec, on le voit ça. On le voit. On le voit dans l’actualité. Un père qui a tué ses deux enfants parce que sa femme l’a trompé… Pour lui, ces enfants-là, c’est (sic) ses choses… sa façon à lui de réparer son honneur, de lui faire mal. On parle pas de crimes d’honneur mais c’est un crime d’honneur. C’est toute pareil.»
Dans une chronique subséquente publiée par le Journal de Montréal, Richard Martineau s’en est pris au relativisme culturel de Maria Mourani. Martineau énuméra neuf caractéristiques du crime d’honneur telles que présentées par l’organisation suisse SURGIR. Parmi celles-ci, la participation de la famille au meurtre et la complicité de la communauté distinguent les crimes d’honneur des autres cas de meurtre dans un contexte familial qui surviennent en Occident.
C’est parce qu’historiquement l’individu (et non pas le clan, la tribu ou quelqu’autre collectif) a été considéré comme la minorité qui mérite le plus d’être défendue que les meurtres d’enfants par leurs parents ou celui d’un conjoint par un autre sont socialement réprouvés et punis en Occident.
Il est essentiel de rappeler que les musulmans qui commettent des crimes d’honneur ont la conscience d’autant plus tranquille que les règles de la charia leur garantissent l’immunité. S’ils devaient être condamnés par les lois des hommes sur terre, la charia leur garantit qu’ils seront innocentés dans l’au-delà.
Deux extraits de manuels de charia endossant le crime d’honneur (avec les références appropriées) sont disponibles sur Point de Bascule. Les extraits qui suivent ont été traduits par PdeB :
  1. Umdat al-Salik (article o1.2.4) : «Un père ou une mère (ou leurs pères et leurs mères) qui tuent leurs descendants ou les descendants de leurs descendants ne sont passibles d’aucune peine»;

  2. A Clarification of Questions (Appendix II – article 2.3) : «Conditions de représailles : Celui qui tue ne doit pas être le père de la personne tuée, ni le grand-père paternel (apparemment)».
L’Umdat al-Salik (Reliance of the Traveller – La dépendance du voyageur) fait autorité chez les musulmans sunnites. Il est endossé par Tariq Ramadan dans son livre Radical Reform (New York, Oxford University Press, 2009, pp. 302-303) et par l’International Institute of Islamic Thought, une organisation des Frères Musulmans opérant en Amérique du Nord et ailleurs dans le monde occidental.
Le manuel A Clarification of Questions et son annexe consacrée à l’immunité du père qui tue ses enfants ont été écrits par l’ayatollah Khomeini, une autorité de l’islam chiite.
La volonté de Maria Mourani d’atténuer le caractère répugnant du crime d’honneur en le présentant comme l’équivalent de ce qu’il n’est pas nous rappelle les objections de son collègue libéral Justin Trudeau à qualifier les crimes d’honneur et les mutilations génitales de «pratiques barbares».
Faut-il s’étonner qu’après s’être mise à l’écoute des représentants de pays où le crime d’honneur est endémique et souvent peu ou pas puni, qu’après avoir bénéficié des largesses de la Turquie qui l’invite à voyager chez elle, Maria Mourani ne veuille pas incommoder ses hôtes en présentant le crime d’honneur comme la pratique barbare justifiée par la charia qu’il est.
La grande connaissance du monde musulman de madame Mourani et ses antécédents professionnels dans les centres jeunesse au Québec auraient dû faire d’elle la personne tout indiquée pour aider les autorités et les citoyens à comprendre ce fléau grandissant du crime d’honneur qui croît au même rythme que les vagues d’immigration musulmanes au Canada et dans les autres pays occidentaux.
Elle a plutôt choisi de dénaturer les faits en reprenant le discours des lobbies islamistes impliqués dans un jihad idéologiquede désinformation.
Selon ce que le procès Shafia nous apprend, une bonne dizaine d’intervenants dans les écoles fréquentées par les trois sœurs Shafia et à la DPJ connaissaient les menaces dont elles faisaient l’objet. Personne n’est intervenu pour les aider. On peut directement attribuer cette inaction à la confusion dont on entoure le crime d’honneur et au désir à tout prix de ne pas heurter des sensibilités religieuses. Amoindrir une menace en la dénaturant n’est pas sans conséquences.
Conclusion
Maria Mourani n’a certes pas accès aux mêmes données confidentielles que le Dr. Couillard qu’elle critiqua pour son double-emploi au service de l’Arabie saoudite et de celui du Comité de surveillance des activités d’espionnage du SCRS. Sa trop grande proximité avec des régimes étrangers n’en est pas moins inopportune.
Dans un système parlementaire, l’opposition doit s’assurer que le gouvernement défend les intérêts du pays qu’il dirige. Le rôle de madame Mourani en tant que critique de son parti en matière de sécurité publique en est un de chien de garde. Elle doit s’assurer que le gouvernement répond adéquatement aux menaces qui pèsent sur le pays.
En se déclarant à l’écoute de gouvernements étrangers ouvertement favorables à l’islam radical et en acceptant leurs faveurs, madame Mourani ne joue pas le rôle qui lui revient sur les questions de sécurité publique. Elle ne fait pas partie de la solution qui permettra de freiner la pénétration de l’islam radical au Canada, elle fait plutôt partie du problème.
Références supplémentaires

via Vigile.net

vendredi 13 septembre 2013

Maria Mourani réfléchit à son avenir comme militante indépendantiste






La députée Maria Mourani persiste et signe: il n'y a aucun espace pour un accommodement raisonnable entre elle et la charte québécoise des valeurs dans sa facture actuelle.

