« Un peuple qui élit des corrompus, des renégats, des imposteurs, des voleurs et des traîtres n’est pas victime ! Il est complice ». Georges Orwell


mercredi 5 juin 2013

Le Baingate: un acte politique devenu fait divers

Richard Bain, terroriste

Jean ARCHAMBAULT
Tribune libre de Vigile 
lundi 3 juin 2013

Extrait de son texte Du Pastagate au Baingate


Le consensus médiatique entre les médias francophones et anglophones aura aussi des conséquences sur la représentation de l’acte terroriste commis par Bain, le 4 septembre 2012. Ce consensus permettra de faire d’un acte politique un fait divers.

Dans le cas de Bain, rapidement, les médias traiteront ce geste comme celui d’un homme seul et déséquilibré. Certains médias francophones iront jusqu’à dire que nous étions tous coupables, par notre intolérance pour le geste posé par Bain. Comment peut-on se sentir coupable d’un acte commis par un homme dont les problèmes de santé mentale expliqueraient la totalité du geste ?

Plusieurs questions seront à peine abordées concernant la fusillade du 4 septembre. A-t-il eu des complicités pour permettre à Bain de parvenir jusqu’à quelques mètres de madame Marois ? Bain avait-il un passé d’activiste anglophone ?

Sur le plan politique, on mentionne que l’homme était un fédéraliste engagé et enragé. Il connaît des gens au PLC et au PLQ. Qui est-il ? D’où vient-il ? C’est un silence lourd auquel nous faisons face.

Pourquoi les médias ont-ils très peu fouillé dans la vie de cet homme ? En lisant l’ensemble des faits bibliographiques épars ramassés par les journalistes, j’ai l’impression que cet homme aurait commencé à vivre à partir de sa retraite.

Aucun témoignage antérieur sur son passé entre sa naissance et sa vie dans les Laurentides. L’accusation de meurtre avec préméditation et possession d’armes prohibées font ressortir que Bain a mis en action un scénario pensée d’avance pour arriver à ses fins ; ce meurtre est considéré comme faisant partie d’une préparation et non d’un geste soudain.

Nous allons d’une part faire le tableau des principaux événements de la saga judiciaire et tenter, malgré le manque de renseignements de tracer un portrait de cet homme.

lundi 3 juin 2013

La francisation ne suffira pas

parce que je n'ai 
pas besoin de le parler

Mathieu Bock-Côté
Journal de Montréal 

Le Journal de Montréal nous apprenait ce matin qu’il y a désormais plus d’allophones que de francophones dans les écoles de Montréal. La nouvelle ne surprend pas vraiment, mais elle crée quand même un choc : on devine la situation de plus en plus intenable pour les enseignants qui sont appelés à transmettre un savoir et une culture dans une classe où les enfants ne partagent ni repères culturels profonds, ni la même langue. Eux-mêmes le confessent : ils craignent pour l’avenir du français. Cela nous oblige à réfléchir plus largement sur le rôle de l’école dans la transmission de l’identité nationale et cela, dans une société où elle ne va plus de soi.

On a beau dire de la loi 101 qu’elle fonctionne, et il nous faudrait immédiatement relativiser notre optimisme, elle supposait quand même une certaine pesanteur démographique de la majorité historique francophone. Une identité nationale ne peut pas seulement se transmettre par des procédés pédagogiques : elle suppose que l’immigrant se retrouve dans un environnement culturel où l’identité québécoise va de soi. Il faut, généralement, que l’immigrant se retrouve entouré de porteurs de l’identité nationale pour lui-même s’en imprégner spontanément, en s’appropriant les références, les évidences et les habitudes de la société d’accueil.

Les pressions de la mondialisation

Mais comment intégrer des immigrants avec d’autres immigrants plus ou moins intégrés à la culture québécoise ? Cette possibilité n’existait pas dans l’univers mental des révolutionnaires tranquilles qui avaient une vision historique et sociologique de la nation. Depuis quelques années, je résume la situation avec cette formule : la loi 101 devait produire des Québécois francophones. De manière générale, elle a plutôt produit des Canadiens bilingues. Il ne s’agit pas que d’une nuance. Souvent, chez les « enfants de la loi 101 », on s’identifie moins à la nation québécoise qu’à Montréal, considérée comme une métropole bilingue et multiculturelle spontanément accueillante envers les différentes manifestations de la diversité.