«Congédier des femmes des centres de la petite enfance parce qu'elles portent une croix ou un foulard, ou un homme d'un hôpital parce qu'il porte une kippa ou un turban, je ne peux pas souscrire à une telle politique», a déclaré la députée fédérale d'Ahuntsic, vendredi à Montréal, au lendemain de son expulsion du caucus du Bloc québécois.

Mme Mourani, qui a à son tour quitté le Bloc, demeurera députée de la circonscription du nord de Montréal jusqu'à la fin de son mandat et affirme ne rien regretter de ses propos.

«Vous savez, quand je parle, c'est mûrement réfléchi. Et je pense que ce qui se passe actuellement est inacceptable pour le mouvement indépendantiste», a-t-elle dit lors d'un point de presse dans son bureau de comté, précisant qu'elle réfléchit à son avenir comme militante indépendantiste.

«Est-ce que les gens comme moi qui viennent d'ailleurs, qui s'intègrent au Québec, qui deviennent des citoyens à part entière, est-ce qu'ils ont leur place dans le mouvement indépendantiste?» a-t-elle demandé, tout en admettant qu'elle n'a pas encore de réponse à cette question.

Dommages collatéraux

Il est clair dans son esprit, toutefois, que la manière dont ce débat a été lancé provoque des dommages collatéraux à plusieurs niveaux, à commencer par le Bloc québécois.

«Pour le Bloc, j'avoue que la stratégie... pas fort du tout», a-t-elle laissé tomber, rappelant qu'elle était jusque-là la seule femme et la seule représentante issue de l'immigration du caucus. «Je m'amusais d'ailleurs à leur dire: je suis 100 % du caucus féminin et 100 % du caucus multiethnique (...), mais bon, ç'a l'air qu'ils ne l'ont pas compris.»

Elle estime que le gouvernement péquiste, avec cette charte, cause un tort immense non seulement à la cause indépendantiste, mais aussi à l'image du Québec dans le reste du Canada.

«On nous décrit comme xénophobes, comme racistes dans les autres médias (canadiens). Il faut le reconnaître. (...) Nous ne sommes pas comme ça, mais des politiques telles qu'on le voit avec cette charte très maladroitement amenée font en sorte que notre image en prend un coup», a-t-elle dit.

Quant aux efforts visant à obtenir l'adhésion des communautés culturelles au projet de Québec souverain, Mme Mourani souhaite bonne chance au mouvement indépendantiste. «Les gens sont extrêmement blessés; le lien de confiance est brisé et vous savez comment le lien de confiance, c'est quelque chose qui se bâtit d'année en année.»

Des critiques 

François Leblanc, qui était directeur du cabinet de l'ancien chef bloquiste Gilles Duceppe, lui a donné raison dans un échange sur Twitter qui se concluait ainsi: «Déçu moi aussi pour tous ceux qui ont mis tout ce temps et ces énergies à bâtir ce qui avait un rôle unificateur à jouer».

La décision du chef du Bloc québécois a aussi été dénoncée par une centaine de militants indépendantistes qui ont signé une pétition lancée sur Facebook et qui est portée par l'ancien président du Nouveau Mouvement pour le Québec, Jocelyn Desjardins. «À la lumière des circonstances, il faut se demander si le Bloc québécois cherche toujours à défendre à Ottawa les intérêts de tous les Québécois ou les intérêts du Parti québécois», a écrit M. Desjardins.

Maria Mourani s'est interrogée à voix haute quant à savoir si le débat s'inscrivait dans une «stratégie électoraliste identitaire» qui s'articulerait au détriment de la défense des droits fondamentaux de la personne.

«Tout au long de ma militance, j'ai vu qu'il existait une tension au sein du mouvement indépendantiste. Mais les leaders du mouvement et la majorité militante réussissaient toujours à chasser les démons de l'intolérance populiste lorsque venait le temps d'élaborer des politiques. Je me pose la question: ce temps, est-il révolu?»

Elle s'en est aussi prise ouvertement à Pauline Marois qui vantait le modèle français cette semaine.

«On semble vouloir se calquer sur le modèle français qui est un désastre au niveau de l'intégration», s'est exclamée la députée, rappelant la situation des Arabes et des Africains dans les banlieues parisiennes.

En faisant sa sortie vendredi matin, Mme Mourani a souligné ses origines libanaises et sa religion, catholique maronite, qu'elle affiche par une croix au cou, bijou qu'elle porte depuis l'enfance.

La députée dit avoir reçu des centaines de courriels et d'appels pour appuyer sa position contre la charte des valeurs proposée par le gouvernement péquiste.

Pas d'intervention du PQ

Le chef bloquiste Daniel Paillé n'est pas intervenu publiquement, vendredi, toutefois, préférant envoyer le député André Bellavance au bâton. Celui-ci a tenu d'abord à préciser que le Parti québécois n'était intervenu à aucun moment dans la décision de congédier Mme Mourani.

Selon M. Bellavance, le Bloc n'a eu d'autre choix que d'agir ainsi devant la teneur des propos de la députée d'Ahuntsic, prononcés au nom du parti.

«Mettez-vous dans ma peau de député du Bloc québécois. J'ai ma collègue qui est identifiée comme députée du Bloc québécois et qui commence à parler de nationalisme ethnique, de Jean-Marie Le Pen, d'exclusion, de persécution à des propos que (le chef du Parti libéral du Canada, Justin) Trudeau, (le chef du Parti libéral du Québec, Philippe) Couillard, (le chef du Nouveau Parti démocratique, Thomas) Mulcair n'ont même pas tenus», s'est-il défendu.

M. Bellavance rappelle que le Bloc, au moment de la publication du projet de charte, avait dit appuyer la démarche et rappelé la position du Bloc devant la commission Bouchard-Taylor, qui diffère de celle du gouvernement Marois sur la question du port de signes religieux ostentatoires.

Mme Mourani affirme avoir été fidèle à cette position adoptée par le Bloc en 2007, mais M. Bellavance ne l'entend pas ainsi.

«Comme député du Bloc québécois, ces comparaisons avec Jean-Marie Le Pen etc., on a beau être pour la charte à 100 pour cent, à la virgule près, on a beau être pour la charte avec certaines nuances, on a beau être contre la charte, ce sont des propos que j'aurais dénoncés fortement s'ils étaient venus de n'importe quel adversaire. Et là, c'était quelqu'un de mon caucus et qui, veut, veut pas, parlait en mon nom.»

«Maintenant, elle va pouvoir — en son nom personnel — dire ce qu'elle veut, même si je pourrais être en accord ou en désaccord, au moins je ne suis pas associé à ça», a conclu M. Bellavance.

Quant au reproche fait par la députée expulsée d'avoir aliéné les communautés culturelles, M. Bellavance n'a offert que ce commentaire: «ce n'est pas l'intention de la charte des valeurs québécoises parce que ça se veut inclusif. Et le travail se fait avec tout le monde. Actuellement, il y a une discussion qui se fait, qui est ouverte.»

Kenney applaudit Mourani

Bien que le gouvernement Harper se soit montré extrêmement prudent dans ses commentaires sur la charte jusqu'ici, le ministre fédéral Jason Kenney a offert des applaudissements très publics à Mme Mourani, sur son compte Twitter.

«Même si nous sommes en désaccord sur plusieurs points, je respecte Maria Mourani en tant que députée assidue, motivée et passionnée au Parlement», a-t-il écrit jeudi soir.

Depuis deux jours, le ministre Kenney affiche comme identification de son compte Twitter une photo de lui portant un foulard sur la tête pour visiter un temple sikh en Inde.

jeudi 12 septembre 2013

Le Bloc Québécois donne son plein appui à la proposition du gouvernement du Québec



Montréal, le mercredi 11 septembre 2013 – « Au cours des dernières années, la question de la laïcité a occupé l’espace public sans que le précédent gouvernement du Québec n’agisse pour poser les repères souhaités par les Québécoises et les Québécois. En rendant publique sa proposition de Charte des valeurs québécoises et en amorçant cette importante réflexion, le gouvernement du Parti Québécois prend ses responsabilités et invite les Québécoises et les Québécois à définir les valeurs qui les rassemblent, qui les unissent. Le Bloc Québécois souscrit aux valeurs communes énoncées dans la Charte et réitère qu’il est favorable à l’encadrement des accommodements religieux ainsi qu’à la nécessaire neutralité religieuse de l’État. C’est donc avec enthousiasme que le Bloc Québécois participe à l’exercice entamé par le Parti Québécois » a déclaré le chef du Bloc Québécois, Daniel Paillé.

Au cours des prochaines semaines, les Québécoises et les Québécois pourront se faire entendre sur les propositions que le gouvernement du Québec met de l’avant. Le Bloc Québécois est persuadé que cet exercice se déroulera de manière ouverte, franche et civilisée et qu’il se conclura par ce qui unit l’ensemble des Québécoises et les Québécois. 

« Ce qu’il faut retenir à ce stade de cet important débat est qu’il appartient aux Québécoises et aux Québécois seuls de définir les valeurs qui sont à la base de leur nation. Malheureusement, déjà, le Parti conservateur, le NPD et le Parti libéral dénoncent la démarche amorcée par le gouvernement du Québec. Avant même que les Québécoises et les Québécois se prononcent, avant même qu’ils aient pu discuter et réfléchir collectivement, ces partis annoncent qu’ils mettront tout en œuvre pour empêcher la nation québécoise de décider elle-même de ses valeurs. Pour les partis fédéralistes d’Ottawa, l’appel à la Cour suprême à l’encontre de ce que le Québec décidera est déjà à l’agenda. La politique du multiculturalisme, même si elle n’a jamais été désirée par le Québec, est le seul modèle acceptable pour eux », a dénoncé Daniel Paillé.

« Les Québécoises et les Québécois sont ouverts, tolérants et solidaires. Ils sont parfaitement capables d’aborder le défi de la diversité dans le respect de toutes et de tous. Le Bloc Québécois s’opposera donc fermement à toutes les manœuvres des partis fédéralistes d’Ottawa en vue de limiter la liberté des Québécoises et des Québécois de définir eux-mêmes leur société. Cela est non négociable ! » a conclu le chef du Bloc Québécois.

Source: Site du Bloc Québécois

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Dernière mise à jour

Le chef du Bloc Québécois exclut la députée Maria Mourani du caucus

mercredi 28 août 2013

La Charte des valeurs: un excellent vecteur politique pour le PQ



Par  | 
La chronique de Normand Lester 


J’écrivais dans ma chronique du 21 août que je doutais fortement que la lutte contre le port de symboles religieux dans les institutions publiques soit une grande cause rassembleuse capable de faire avancer la souveraineté du Québec. Je me suis trompé! 