Le contexte géopolitique québécois n’aide évidemment pas à l’intégration nationale. La pression à l’anglicisation vient évidemment de l’Amérique anglophone mais aussi de la culture mondialisée qui impose partout ses symboles, ses vedettes, ses films et ses chansons. C’est l’idéal d’un « citoyen du monde » post-national qui s’impose peu à peu et qui donne à ceux qui s’en réclament un sentiment de supériorité morale. Je le redis, nous assistons déjà à la désaffiliation symbolique de Montréal par rapport au reste du Québec comme si le premier représentait l’avenir diversitaire radieux et le second un exaspérant passé archaïque, sentant un peu le renfermé.

C’est peut-être une nouvelle civilisation mondialisée et multiculturelle qui nait sous nos yeux, et Montréal est peut-être un de ses laboratoires privilégiés. Les liens entre la métropole et la nation se distendront peu à peu, pour n’être finalement plus qu’administratifs. Il ne serait pas surprenant que dans les décennies à venir, Montréal devienne peu à peu une « cité-État » et j’ai tendance à croire qu’en cas d’indépendance, une des grandes tâches du leadership politique sera d’éviter la sécession de Montréal par rapport au reste du Québec.

Réajuster les seuils d’immigration

Peut-on faire quelque chose ? Évidemment, il faudra tôt ou tard réajuster les seuils d’immigration. Entre l’étanchéisation absolue des frontières et leur neutralisation, voire leur abolition, il peut et doit y avoir un équilibre politique, qui doit d’abord tenir compte des capacités historiques, économiques, sociales et culturelles de la société d’accueil. Le Québec, depuis quelques années, manque de prudence et de peur d’avoir mauvaise réputation, a misé sur une hausse systématique des seuils d’immigration, jusqu’à devenir une des nations dans le monde qui accueille, toutes proportions gardées, le plus d’immigrants. Avons-nous les assises identitaires et historiques suffisamment solides pour cela ? N’est-il pas temps de changer de cap ?

Pour l’instant, l’école demeure le seul instrument dont nous disposions pour s’assurer de la prédominance de la culture québécoise au Québec. Mais l’école change de rôle : elle ne transmet plus seulement à un peuple sa culture. Elle introduit les nouveaux arrivants à ce peuple. Elle ne doit pas seulement cultiver un sentiment d’appartenance au Québec, mais bien souvent, l’inculquer. On devine le bouleversement pédagogique que cela implique. Une chose est certaine, la francisation des immigrants ne suffira pas. Il faudra aussi miser explicitement sur leur québécisation. Cela implique évidemment que l’identité québécoise n’est pas réductible à une appartenance administrative et géographique au Québec et que le Québec identifie lui-même les grands repères indispensables de son identité.

Miser sur la nation

Plutôt que de miser sur le multiculturalisme et son « droit à la différence », il faudra miser sur la nation et son devoir d’appartenance. Dans une certaine mesure, jamais l’enseignement de l’histoire n’aura été aussi indispensable à la conservation et à la promotion de l’identité nationale. Parce que c’est à travers l’histoire que se développent les mécanismes d’identification culturelle nécessaires à la perpétuation de la culture nationale. C’est-à-travers l’histoire qu’il nous sera possible de faire en sorte que le Québec demeure non seulement une société, mais une nation. C’est-à-travers l’histoire qu’un jeune immigrant peut rapidement, très rapidement, prendre le pli de la société d’accueil pour la rejoindre entièrement.

Il faudra que les jeunes allophones s’approprient pleinement la référence nationale. Ils devront reconnaître en Jacques Cartier, en Samuel de Champlain, en Louis-Joseph Papineau, en Honoré Mercier, en Lionel Groulx et René Lévesque leurs propres ancêtres. Je veux dire par là qu’ils devront apprendre à dire Nous avec la société d’accueil, avec la majorité historique francophone. On comprend l’immensité de la tâche. On devine l’ampleur des moyens nécessaires pour la mener à terme et le courage politique qu’elle exigera. Je m’interdis de croire qu’elle est impossible ou que le pari est intenable.




dimanche 2 juin 2013

Johanne Brodeur au Devoir - Le droit de sévir





La nouvelle bâtonnière élue, Johanne Brodeur, réclame des pouvoirs accrus pour le Syndic du Barreau, afin de suspendre le droit d’exercice des avocats accusés de crimes graves, tels que Jean Bertrand, Robert Talbot et Pierre Lambert, tous trois tombés dans les filets de l’UPAC. 