Tout indique actuellement que la Charte des valeurs québécoises est une question porteuse qui rallie une importante majorité de francophones comme l’indique un sondage Léger/QMI. Il faut maintenant que le PQ sache l’instrumentaliser sur le plan politique.

Près de 60% des Québécois de toutes origines et les deux tiers des francophones (67 %) croient que la charte est une «bonne idée». Comme il fallait s’y attendre, les Anglais du Québec ne sont pas d’accord. Ils sont simplement un sur quatre à l’approuver. Les médias du Reste du Canada, leNational Post en tête, se sont immédiatement lancés au sujet de la Charte dans une campagne haineuse contre le Québec

Ce qui va considérablement embêter les chantres du multiculturalisme qui pullulent dans les élites politiques et intellectuelles du Canada anglais c’est qu’un sondage de Forum Research indique qu’un surprenant 42% des Canadians est d’accord avec la Charte du PQ! Et encore plus intéressant: la moitié des conservateurs approuve l'interdiction du port de signes religieux dans la fonction publique. Ces chiffres expliquent sans doute le murmure presque imperceptible du gouvernement Harper sur la question.

Il est significatif également que 39% des néo-démocrates y soient favorables. Avant que ces chiffres soient connus, le chef du NPD, Thomas Mulcair avait pompeusement déclaré que si sa Charte des valeurs québécoises s'écartait des recommandations de la Commission Bouchard-Taylor, il allait s’y opposer farouchement. À la bonne heure! 

J’ai hâte de voir combien de ses 57 députés québécois vont le suivre dans cette voie. Cela va être une occasion rêvée pour le Bloc Québécois et son chef de sortir de leur léthargie et de débaucher des élus néo-démocrates. 

Pauline Marois compare avec raison son projet de Charte des valeurs québécoises à la loi 101 en termes de potentiel d'unification des Québécois. Enfin, le PQ semble avoir compris que la question identitaire est sa carte maitresse. Il a payé très cher de l’avoir oublié sous André Boisclair avec les résultats désastreux que l’on sait. C’est l’habile Mario Dumont et son Action démocratique du Québec qui avait fait de la question des «accommodements raisonnables» son cheval de bataille lui permettant de devenir l’opposition officielle, reléguant le Parti québécois au troisième rang à l'Assemblée nationale.

Le PQ de Pauline Marois se réapproprie enfin le territoire de l’identité collective. La Charte doit être que la première étape d’une stratégie qui va lui permettre de faire élire un gouvernement majoritaire aux prochaines élections, probablement le printemps prochain. 

Avec la Charte, elle a réussi à imposer son agenda politique aux autres formations. Après, son adoption, le PQ doit maintenir la mobilisation sur d’autres questions plus directement reliées à ses objectifs fondamentaux. Je suggère par exemple de créer une commission sur le référendum volé de 1995 afin de révéler aux Québécois les fourberies et les machinations du fédéral pour le voler. Ou proposer une constitution pour le Québec indépendant qui abolirait toute référence à la monarchie dans nos institutions politiques.  

Tout cela nécessairement va braquer le Canada anglais contre le Québec. Ses chroniqueurs et ses politiciens vont hurler de rage. Bravo!  Une confrontation avec le reste du Canada sur ces questions va faire monter l’appui au PQ et à la souveraineté si elle est adroitement exploitée.

Je rêve du jour où le PQ va enfin comprendre qu’il vaut toujours mieux être un mauvais gagnant qu’un bon perdant. Ça vaut aussi pour les Québécois en général.

mercredi 7 août 2013

Mégantic: Trains ou pipelines? Un débat fallacieux



Martin Lachapelle



Impossible de passer sous silence que La Presse a récupéré la catastrophe de Lac-Mégantic, en promouvant encore une fois les intérêts économiques et politiques des patrons de l’Empire Desmarais. Et au diable l’éthique journalistique et les conflits d’intérêts ! 

Tellement risible et pathétique de voir les Vincent Marissal, André Pratte et Cie éviter le virage vert et critiquer la dangerosité évidente du transport de pétrole par train non sécuritaire, pour mieux nous vendre les projets de construction ou d’inversion de pipelines pourtant aussi risqués !

Et sans jamais mentionner que les grands patrons du Journal sont directement concernés en étant, comme par hasard, de gros actionnaires d’une compagnie pétrolière présente en Alberta : Total, associée avec Suncor, propriétaire de la raffinerie à Montréal. Un détail. http://www.droit-inc.com/article4963-Le-deal-Total-Suncor-deux-cabinets-dans-le-coup 

Être un journal d’allégeance libérale et blâmer la gestion des conservateurs en matière de sécurité ferroviaire, sans mentionner que les libéraux en poste à Ottawa entre 1995 et 2006 ont aussi péché par négligence et incompétence en ignorant les recommandations du BST ? Un autre détail. 

Être un journal ultra-fédéraliste forcé de constater et de critiquer, mollement et du bout des lèvres, « L’incompétence fédérale » chronique en termes de gestion de crise, en vantant le Québec pour son habileté (à devoir toujours se démerder sans un gouvernement fédéral inutile que La Presse s’entête à vouloir garder), mais en omettant de mentionner que le Québec devrait au moins se faire accorder la compétence et le portefeuille des Transports, ainsi que tout l’argent qu’Ottawa lui doit pour 3 catastrophes antérieures datant de seulement 2 à 17 ans (Saguenay, verglas, rivière Richelieu) ? Que des détails. Soyez patients. Ô Cas Nada. 

Autre détail risible, être un journal néolibéral ayant toujours fait la promotion des intérêts du Conseil du patronat et s’étonner, comme Vincent Marissal, de voir les dégâts causés par l’autorégulation et la trop grande complaisance gouvernementale envers le secteur privé. 

Surtout quand on sait que ce n’est pas demain la veille que La Presse fera la promotion de la fonction publique et d’une plus grande présence de l’État. Et le plus drôle dans tout ça, c’est qu’André Pratte a demandé à ce que des voies de contournement soient construites (bravo André !)… mais aux frais du gouvernement. Et non aux frais des industries ferroviaires et pétrolières. Un chausson pour MMA et Irving Oil ou Total, avec ça ? 

samedi 20 juillet 2013

Et la colère?


Christian Rioux
Le Devoir 


Depuis deux semaines, depuis la nuit du drame qui a fauché cinquante vies, il plane comme une énigme au-dessus du Québec. Une sorte de grande question posée, mais que personne n’ose formuler précisément. Je suis certain pourtant qu’elle est dans toutes les têtes. Du moins, je l’espère.

Depuis deux semaines, cette question me taraude et je ne crois pas avoir passé une seule heure sans y penser. Je me la suis posée dès le début en écoutant, effaré, les tout premiers reportages qui provenaient de Mégantic. Je dis Mégantic comme ont toujours dit ma mère et mon grand-père, qui venaient de Sherbrooke, à quelques dizaines de kilomètres de là.

Cette question donc, je me la suis posée encore plus en écoutant les longs et souvent lancinants reportages qui s’égrenaient comme un interminable chapelet. Parfois, dans les meilleurs moments, on aurait dit une sorte de blues lancinant montant du fond des bayous. Cette question, je me la suis posée en entendant ces babillages insipides des éternels psychologues de service servant à meubler le temps d’antenne. Cette question, je me la suis posée au fur et à mesure que s’éternisait la même complainte sans fin.

Non, cette question ne veut pas me lâcher, et elle me poursuivra tant que je ne l’aurai pas formulée : comment peut-on subir ainsi l’indicible et exprimer si peu de révolte ?

***

Je comprends que durant les 48 premières heures, il fallait tout simplement essayer de comprendre, se faire à cette idée que l’horreur était bien de ce monde. Je comprends tout cela. Mais comment, une fois l’horreur découverte, ne pas lancer un immense cri de colère ? C’est ce cri libérateur que j’attends depuis deux semaines et qui ne vient pas.

Certes, la première ministre du Québec et la mairesse de Mégantic ont magnifiquement exprimé la compassion et l’esprit de résilience de la population. Plus encore, elles ont symbolisé la noblesse de tout un peuple qui sait résister et se tenir debout.

Mais la révolte ?

Pourtant, nous avons tous vu la même chose. Nous avons vu l’infâme Ed Burkhardt s’adresser aux colonisés dans la langue de l’empire. L’homme n’a même pas pris la peine de se faire accompagner d’un attaché de presse parlant minimalement le français. Plus tôt, il avait adressé à la population un communiqué dans un baragouin informe, reflet du plus parfait mépris. Nous l’avons tous entendu accabler d’abord les pompiers, puis son propre conducteur de locomotive avant de reconnaître, au bout d’une semaine, « quelques erreurs ».

Et pourtant, nous avons vu le ministre fédéral des Transports défendre pied à pied son pré carré en bon petit roi nègre respectueux des compagnies ferroviaires et nous répéter jusqu’à plus soif que l’enquête sera longue. Tellement longue ! Quel contraste avec la bonne volonté manifeste des représentants du Maine et l’efficacité des fonctionnaires québécois.

À Brétigny-sur-Orge, après le déraillement d’un train qui a fait six morts, il n’aura fallu que quelques heures pour que le président, le premier ministre et le président de la SNCF arrivent sur place. Quelques jours après le drame, dès qu’on a soupçonné la défaillance d’une éclisse, la SNCF a aussitôt ordonné la vérification de 5000 aiguillages. 

Même aux États-Unis, le ministère des Transports a indiqué qu’il inspectait le tronçon américain de la voie ferrée utilisée par la MMA et que d’éventuelles anomalies devront être corrigées sur-le-champ, aux frais de la compagnie.

Où sont les inspecteurs sur les tronçons canadiens des lignes de la MMA ? Et sur les trains de la Quebec North Shore Labrador Railway qui sont eux aussi opérés par un seul homme ? Il est vrai qu’à Schefferville, il ne reste plus que des Indiens ! Seuls les maires de l’Estrie semblent s’émouvoir et manifester un minimum d’esprit civique. Il aura fallu attendre deux semaines avant que le CN et le CP s’interrogent sur la sécurité de leurs voies. À Ottawa, pourtant l’un des pires élèves des pays de l’OCDE en matière de sécurité ferroviaire, on s’est contenté de vérifier la police d’assurance de la compagnie et de répéter que ce sera long. Tellement long ! C’est cela, vivre dans un pays qui n’en est pas vraiment un.

Depuis deux semaines, devant l’incurie d’Ottawa et de la MMA, j’ai attendu une révolte, un cri. Dans n’importe quel autre pays, il y aurait eu des manifestations, des pancartes, des esclandres, des banderoles devant le Parlement. Ici, rien n’est venu. Est-ce à cause de l’été, des vacances, de la chaleur ? Peut-être.

« La plainte sans révolte contre le fardeau écrasant du long hiver », écrivait l’auteur de Maria Chapdelaine.