Me Brodeur prendra officiellement la relève de Nicolas Plourde, ce samedi, lors de la cérémonie de passation des pouvoirs. Comme tout le reste de la population, elle est consternée par les révélations de la commission Charbonneau. Encore jeudi, l’agent officiel du PRO des Lavallois, Jean Bertrand, a révélé qu’il avait tenu la caisse occulte du parti. Me Bertrand a aidé tous les conseillers sauf trois à contourner la Loi électorale en servant de prête-noms. Leurs dons au parti étaient remboursés par les firmes de génie-conseil.

« Ce qui sort à la commission Charbonneau, c’est un malheureux réveil pour tout le Québec. Comme tous les citoyens, je suis estomaquée par ce que j’entends. Chaque fois qu’un avocat n’a pas respecté son Code de déontologie ou qu’il est radié, c’est malheureux. Ces dossiers affectent le lien de confiance du public », a dit Me Brodeur en entrevue au Devoir.

Dans l’État actuel du droit, le Barreau est impuissant à exercer quelque recours que ce soit contre les avocats mis en cause à la commission Charbonneau ou ceux qui sont accusés au criminel.

Le Barreau doit attendre la fin de l’enquête du Syndic, et une éventuelle décision du comité de discipline avant que les fautifs ne soient sanctionnés. « Ce ne sont pas nos employés, on ne peut pas les suspendre, mais on voudrait avoir la possibilité de le faire », explique-t-elle.

mardi 14 mai 2013

Faut-il recréer «la Patente», une société secrète indépendantiste?





Comme vous j'ai vu qu'on compte former une Xe organisation vouée à l'indépendance du Québec. Les nationalistes québécois se retrouvent pourtant devant une situation paradoxale: même s'ils représentent toujours la moitié des francophones du Québec, leur option est discréditée, démonisée et ridiculisée comme jamais. 
Les indépendantistes ont beau être des millions, des chroniqueurs populistes ne se gênent plus pour les traiter de «caribous», de «séparatisses», de «péquisses» et de «nationaleux», fourrant commodément dans le même sac quiconque défend un État québécois fort qui promeut l'identité nationale. 
Des médias de masse, notamment ceux du groupe Gesca et du journal La Presse, combattent systématiquement toute expression de la fierté nationale. Ces discours ont à ce point acquis droit de citée que plusieurs souverainistes se sentent désormais ostracisés et honteux, au point de renier leurs convictions.
En conséquence, la prochaine organisation nationaliste ne devrait être ni une Coalition, ni une Convergence, ni un Front uni, ni un parti politique, mais bien une organisation secrète destinée à agir dans l'ombre et au moins ainsi risquer d'être plus efficace...
Les Frères chasseurs
L'histoire du Québec offre quelques beaux exemples de sociétés secrètes destinées à se prémunir contre les attaques adverses et à mettre en œuvre une stratégie cohérente, ciblée et efficace.
En 1838, le mouvement patriote constate qu'il est désormais infiltré par des dizaines d'espions et d'agitateurs. L'armée anglaise et la police de Montréal n'ont alors aucun mal à connaitre à l'avance les plans échafaudés par les patriotes exilés aux États-Unis. 
Leur chef, Robert Nelson, a alors l'idée de créer une société secrète destinée à planifier dans le plus grand secret un soulèvement général du Bas-Canada. Durant tout l'été 1838, on assermente des milliers de patriotes au sein de l'Association des Frères chasseurs. 
L'Association reprend la plupart des caractéristiques d'une société secrète et en particulier un serment sacré consistant à garder le secret sur l'organisation et sa mission, en l'occurrence libérer le Québec de la tutelle anglaise. Chaque membre ignorait en outre qui d'autre faisait partie de l'organisation, à l'exception des principaux chefs qui seuls connaissaient bien son fonctionnement. 
Au sommet on retrouvait les «Grands aigles», suivis des «Castors», des «Raquettes» et enfin des «Chasseurs» ou simples membres. Malgré ses lacunes logistiques, le secret des Frères chasseurs a permis que le plan de campagne des patriotes ne soit pas connu des autorités britanniques.