***

Je suis très impressionnée par votre sensibilité, M. Rioux. Et j'ai bien peur que vous allez devoir vous libérer tout seul dans votre petit coin. C'est pas demain la veille que les Québécois(ES) d'aujourd'hui vont se révolter pour un événement aussi tragique soit-il. 

Comment espérer qu'ils se mettent à crier leur colère,  quand presque personne n'a vraiment envie d'en parler? En tout cas, aucune indignation n'est apparue à l'horizon de ce côté-ci de mon entourage.   Je dirais plutôt silence radio pas mal partout aux alentours.  L'ampleur de l'événement dépasse notre entendement à tous. 

Sans doute beaucoup d'entraide, de solidarité, de sympathie, de tristesse. Mais pas trop non plus, c'est l'été, les vacances.  Et, comme vous dites,  il a fait chaud.  

D'ailleurs, à quoi bon?  La vie continue. Et la plupart a passé à autre chose. Laissons les enquêtes suivre leur cours ...

May 

vendredi 28 juin 2013

Pour fêter le Canada : lire La bataille de Londres





Lise Payette
Le Devoir 
28 juin 2013


L’auteur Frédéric Bastien est professeur d’histoire et il détient un doctorat en histoire et politique internationale de l’Institut universitaire de hautes études internationales de Genève. Il a consacré des années à fouiller des archives, en particulier des documents gardés secrets par le Foreign Office à Londres. Il peut ainsi reconstruire les luttes, les secrets et les mobiles du rapatriement de la Constitution canadienne par Pierre Elliott Trudeau, dont l’objectif était devenu une véritable obsession, qu’importent les moyens utilisés. 

La bataille de Londres devrait être une lecture obligatoire, parce qu’elle permet de comprendre à quel point le Québec a été mené en bateau par Trudeau et ceux qui le soutenaient dans ce projet qui allait bouleverser totalement ce que le Canada avait la prétention d’être pour les deux peuples fondateurs jusque-là. Il s’agit ici d’un livre qu’il faut lire avec attention, gravant dans nos mémoires ce qui nous est révélé et prenant bien la mesure des secrets qui persistent encore aujourd’hui.

Si vous voulez apprendre comment on varlope les désirs d’une nation, comment on réussit des alliances diaboliques pour arriver à ses fins, comment on triche pour faire à sa tête, vous allez plonger dans la lecture de La bataille de Londres comme dans un polar qui vous permettra, enfin, de reconstruire le puzzle d’où le Québec est sorti meurtri et saccagé, à genoux dans la roche coupante, pendant qu’à Ottawa, en présence de la reine, on sablait le champagne. Pierre Elliott Trudeau nous a tartinés de son mépris, sans états d’âme, et ceux qui l’ont aidé à réussir son coup d’État peuvent applaudir au succès de son entreprise. Ce livre de Frédéric Bastien nous permet de remettre de l’ordre dans les souvenirs que nous avons gardés de ces années charnières qui ont redéfini le pacte d’Union de 1867 et qui nous ont laissés exsangues et terriblement déchirés quant à l’avenir que nous avions dessiné pour nous, les Québécois.

La lecture de ce livre est essentielle pour ne pas commettre les mêmes erreurs une autre fois. Il faut comprendre jusqu’où ceux qui mènent le jeu sont prêts à aller pour que nous ne soyons plus jamais dupes et que nous soyons surtout prêts à tout avec une défense qui soit efficace et gagnante. Nous pourrions alors cesser d’être des éternels perdants avec les conséquences que nous devons supporter par la suite.

Le travail de l’auteur Frédéric Bastien est un travail de moine. Il a raconté lui-même le peu de collaboration qu’il a reçu des autorités canadiennes afin d’obtenir l’accès à des documents d’archives concernant le dossier qu’il entendait fouiller pour mener son récit avec clarté et permettre de raconter le rôle du gouvernement canadien, du gouvernement anglais, de Trudeau, pour qui le rapatriement de la Constitution est pratiquement une obsession, de Thatcher, qui a dû avoir souvent envie de l’envoyer promener, des premiers ministres des provinces canadiennes, du juge en chef de la Cour suprême du Canada, qui en a mené large malgré le poste qu’il occupait. René Lévesque et ses quelques conseillers, malgré leurs efforts, n’arriveront pas à stopper le coup de force d’Ottawa, celui qui nous a fait plier l’échine encore une fois… la centième fois.

Le jour, la nuit, des réunions secrètes se tiennent. On travaille à forcer le Québec à rentrer dans le rang. On joue l’avenir du Québec, sa survie aussi. On va lui enfoncer dans la gorge, de force, une Constitution dont il ne veut pas et dont le résultat direct sera l’urgence évidente de protéger tout ce qui fait sa spécificité comme peuple. Lévesque n’est pas dupe. Ses valeurs vont dans le sens d’une plus grande harmonie entre nous et d’une plus grande ouverture sur le monde. Depuis longtemps, il sait que Trudeau et lui ne pourront jamais s’entendre et que leurs routes se sont séparées.