vendredi 10 mai 2013

Xavier Dolan dénonce le harcèlement à l’école



Vous vous souvenez de la scène où Anne Dorval en mère monoparentale pète les plombs au téléphone et engueule comme du poisson pourri le directeur d’école qui pontifiait en lui donnant des conseils sur l’éducation de son fils adolescent qui venait de faire une fugue du collège privé qu’on l’avait obligé à fréquenter. Inoubliable. C’était dans le film « J’ai tué ma mère ».

Le dernier clip d’Indochine tourné par Xavier Dolan contre l’intimidation et le harcèlement à l’école est de la même catégorie : inoubliable. D’une efficacité redoutable.

J’étais en cinquième année à l’école De Salaberry au sud de la rue Ontario, coin Montcalm. Il s’appelait Parisien : il était gros et nul dans les sports. On l’attendait à la sortie de l’école le vendredi après-midi. On l’écoeurait. Il se sauvait en courant. Pourquoi ? Pour rien. Pour le fun. Méchanceté et cruauté pures. Ça m’est revenu en voyant la vidéo de Xavier Dolan.

Vous avez entendu dire que certains jeunes se suicident. D’autres se sauvent de chez eux devant l’apathie parentale. Vous soupçonnez donc que c’est grave et que les conséquences sont parfois dramatiques. A l’école, des jeunes subissent un calvaire : c’est comme s’ils se faisaient crucifier. Nous voilà en plein dans la Vidéo de Xavier Dolan accessible sur You Tube et un peu partout. Allez la voir. Vous comprendrez que l’intimidation et le harcèlement à l’école, c’est violent et c’est grave.

Ce qui m’a surtout frappé sur cette vidéo, c’est tous ceux qui se mettent un bandeau sur les yeux pour ne pas voir. Il n’y a pas qu’à la Commission Charbonneau qu’on parle d’aveuglement volontaire. Dans toute la société, devant toutes sortes de problèmes, certains se mettent un bandeau sur les yeux pour ne pas voir. Avec ce clip Indochine-Xavier Dolan, c’est impossible de continuer à garder un bandeau sur les yeux devant le harcèlement et l’intimidation à l’école qui font vivre un calvaire à trop de jeunes et qui sont l’équivalent d’une crucifixion.

Puisque j’ai votre attention, à un tout autre niveau, je pense à tous ceux qui se mettent un bandeau sur les yeux pour ne pas voir les reculs du français à Montréal. Et la menace que le bilinguisme fait subir au français. Les aveugles se nomment, entre autres, André Pratte, Michel C. Auger, Alain Dubuc, Philippe Couillard. Et tous ces bon ententistes qui laissent les choses aller sans intervenir. Ils nient le problème car ils savent que la seule solution, comme l’écrit Robert Laplante, c’est l’indépendance du Québec. Ça ferait un beau sujet pour Xavier Dolan : l’asphyxie d’une langue par une autre, c’est violent et c’est grave. Xavier, pour vous inspirer, allez lire Charles Castonguay sur l’Aut’Journal.

Robert Barberis-Gervais, Vieux-Longueuil, 6 mai 2013
Source: Vigile. net
  

mardi 7 mai 2013

Servir la justice





Louis LAPOINTE
Billet — Louis Lapointe 
samedi 27 avril 2013 




Je me souviens encore du jour où le vice-président du Barreau du Québec me fit monter d’urgence à son bureau.

Il m’exhiba alors une lettre portant l’entête de la Cour d’appel du Québec.

À tort ou à raison, un juge de cette honorable Cour se plaignait des résultats obtenus par son enfant inscrit à l’École du Barreau dont j’étais le directeur.


Pour le futur Bâtonnier du Québec, utiliser le papier officiel de la plus haute cour du Québec pour traiter une affaire personnelle était une faute grave et inexcusable qui démontrait le peu de jugement de ce magistrat.

Étonnamment, le vice-président m’ordonna aussitôt d’oublier cette histoire et de n’en parler à personne.