Qui fait quoi ? Tout est parfaitement expliqué. Il est évident que tous les coups sont permis. René Lévesque n’en croit pas ses yeux et ses oreilles. Il finira par dire, d’une voix émue et brisée, que cette entente qu’il refuse et contre laquelle il continuera à lutter est une trahison pure et simple. Et il ajoute : « Ce qui vient de se passer aura des conséquences incalculables pour l’avenir du Québec et du Canada. »

Le coup de force de Trudeau aura été un franc succès. Il a réussi à mettre dans sa poche ceux et celles dont il avait besoin pour mener ses ambitions à terme. Il a rapatrié sa Constitution, il a imposé sa Charte des droits et sa vision d’un multiculturalisme qui fait de la culture québécoise l’une des minicultures qui se débattent pour survivre et faire respecter leur précieux héritage et leur identité propre. La bataille de Londres force la réflexion. Une excellente lecture avant d’aller fêter les coups de pied au c… qu’on nous a infligés si généreusement. Pour notre bien, ça va de soi… notre plus grand bien.

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Autres liens: http://www.ledevoir.com/politique/canada/383080/le-canada-anglais-et-le-rapatriement-calomnie-quebec-bashing-et-deni

http://www.vigile.net/L-elephant-dans-la-piece,56578

mercredi 5 juin 2013

Le Baingate: un acte politique devenu fait divers

Richard Bain, terroriste

Jean ARCHAMBAULT
Tribune libre de Vigile 
lundi 3 juin 2013

Extrait de son texte Du Pastagate au Baingate


Le consensus médiatique entre les médias francophones et anglophones aura aussi des conséquences sur la représentation de l’acte terroriste commis par Bain, le 4 septembre 2012. Ce consensus permettra de faire d’un acte politique un fait divers.

Dans le cas de Bain, rapidement, les médias traiteront ce geste comme celui d’un homme seul et déséquilibré. Certains médias francophones iront jusqu’à dire que nous étions tous coupables, par notre intolérance pour le geste posé par Bain. Comment peut-on se sentir coupable d’un acte commis par un homme dont les problèmes de santé mentale expliqueraient la totalité du geste ?

Plusieurs questions seront à peine abordées concernant la fusillade du 4 septembre. A-t-il eu des complicités pour permettre à Bain de parvenir jusqu’à quelques mètres de madame Marois ? Bain avait-il un passé d’activiste anglophone ?

Sur le plan politique, on mentionne que l’homme était un fédéraliste engagé et enragé. Il connaît des gens au PLC et au PLQ. Qui est-il ? D’où vient-il ? C’est un silence lourd auquel nous faisons face.

Pourquoi les médias ont-ils très peu fouillé dans la vie de cet homme ? En lisant l’ensemble des faits bibliographiques épars ramassés par les journalistes, j’ai l’impression que cet homme aurait commencé à vivre à partir de sa retraite.

Aucun témoignage antérieur sur son passé entre sa naissance et sa vie dans les Laurentides. L’accusation de meurtre avec préméditation et possession d’armes prohibées font ressortir que Bain a mis en action un scénario pensée d’avance pour arriver à ses fins ; ce meurtre est considéré comme faisant partie d’une préparation et non d’un geste soudain.

Nous allons d’une part faire le tableau des principaux événements de la saga judiciaire et tenter, malgré le manque de renseignements de tracer un portrait de cet homme.

lundi 3 juin 2013

La francisation ne suffira pas

parce que je n'ai 
pas besoin de le parler

Mathieu Bock-Côté
Journal de Montréal 

Le Journal de Montréal nous apprenait ce matin qu’il y a désormais plus d’allophones que de francophones dans les écoles de Montréal. La nouvelle ne surprend pas vraiment, mais elle crée quand même un choc : on devine la situation de plus en plus intenable pour les enseignants qui sont appelés à transmettre un savoir et une culture dans une classe où les enfants ne partagent ni repères culturels profonds, ni la même langue. Eux-mêmes le confessent : ils craignent pour l’avenir du français. Cela nous oblige à réfléchir plus largement sur le rôle de l’école dans la transmission de l’identité nationale et cela, dans une société où elle ne va plus de soi.

On a beau dire de la loi 101 qu’elle fonctionne, et il nous faudrait immédiatement relativiser notre optimisme, elle supposait quand même une certaine pesanteur démographique de la majorité historique francophone. Une identité nationale ne peut pas seulement se transmettre par des procédés pédagogiques : elle suppose que l’immigrant se retrouve dans un environnement culturel où l’identité québécoise va de soi. Il faut, généralement, que l’immigrant se retrouve entouré de porteurs de l’identité nationale pour lui-même s’en imprégner spontanément, en s’appropriant les références, les évidences et les habitudes de la société d’accueil.

Les pressions de la mondialisation

Mais comment intégrer des immigrants avec d’autres immigrants plus ou moins intégrés à la culture québécoise ? Cette possibilité n’existait pas dans l’univers mental des révolutionnaires tranquilles qui avaient une vision historique et sociologique de la nation. Depuis quelques années, je résume la situation avec cette formule : la loi 101 devait produire des Québécois francophones. De manière générale, elle a plutôt produit des Canadiens bilingues. Il ne s’agit pas que d’une nuance. Souvent, chez les « enfants de la loi 101 », on s’identifie moins à la nation québécoise qu’à Montréal, considérée comme une métropole bilingue et multiculturelle spontanément accueillante envers les différentes manifestations de la diversité.

Le contexte géopolitique québécois n’aide évidemment pas à l’intégration nationale. La pression à l’anglicisation vient évidemment de l’Amérique anglophone mais aussi de la culture mondialisée qui impose partout ses symboles, ses vedettes, ses films et ses chansons. C’est l’idéal d’un « citoyen du monde » post-national qui s’impose peu à peu et qui donne à ceux qui s’en réclament un sentiment de supériorité morale. Je le redis, nous assistons déjà à la désaffiliation symbolique de Montréal par rapport au reste du Québec comme si le premier représentait l’avenir diversitaire radieux et le second un exaspérant passé archaïque, sentant un peu le renfermé.

C’est peut-être une nouvelle civilisation mondialisée et multiculturelle qui nait sous nos yeux, et Montréal est peut-être un de ses laboratoires privilégiés. Les liens entre la métropole et la nation se distendront peu à peu, pour n’être finalement plus qu’administratifs. Il ne serait pas surprenant que dans les décennies à venir, Montréal devienne peu à peu une « cité-État » et j’ai tendance à croire qu’en cas d’indépendance, une des grandes tâches du leadership politique sera d’éviter la sécession de Montréal par rapport au reste du Québec.

Réajuster les seuils d’immigration

Peut-on faire quelque chose ? Évidemment, il faudra tôt ou tard réajuster les seuils d’immigration. Entre l’étanchéisation absolue des frontières et leur neutralisation, voire leur abolition, il peut et doit y avoir un équilibre politique, qui doit d’abord tenir compte des capacités historiques, économiques, sociales et culturelles de la société d’accueil. Le Québec, depuis quelques années, manque de prudence et de peur d’avoir mauvaise réputation, a misé sur une hausse systématique des seuils d’immigration, jusqu’à devenir une des nations dans le monde qui accueille, toutes proportions gardées, le plus d’immigrants. Avons-nous les assises identitaires et historiques suffisamment solides pour cela ? N’est-il pas temps de changer de cap ?

Pour l’instant, l’école demeure le seul instrument dont nous disposions pour s’assurer de la prédominance de la culture québécoise au Québec. Mais l’école change de rôle : elle ne transmet plus seulement à un peuple sa culture. Elle introduit les nouveaux arrivants à ce peuple. Elle ne doit pas seulement cultiver un sentiment d’appartenance au Québec, mais bien souvent, l’inculquer. On devine le bouleversement pédagogique que cela implique. Une chose est certaine, la francisation des immigrants ne suffira pas. Il faudra aussi miser explicitement sur leur québécisation. Cela implique évidemment que l’identité québécoise n’est pas réductible à une appartenance administrative et géographique au Québec et que le Québec identifie lui-même les grands repères indispensables de son identité.

Miser sur la nation

Plutôt que de miser sur le multiculturalisme et son « droit à la différence », il faudra miser sur la nation et son devoir d’appartenance. Dans une certaine mesure, jamais l’enseignement de l’histoire n’aura été aussi indispensable à la conservation et à la promotion de l’identité nationale. Parce que c’est à travers l’histoire que se développent les mécanismes d’identification culturelle nécessaires à la perpétuation de la culture nationale. C’est-à-travers l’histoire qu’il nous sera possible de faire en sorte que le Québec demeure non seulement une société, mais une nation. C’est-à-travers l’histoire qu’un jeune immigrant peut rapidement, très rapidement, prendre le pli de la société d’accueil pour la rejoindre entièrement.

Il faudra que les jeunes allophones s’approprient pleinement la référence nationale. Ils devront reconnaître en Jacques Cartier, en Samuel de Champlain, en Louis-Joseph Papineau, en Honoré Mercier, en Lionel Groulx et René Lévesque leurs propres ancêtres. Je veux dire par là qu’ils devront apprendre à dire Nous avec la société d’accueil, avec la majorité historique francophone. On comprend l’immensité de la tâche. On devine l’ampleur des moyens nécessaires pour la mener à terme et le courage politique qu’elle exigera. Je m’interdis de croire qu’elle est impossible ou que le pari est intenable.




dimanche 2 juin 2013

Johanne Brodeur au Devoir - Le droit de sévir





La nouvelle bâtonnière élue, Johanne Brodeur, réclame des pouvoirs accrus pour le Syndic du Barreau, afin de suspendre le droit d’exercice des avocats accusés de crimes graves, tels que Jean Bertrand, Robert Talbot et Pierre Lambert, tous trois tombés dans les filets de l’UPAC. 

Me Brodeur prendra officiellement la relève de Nicolas Plourde, ce samedi, lors de la cérémonie de passation des pouvoirs. Comme tout le reste de la population, elle est consternée par les révélations de la commission Charbonneau. Encore jeudi, l’agent officiel du PRO des Lavallois, Jean Bertrand, a révélé qu’il avait tenu la caisse occulte du parti. Me Bertrand a aidé tous les conseillers sauf trois à contourner la Loi électorale en servant de prête-noms. Leurs dons au parti étaient remboursés par les firmes de génie-conseil.

« Ce qui sort à la commission Charbonneau, c’est un malheureux réveil pour tout le Québec. Comme tous les citoyens, je suis estomaquée par ce que j’entends. Chaque fois qu’un avocat n’a pas respecté son Code de déontologie ou qu’il est radié, c’est malheureux. Ces dossiers affectent le lien de confiance du public », a dit Me Brodeur en entrevue au Devoir.

Dans l’État actuel du droit, le Barreau est impuissant à exercer quelque recours que ce soit contre les avocats mis en cause à la commission Charbonneau ou ceux qui sont accusés au criminel.

Le Barreau doit attendre la fin de l’enquête du Syndic, et une éventuelle décision du comité de discipline avant que les fautifs ne soient sanctionnés. « Ce ne sont pas nos employés, on ne peut pas les suspendre, mais on voudrait avoir la possibilité de le faire », explique-t-elle.