Cette affaire, si elle était révélée au public, risquait de porter atteinte à l’autorité des tribunaux.
En vertu de l’article 2.06 du Code de déontologie des avocats alors en vigueur :
« L’avocat doit servir la justice et soutenir l’autorité des tribunaux. Il ne peut agir de façon à porter préjudice à l’administration de la justice. »
Si l’utilisation de papier entête par un juge de la Cour d’appel peut inspirer une telle réserve de la part d’un des plus hauts officiers du Barreau, imaginez le sentiment qui anime ces mêmes officiers devant le manque de transparence de la Cour Suprême du Canada relativement aux révélations de Frédéric Bastien dans son livre La bataille de Londres.

Qui protège le public lorsque le Barreau préfère inviter ses membres à la prudence plutôt que de poser toutes les questions qui s’imposent devant des événements aussi graves ?


Qui défend la justice lorsque ceux qui en ont la responsabilité préfèrent se taire ?

Ne s’agit-il pas là d’une des plus insidieuses formes de corruption de nos institutions démocratiques ?

L’omission d’agir et d’accomplir le devoir qu’impose leur mission : servir la justice.

La Cour Suprême a choisi le silence, le Barreau la prudence.

Ce n’est donc pas un hasard que si peu d’avocats aient fait connaître leur point de vue sur les agissements des juges Estey et Laskin.

Source: Vigile.net

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samedi 4 mai 2013

Comité des Communes sur l’enseignement de l’histoire - Les députés fédéraux «frappent un mur» à Québec




Le gouvernement Marois condamne l’initiative d’un comité des Communes de procéder à un examen de l’enseignement de l’histoire dans les différentes provinces. 

« No way à la présence d’Ottawa dans nos salles de cours. Il n’y a pas un fonctionnaire fédéral qui va rentrer dans nos salles de cours avec une plume fédéraliste pour essayer de rebâtir un programme d’histoire sur des bases idéologiques », s’est insurgé le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche, de la Science et de la Technologie, Pierre Duchesne.

« Si la volonté, c’est de contrôler l’enseignement de l’histoire, c’est sûr qu’ils vont frapper un mur au Québec », a affirmé pour sa part le ministre des Affaires intergouvernementales canadiennes et de la Gouvernance souverainiste, Alexandre Cloutier.

Un examen complet

Les ministres réagissaient à la nouvelle, publiée vendredi dans Le Devoir, voulant que le Comité permanent de la Chambre des communes sur le patrimoine canadien, qui réunit douze députés, ait entrepris de procéder à « un examen complet d’aspects importants de l’histoire du Canada » et de dresser une comparaison des cours d’histoire offerts dans les écoles primaires et secondaires de chacune des provinces.

L’éducation est une compétence exclusive du Québec, ont rappelé les ministres. « L’enseignement de l’histoire ne concerne d’aucune façon le gouvernement à Ottawa », a dit Pierre Duchesne.

Alexandre Cloutier juge « paradoxal » que ce comité veuille mettre l’accent sur « l’accès aux données historiques » alors qu’Ottawa refuse d’ouvrir ses archives sur le rapatriement de la Constitution. « S’ils s’intéressent à l’accès aux données historiques, je veux leur donner un conseil : arrêtez de caviarder toute l’information sur des pans importants de l’histoire du Québec », a-t-il déclaré.

De passage à Québec, le premier ministre Stephen Harper a affirmé que son gouvernement n’avait aucune intention de dire aux provinces comment enseigner l’histoire. « Nous n’avons pas le pouvoir, nous n’avons pas la volonté de le faire », a-t-il dit. Le premier ministre a toutefois ajouté que les élus fédéraux avaient « un intérêt [à] promouvoir une connaissance de l’histoire ».

Aux Communes, le secrétaire parlementaire du ministre du Patrimoine, Paul Calandra, - qui a eu l’idée de l’étude en comité parlementaire - a de nouveau tenté de calmer les inquiétudes. « Ce que nous essayons de faire, c’est de reconnecter les Canadiens avec notre histoire, s’assurer que le gouvernement fédéral travaille avec d’autres gouvernements si possible, avec d’autres communautés, pour raconter les histoires, les événements qui ont contribué à façonner ce pays », a-t-il répété en Chambre aux nombreuses questions de l’opposition.

Mais ses adversaires politiques n’en croient rien, « parce que ça ne sert absolument à rien de faire une étude en comité […] si on n’a pas l’intention de faire déboucher les résultats sur quelque chose de concret », a rétorqué le néodémocrate Guy Caron.

Pour sa part, le bloquiste André Bellavance s’est dit convaincu des mauvaises intentions des conservateurs à qui il reproche « une tendance assez forte à réécrire l’histoire à leur manière ».

jeudi 2 mai 2013

Commission Chabonneau: «C’est la faute aux médias» - Insultante ex-ministre


Michelle Courchesne  ici près de l'ex-maire Gilles Vaillancourt
Antoine Robitaille
2 mai 2013
Le Devoir 

Coincée au sujet de ses accointances avec l’organisateur d’élections clés en main Gilles Cloutier - témoin vedette à la commission Charbonneau -, l’ancienne ministre libérale Michelle Courchesne a rétorqué en jetant le blâme sur... les médias ! En cette veille de la Journée de la liberté de la presse, décortiquons et, surtout, dénonçons ce faux-fuyant révoltant de la part d’une ancienne politicienne au parcours douteux. 

Après l’aveu de son « erreur » d’avoir fait appel, en 2007, à l’organisateur Gilles Cloutier pour travailler à l’élection de Guy Ouellette dans Chomedey, Michelle Courchesne, en interview au Devoir mardi, s’en est pris aux journalistes. « Pensez à votre rôle, parce que la démocratie est en grave danger [quant] à moi. Après tous les liens que tout le monde essaie de faire [et] qui n’existent pas, qui va vouloir aller en politique ? », a-t-elle lancé.

Ici encore collée-collée à l'ex-maire de Laval
Que veut-elle dire ? Que les médias auraient dû s’abstenir de vérifier les informations sur la collusion dans le monde de la construction ? Qu’il leur aurait fallu ignorer les données montrant que le financement partisan servait de monnaie d’échange pour obtenir des contrats ? Qu’ils auraient dû se garder d’enquêter sur les possibles cas de prête-noms, de fraude ou de relations de proximité entre entrepreneurs, politiciens et hauts fonctionnaires ?

Absurde, évidemment. Mais Mme Courchesne le professe sans vergogne et ajoute : « Après avoir travaillé avec tout mon coeur et toute mon âme […], je ne suis pas sûre que j’y retournerais. Honnêtement, être traités comme on est traités, je ne suis pas sûre. » Ainsi, questionner, enquêter, demander des comptes, ce serait « mal traiter » les élus.

Or, toute cette gangrène étalée à la commission, pire encore que ce que tous les journalistes les plus aguerris imaginaient, comment aurions-nous pu en prendre conscience sans leur travail ? Mme Courchesne affirme craindre pour la démocratie ! Comme si les élections clés en main de son organisateur Cloutier y étaient bénéfiques ! Un organisateur, rappelons-le, qu’elle a non seulement réclamé à une firme de génie-conseil pour remporter Chomedey en 2007, mais qui - comme elle s’est bien gardée de le préciser au Devoir - l’avait elle-même aidée à se faire élire une première fois au municipal dans les années 1980. Dans le cas de Chomedey, Mme Courchesne admet avoir surmonté ses scrupules à l’égard du personnage parce qu’elle voulait tout faire pour ne pas perdre la circonscription. Autrement dit : la fin justifie les moyens !

Ce type de faux-fuyant d’une ex-ministre dont le nom a de surcroît été cité par le vérificateur général pour sa gestion plus que douteuse de l’octroi des places en garderie, mais aussi de l’octroi de contrats de terrains synthétiques de soccer, a quelque chose d’insultant. Doublement de la part de celle qui, en 2008, s’est permis de venir intimider jusque dans son bureau une reporter de la Tribune de la presse à Québec.

Rien n’est parfait en ce monde, évidemment. Même pas les médias ! Mais depuis 2009, une démonstration éclatante a été faite que sans le travail remarquable de plusieurs membres du « quatrième pouvoir », la gangrène aurait continué à croître au Québec. Sans enquête journalistique, le gouvernement Charest n’aurait jamais créé l’Unité anticollusion. Sans l’UAC, rien n’aurait été su de cet « empire malfaisant » si bien décrit par Jacques Duchesneau. Sans ce dernier, dont les médias ont fait état des conclusions tout en les remettant en question (on a cru qu’il exagérait !), jamais nous n’aurions eu cet exercice de grande et essentielle purge qu’est la commission Charbonneau.

Qui se soucie le plus de l’intérêt public ? Qui a vraiment à coeur cette démocratie de laquelle l’ancienne ministre de Laval dit s’inquiéter ? Certainement pas les politiciens comme Mme Courchesne qui, en effet, feraient mieux de ne pas « retourner » en politique.

samedi 13 avril 2013

La Bataille de Londres: Claude Morin et Lucien Bouchard au bâton



Trente ans valent bien deux mille ans



N'est-il pas  étonnant de voir Claude Morin et Lucien Bouchard, deux  ténors pour ne pas dire deux  « traîtres à la cause» de l'élite nationaliste québécoise,  s'indigner (au nom de leur petit peuple rabroué et  par trop aplati par le destin ...!!!) de possibles malversations de collusion  entre le pouvoir judiciaire et le pouvoir politique, au moment du Rapatriement de la Constitution canadienne, allégations révélées par l'historien Frédéric Bastien, dans son livre-choc, La bataille de Londres, sorti en librairie au début de la semaine.     


Courageux Lucien Bouchard, il lui est impossible de se taire: le dossier du rapatriement soulève encore chez lui une «indignation profonde».   «Il y a une limite à être cantonné dans la réserve», dit-il. Ainsi, l’ancien premier ministre remonte-t-il au front constitutionnel, au nom d’un «devoir de mémoire» qu’il juge obligatoire… et bien mal porté au Québec, par les fédéralistes-caquistes et leurs ailliés, bien sûr. 

Quant à l’ancien ministre des Affaires intergouvernementales du Québec, Claude Morin, lui s'insurge du fait qu'il  a appris dans le tout récent livre, La bataille de Londres, de l’historien Frédéric Bastien, quelque chose de particulièrement révoltant qui accentue l’illégitimité de l’« opération rapatriement ».   Comme son collègue, Lucien Bouchard, lui aussi trouve que dès qu’il s’agit de la question nationale, plus précisément de la langue ou du statut du Québec, on entend le choeur des libéraux, caquistes et autres tenants du régime proclamer que ces sujets concernent des « vieilles affaires dépassées ». 

Il faut bien admettre qu'il vient un temps où un peuple aussi  apathique soit-il se fatigue d’entendre les mêmes sempiternelles débilités: « vieilles affaires dépassées »,  « vieilles chicanes », etc. chaque fois qu'il s'agit de vouloir noyer le poisson constitutionnel. 

Comme l’écrivait ironiquement un commentateur, cette semaine, « pourquoi "ressortir de vieilles querelles d'il y a trente ans?", demandent Harper et le petit Justin?  Hein?  Pourquoi, en effet, appuyer inconditionnellement Israël, dont les revendications territoriales, elles,  datent d'au moins 2000 ans?   Cherchez l'erreur. »  

Source: Le Devoir

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Coup d'état du Canada contre le Québec




mercredi 10 avril 2013

Transports Canada n’inspecte plus les avions au Canada



04 avril 2013 Maude Messier

Une deuxième vidéo, réalisée par l’Alliance de la fonction publique du Canada, section Québec, dénonçant les impacts des compressions budgétaires du gouvernement fédéral dans la fonction publique a été mise en ligne ce jeudi.





Il s’agit d’une nouvelle facette de la campagne « Harper nous déteste ». Le syndicat a diffusé une première vidéo le 14 mars dernier, dans laquelle il met la population en garde contre les dangers que représentent les coupures dans l’inspection des aliments. Le clip a été visionné plus de 32 700 fois.

La vidéo mise en ligne ce matin sur le canal YouTube du syndicat soulève des questionnements quant à la sécurité aérienne, conséquence des compressions budgétaires imposées par le budget fédéral de 2012. Le syndicat dénonce notamment le fait qu’aucune inspection n’ait été réalisée pour 70 % des compagnies aériennes.

« Le gouvernement a dérèglementé de sorte qu’il n’y a plus d’inspection physique faite sur les appareils par les inspecteurs de Transports Canada. La responsabilité de l’inspection des réparations et de l’entretien incombe aux compagnies aériennes », explique la vice-présidente exécutive-régionale de l’AFPC-Québec, Magali Picard, dans un entretien avec l’aut’journal.

Depuis l’été dernier, les mécanos des compagnies remplissent un formulaire qui est envoyé à Transports Canada. Les inspecteurs vérifient ces formulaires, mais ne vont plus sur le terrain pour faire des inspections aléatoires comme auparavant.

« Avant, juste pour l’Aéroport Pierre-Elliott-Trudeau, il y avait en moyenne, par semaine, une quinzaine d’avions cloués au sol suite à une inspection. Depuis, aucun avion n’a été empêché de décoller. Les compagnies n’ont tout de même pas remis leur flotte à neuf en moins d’un an ! »

L’organisation syndicale soutient qu’aucune compagnie aérienne n’a fait l’objet d’une inspection physique par un inspecteur de Transports Canada et que 70 % n’ont pas eu d’inspection du tout.

« À force de couper là où il manque déjà de personnel, la fonction publique n’est plus en mesure de remplir les tâches et de fournir les services comme il se doit. Pour rencontrer ses exigences budgétaires, il a fallu que le gouvernement conservateur dérèglemente l’inspection. Les responsabilités sont transférées au privé et ça, c’est dommageable. » Une centaine de postes d’inspecteurs aériens ont été coupés au pays. Il en manquait déjà une vingtaine à l’aéroport Pierre-Elliot-Trudeau.

Elle cite aussi en exemple la protection de l’environnement et des eaux. « Avec les lois C-38 et C-45, il n’y a plus d’inspections et de prélèvements effectués par le gouvernement pour surveiller la présence de contaminants marins qui peuvent être déversés dans le fleuve Saint-Laurent par des entreprises. Une fois encore, cette responsabilité est transférée aux compagnies qui doivent s’auto-inspecter. »

Le budget déposé en mars 2012 par le ministre des Finances Jim Flaherty imposait des compressions ministérielles de 10 % qui se sont traduites notamment par 19 200 coupures de postes dans la fonction publique fédérale. Sans compter les quelque 15 000 postes déjà abolis alors que les conservateurs formaient un gouvernement minoritaire.

Magali Picard fait valoir que le discours gouvernemental est habile et persistant, laissant croire que les services à la population ne sont pas touchés, qu’une « cure minceur » s’imposait pour réduire les dépenses de l’État.

« Mais c’est tout faux. La population doit savoir que ce ne sont pas seulement des postes, mais aussi des décisions dangereuses qui découlent de ces choix économiques du gouvernement conservateur, de cette gestion mur à mur. Quelque part, j’imagine que nous avons une responsabilité dans ce manque d’information. C’est d’ailleurs l’objectif de cette campagne et de la diffusion des vidéos. »

Saviez-vous que les archives fédérales des impôts ne seront plus conservées par des employés de l’État, mais bien par une entreprise privée ? « Le gouvernement a aboli ces postes et privatisé ce service. Il est allé en appel d’offres international. Les données fiscales des Canadiens et des Canadiennes seront gardées par une compagnie privée américaine. »

Mme Picard indique que les exemples sont nombreux, mais que pour les fins de la campagne, le syndicat a opté pour des thèmes avec une implication dans le quotidien d’une grande part de la population : alimentation, sécurité aérienne, protection de l’environnement et assurance-emploi.

L’APFC-Québec compte sur un large réseau syndical pour assurer la diffusion de ses vidéos, mais souhaiterait aller plus loin. « On voudrait que tout le monde en parle, être invités sur les tribunes pour commenter. C’est important ce qui se passe. »

À cet effet, rappelons que le syndicat était sur le point de signer une entente avec Radio-Canada pour acheter de l’espace publicitaire sur sa plateforme web et sur Tou.tv. quand la société d’État a fait volte face à la dernière minute. Radio-Canada prétend vouloir garder la neutralité et éviter d’être associée à cette campagne puisqu’elle subit elle aussi les compressions du gouvernement conservateur.

« Nous sommes déçus par la décision de Radio-Canada qui fait de la politique à vouloir être apolitique. Ce n’est pas de la propagande haineuse, mais une campagne avec des informations vérifiées et vérifiables. »

Deux autres vidéos seront mises en ligne au cours des prochaines semaines.